Arbitrage

Cindy Gosselin : "L'essentiel est de prendre du plaisir à arbitrer"

L'année 2010 est chargée pour le football féminin, avec un calendrier particulièrement exigeant pour
le corps arbitral. Toutes les compétitions qui se disputent servent de terrain d'évaluation des
officielles, dont les aptitudes sont testées en vue d'un rendez-vous importantissime : la Coupe du
Monde Féminine de la FIFA, Allemagne 2011. En 2010, le nombre de femmes habilitées par la FIFA à
arbitrer est de 579. Cindy Gosselin fait partie de ces « femmes en noir »



Cindy Gosselin : "L'essentiel est de prendre du plaisir à arbitrer"
Cindy, qu’est-ce qui a motivé votre choix à devenir arbitre ?
Tout d’abord une vraie passion du ballon rond qui m’a amenée très tôt sur les terrains de football. Ensuite, cela va de soi, j’ai été joueuse au sein de la section féminine du VAFC (Valenciennes Anzin qui n’existe plus aujourd’hui) où j’ai évolué à l’époque en Nationale 1B. Les résultats peu glorieux, ainsi que le manque de considération à l’égard du football féminin m’ont conduite vers le sifflet.

N’est-ce pas un rôle ingrat ?
Ingrat n’est pas le mot qui convient. Etre arbitre est un rôle difficile car nous sommes exposés aux critiques chaque week-end. Il ne faut pas perdre de vue que l’arbitrage reste une passion avant toute chose et que pour être au niveau chaque samedi ou dimanche, un travail physique est nécessaire à côté des obligations professionnelles et familiales.

Vous arbitrez à quel niveau ?
Je suis arbitre au centre en D1 Féminine et également assistante internationale féminine. De même, dans ma ligue du Nord Pas-de-Calais j’occupe cette fonction d’arbitre-assistante en CFA2.

Vous est-il déjà arrivé de connaître des moments difficiles ?
Oui en 1998, il s’agissait de ma 2e saison d’arbitrage. J’ai été agressée physiquement, j’ai reçu un coup de pied dans le ventre après avoir exclu un joueur. La reprise n’a pas été aisée mais j’ai
persévéré dans la voie de l’arbitrage, même si en tant que femme se faire une place dans un monde masculin n’est pas chose facile.

Préférez-vous arbitrer des matches féminins ou masculins ?
A vrai dire je n’ai pas de réelle préférence, car chaque football est différent. Les matches masculins sont plus engagés physiquement que les rencontres féminines, l’essentiel étant de s’amuser et de
prendre du plaisir à arbitrer.

Pourquoi avoir choisi de devenir assistante ?
Je ne suis pas assistante à part entière puisque je suis arbitre centrale en D1 Féminine. Ayant réussi les tests physiques exigés au niveau international, j’ai acquiescé à la proposition de la Direction Nationale de l’Arbitrage d’être proposée au titre d’arbitre assistante internationale. C’est une grande fierté pour moi de pouvoir évoluer à ce niveau.

Certains disent que ce poste est convoité par des arbitres qui n’ont plus les moyens de monter de catégorie…
Effectivement, beaucoup de personnes pensent que c’est une fonction réservée aux arbitres en fin de carrière. Je pense surtout qu’il s’agit aussi d’une question d’aimer ou pas ce rôle. En effet, l’assistant doit déployer une concentration énorme lors d’une rencontre, et son rôle de jugement des hors-jeu est aussi important que celui de l’arbitre dans celui d’accorder ou non un coup de pied de réparation.

Quelle a été votre première désignation à cette place ?
Ma première sortie internationale s’est déroulée en septembre 2009 et m’a emmenée en Pologne pour un match de qualification pour la Coupe du Monde féminine, en compagnie de Sabine Bonnin et
Karine Vives Solana.

Et depuis ?
Internationale depuis le 1er janvier de cette année, j’ai arbitré de nouveau lors de matches qualificatifs pour la Coupe du Monde féminine, l’un au Kazakhstan, l’autre de nouveau en Pologne. Je peux également être désignée en tant que 4e sur des matches de l’équipe de France féminine. Ce sera le cas pour France-Serbie à Troyes.

Un proverbe chinois dit : « A qui sait attendre, le temps ouvre ses portes ». Cet adage pourrait bien vous convenir…
Une carrière d’arbitre ou de joueur tient souvent à peu de choses… Il faut toujours s’accrocher à sa
passion mais ne pas oublier qu’il y a beaucoup de monde pour peu d’élus à haut niveau !

Mardi 24 Août 2010