Camille Abily rejoint Los Angeles : "Pouvoir situer mon niveau"

En se lançant un nouveau Challenge, Camille Abily a décidé de quitter l'OL pour rejoindre le championnat professionnel américain. L'occasion pour la native de Rennes de franchir un nouveau cap



Depuis 2003, le championnat professionnel américain (WUSA) avait mis la clé sous la porte faute de moyens financiers suffisants. A cette époque, deux Françaises (Marinette Pichon et Stéphanie Béghé y évoluaient). Six ans plus tard, après plusieurs années de tractation, le nouveau championnat WPS va reprendre le 29 mars avec dans ses effectifs, Camille Abily.

A 24 ans, l'internationale française, élue à deux reprises, meilleure joueuse française, a finalement répondu à l'offre américaine après avoir été draftée. Une nouvelle expérience pour la Lyonnaise qui quitte le championnat français, la Coupe d'Europe pour aller sur la côte Ouest des Etats-Unis évoluer à Los Angeles. Un club où elle aura pour partenaires Marta, ou encore Shannon Boxx...

Pour footofeminin, Camille Abily a répondu à notre interview.




Footofeminin. Camille, c'est désormais officiel, tu vas rejoindre le club américain de Los Angeles, comment as-tu été contacté ?

Camille Abily : Ils ont dû voir les matches de Coupe d'Europe et avec la sélection nationale, et mon profil de joueuse devait leur correspondre. J'ai alors été draftée, avant d'être contacté par des échanges par emails. Ils m'ont alors présenté leur projet et qu'ils souhaitaient de me voir venir.

Au début, je ne savais pas trop quelle décision prendre. J'ai été visité les installations sur place. En y allant, j'ai pu me faire ma propre idée. Cela m'a donné envie de tenter cette expérience. J'ai été très bien accueillie. Il y avait le manager général, des actionnaires et pas mal d'autres personnes. J'ai pu voir les installations du club qui sont celles du Home Depot Center de Carson (NDLR : ces installations sont souvent utilisés par la sélection nationale américaine).

FOF : Quand vas-tu rejoindre Los Angeles ? Comment les joueuses seront installées sur place ?

CA : Je pars là-bas le 21 février. La préparation ne commence que le 28 mais j'ai préféré prendre une semaine d'adaptation avant pour bien commencer tout de suite. On débutera par un camp d'entraînement intense.

Sur place, je serais loger dans une maison louée par le club pour plusieurs joueuses. J'ai un peu d'appréhension à l'idée d'y être mais j'ai aussi hâte. Il y a du stress, c'est un nouveau challenge. Mais le fait d'avoir d'y avoir déjà été et de connaître un peu les gens me permet de ne pas être dans l'inconnu.

FOF : A Los Angeles, tu vas côtoyer des joueuses comme Marta, Boxx, Wagner, Cox, évoluer avec de telles joueuses a aussi été une motivation supplémentaire ?

CA : C'est sûr que c'est motivant de pouvoir les côtoyer. Je vais aussi pouvoir situer mon niveau. J'avais envie de tenter ce challenge à l'étranger pour voir si je pouvais rivaliser avec ces partenaires et adversaires américaines, brésiliennes, canadiennes, anglaises, chinoises, japonaises...

FOF : Deux françaises ont déjà connu le championnat professionnel américain, Marinette Pichon et Stéphanie Béghé, as-tu eu l'occasion d'en discuter avec elles ?

CA : Lorsqu'elles étaient en sélection, elles nous en parlaient et cela faisait envie. Elles ont vécu des aventures exceptionnelles. Il y avait de grands stades, avec une ampleur médiatique, des milliers de spectateurs. Là-bas, le football est le sport numéro 1 pour les filles. Une femme qui fait du football c'est normal. C'est une aventure géniale qui m'attend.

FOF : Lorsque l'on retrace ton parcours, aller jouer là-bas, c'est dans la continuité...

CA :
C'est une progression logique. J'ai évolué et grandi avec les différents clubs où j'ai évolué (NDLR : Bruz, Le Rheu, Saint-Brieuc, La Roche sur Yon, CNFE, Montpellier, Lyon). Je vais franchir un nouveau palier. J'ai encore des progrès à faire. Et puis c'est une nouvelle culture, de nouveaux entraîneurs, des nouvelles méthodes de travail.

FOF : Mais à Lyon, tu avais encore des objectifs avec la Coupe d'Europe. La décision n'a pas dû être évidente à prendre ?

CA :
Cela a été un choix difficile. J'ai longuement hésité avant de prendre ma décision. Mais comme le championnat américain reprend en mars, si j'avais refusé, je n'aurais peut-être jamais eu d'autres propositions de Los Angeles. Ce sera l'une des meilleures équipes là-bas. Mais pour la Coupe d'Europe, je suis de tout coeur avec Lyon et j'espère qu'elles vont gagner. Elles ont un effectif élargi pour réussir.


FOF : Concernant le championnat français, tu as déjà tout connu ?

CA : En France, c'était ma 8e saison à ce niveau, je fais le tour du championnat français. En deux ans et demi à Lyon, et avant à Montpellier, j'ai déjà tout gagné. Une aventure à l'étranger, en dehors de l'aspect sportif, c'est aussi super intéressant. Je viens de finir mes études, c'est une superbe opportunité. Je vais découvrir une nouvelle langue.

FOF : Face à Montpellier, tu as donc disputé ton dernier match et inscrit un but important ?

CA :
J'aurai essayer d'apporter jusqu'au bout à l'équipe. J'ai d'ailleurs marqué pour trois derniers matches face à Saint-Brieuc, Toulouse et Montpellier. Cela rapproche du titre, je suis contente.

FOF : Et il y a l'équipe de France, comment cela va-t-il se passer dorénavant avec l'éloignement ?

CA :
Pour la liste face à l'Irlande, Bruno Bini m'a dit que si je n'avais pas de club, je ne pouvais pas être sélectionnée. Je reste tout de même toujours à disposition de la sélection. C'est ma nation, mais je respecte les choix du sélectionneur.

A Los Angeles, j'en ai discuté avec mon entraîneur. Il m'a dit qu'il n'y avait pas de souci et que l'équipe de France était une priorité. Ils ne peuvent pas empêcher les joueuses de jouer en sélection avec les dates FIFA. Ils se sont montrés très compréhensifs, pour eux jouer en sélection, c'est très important.

FOF : Mais en août, la finale du championnat américain est prévue le 22 alors que l'Euro démarre le 23 ?

CA :
Je serai libérer en temps et en heure et je sortirais de trois mois de compétition. C'est vrai aussi que par rapport au décalage horaire, il faudra être en accord avec le club et dans l'intérêt de la joueuse. Jouer pour son pays, cela reste une fierté.

Maintenant le sélectionneur fera ses choix car je n'aurais pas le même rythme que les autres joueuses. C'est un choix de vie avec 20 matches de niveau international à jouer avec une intensité élevée que j'ai choisis. Je pense que je peux encore progresser.

Propos recueillis par Sébastien DURET

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CAMILLE ABILY en bref
Née le 5 décembre 1984 à Rennes (35)
1,67 m - 59 kg
Poste : milieu de terrain offensif

Clubs
Los Angeles Sol (Etats-Unis) [Depuis fév. 2009]
Olympique Lyonnais [2006-jan. 2009] D1 : 56 matches - 34 buts
Montpellier HSC [2003-2006] D1 : 68 matches - 17 buts
CNFE FF [2002-2003] D1 : 17 matches - 5 buts
ESOF La Roche sur Yon [2001-2002] D1 : 21 matches - 3 buts
Saint-Brieuc [2000-2001] D1 : 20 matches - 4 buts
SC Le Rheu [1999-2000] N1B
FC Bruz [1994-1999] (Benjamin, 13 ans)
JA Bruz [1992-1994] (Débutant, Poussin)

D1 : 182 matches - 63 buts

Sélection
Nombre de sélections : 48
Nombre de buts : 8
Première sélection : 26 septembre 2001 contre les Pays-Bas (3-1)

Palmarès
- 2 fois vainqueur du Challenge de France (Montpellier HSC, 2006 et Olympique Lyonnais, 2008)
- 4 fois vainqueur du Championnat de France de D1 (Montpellier HSC, 2004 et 2005, et Olympique Lyonnais, 2007 et 2008)
- 2 fois élue "meilleure joueuse française" 2006 et 2007 aux Trophées UNFP





Lundi 2 Février 2009
Sébastien Duret