Coupe du Monde U17 - Cécile LOCATELLI : "Le niveau international est un accélérateur de formation"

La France entame sa Coupe du Monde face au Canada. Cécile Locatelli a répondu à la FIFA en conférence de presse de veille de match.



Cécile Locatelli (source FIFA)
Pouvez-vous décrire le jeu que l’équipe de France va déployer à Inde 2022 ?
Cécile Locatelli : On a un jeu qui est assez varié, entre jeu de possession et jeu de transition rapide vers l'avant, notamment à la récupération parce que certaines joueuses présentent des qualités de vitesse intéressantes et du potentiel athlétique. À la Fédération, on travaille sur le jeu de possession, mais on n'est pas enfermé dans un schéma de jeu particulier : on s’adapte aux promotions et à la qualité des joueuses qu'on a.

Pensez-vous que les joueuses de 15, 16 et 17 ans ont un niveau tactique élevé ?
Avec les 15-16 ans, je pense qu'il y a tout à faire. Les filles de 17-18 ans ont une meilleure compréhension tactique. La majorité de nos filles s’entraîne avec des groupes de D1, notamment le PSG, l’OL, Reims, Guingamp. Quelques-unes ont même du temps de jeu, donc les aspects tactiques rentrent en ligne de compte d'une façon plus importante.

Comment voyez-vous votre rôle en tant que sélectionneuse d’une équipe de jeunes ?
Notre rôle consiste à poursuivre leur formation, leur apprendre les exigences du très haut niveau. Il faut dire qu’elles vont côtoyer des tops joueuses qui, pour la plupart, jouent dans des grands championnats. Je veux aussi les accompagner dans l'exigence d'une sportive de haut niveau, dans leur découverte. On veut les former sur l’aspect mental aussi. Même si elle joue en D1 ou en D2, ça reste quand même des jeunes filles qui ont encore plein de choses à apprendre.

Les Françaises ont gagné la Coupe du Monde U-17 en 2012. Est-ce que vous leur en parlez, est-ce que les joueuses en parlent et ont-elles une culture foot prononcée ?
Oui, bien sûr. Lors du stage du mois d'août, on a fait une rencontre entre les A et les U-17 donc elles ont pu côtoyer Griedge Mbock, Delphine Cascarino, Grace Geyoro qui ont été championnes du monde U-17 il y a 10 ans. Elles ont aussi rencontré Laurina Fazer qui a joué la Coupe du Monde U-20 [au Costa Rica en août] et qui a témoigné. On essaie de transmettre ce partage d'expérience pour qu’elles voient ce que c’est.
Dans leur parcours, j'estime que le niveau international, c'est un accélérateur de formation. C'est un formidable complément avec ce qu’elles vivent tous les jours dans leur club. Et on voit que celles qui sont arrivées au top niveau maintenant, ce sont celles qui ont gagné des titres en U-17, en U-19 et qui sont allés loin dans les compétitions U-20.

Comment décririez-vous votre groupe de 21 joueuses et jusqu’où ira-t-il ?
C’est un groupe qui a du caractère, avec pas mal d'individualités. Le plus dur pour moi, c'est de former un collectif. Par contre, quand on arrive à trouver ce collectif, cette régularité, c'est un groupe qui peut être redoutable.
Maintenant, on sait qu'on n'est pas les favorites. Je pense qu'on peut être des bons outsiders même si notre groupe n'est pas facile. Mais j'ai des joueuses qui y croient et comme on dit, l'appétit vient en mangeant. On ne pensait pas faire aussi bien au Championnat d'Europe et on finit troisièmes. Au fur et à mesure, les filles ont vu qu'elles avaient des possibilités. Elles ont envie de bien faire dans cette Coupe du Monde, donc pourquoi ne pas créer la surprise ? On ne se privera de rien en tout cas. C’est ce que j'aime dans ce groupe : il a de l'ambition tout en étant lucide sur ses capacités.

Leur avez-vous fixé des objectifs ?
Déjà, sortir de cette poule. On a un avantage, c’est de ne pas bouger de Goa jusqu'aux demi-finales, et c’est bien. On va pouvoir s’acclimater plus facilement. Si on a la chance de réussir notre quart de finale, pourquoi ne pas rêver à plus ? Mais je pense qu’il faut être réaliste : sortir des poules, puis aborder ce quart de finale du mieux possible. Ce sera déjà un bel objectif.

Que pouvez-vous dire des adversaires de la France en phase de groupes : Canada, Japon et Tanzanie ?
Le Canada et la Tanzanie… Je ne vais pas me cacher : j’ai découvert que la Tanzanie avait une équipe féminine, ce qui est très bien. Mais la Tanzanie et le Canada sont deux équipes qui ont de gros potentiels athlétiques. Si elles sont là, c'est qu’elles ont les qualités pour, notamment la Tanzanie qui a éliminé le Cameroun. Ce sont des équipes qui sont prêtes athlétiquement.
Quant au Japon, on l’a déjà affronté. On a reçu les Japonaises en stage au mois d'août, donc on connaît leur qualité de maîtrise, de rigueur dans tout ce qui est déplacements collectifs. Sur le plan technique, ce sont des joueuses qui sont aguerries, qui défendent et qui attaquent ensemble, avec un bloc très difficile à manœuvrer.

Quelles équipes sont à surveiller en Inde ?
L'Espagne, championne en titre, me paraît bien. Il faudra faire attention à la Colombie qui a cinq joueuses qui ont fait la Coupe du Monde U-20. Les Colombiennes sont des joueuses de talent qui évoluent déjà dans des bons championnats et dont certaines sont déjà en équipe A. Aussi, l'Allemagne et les États-Unis me paraissent des pays incontournables.
L'Allemagne a été assez impressionnante au Championnat d'Europe avec des qualités mentales très puissantes. En finale, l'Espagne avait la maîtrise du jeu, mais l'Allemagne n'a jamais rien lâché. Cette année, elles n’ont peut-être pas d’individualités très marquées, mais elles ont un très gros collectif et elles n’ont pas de faiblesse dans leur effectif.

Mardi 11 Octobre 2022
Source FIFA