Johnny Kari : « Je ne suis pas inquiet »

Avec trois défaites en trois journées, Yzeure est bon dernier du championnat. Anormal pour un club qui a terminé cinquième lors des deux dernières saisons. Johnny Kari, le coach, a confiance en son groupe et pense que « ça finira par payer ». En attendant le match contre le promu, Rodez (dimanche 15h) est déjà capital.



Dernier du classement avec la pire attaque et la dernière défense, Yzeure ne pouvait pas plus mal débuter
C'est vrai, mais je ne m'inquiète pas car j'ai un groupe qui vit bien. Pour l'instant, ça se passe bien. Par contre, si on n'arrive pas à obtenir de résultats ça va se retourner contre nous, c'est pour cette raison que ce match contre Rodez, dimanche à la maison, est très très important. Il ne faut surtout pas perdre pour se remettre sur les bons rails, en tout cas on les attend de pied ferme.

« L'équipe a été trop naïve »

(photo : Sébastien Duret)
Comment vous expliquez ce si mauvais début de championnat ?
Face à Saint-Brieuc on mène 1-0 puis on fait preuve de naïveté. On a pensé que c'était fait et en seconde mi-temps, on baissé de pied et on prend deux buts. Contre Paris on les contient en première mi-temps mais on fait une grosse erreur défensive qu'on paye cash. Après à Juvisy, on tient 40 minutes et on prend ce but dans les arrêts de jeu de la première période, ensuite on a baissé de pied (défaite 6-0). Sur ces trois rencontres, l'équipe a été trop naïve, j'ai un groupe jeune bien que certaines joueuses évoluent depuis trois ans ensemble. Même si on est à l'abri de rien, je ne suis pas inquiet car on joue bien au ballon et puis ce n'est que le début, ça va finir par payer...

Les départs d'Ophélie Meilleroux et de Charlotte Bilbault sont une autre raison ?
Je ne peux pas le nier. Trois joueuses de grande valeur – Meftah Saoues, Meilleroux, Bilbault - sont parties. Elles ont été remplacées, peut-être pas qualitativement, mais en échange on a gagné un état d'esprit. Même si il a été amoindri, le groupe vit bien aujourd'hui, il a perdu en qualité mais il a retrouvé en sérénité, pour l'instant j'en suis satisfait.
Malgré tout, Ophélie (Meilleroux) apportait de la stabilité défensive et aujourd'hui, les jeunes n'ont pas cette autorité, cette expérience, mais le groupe est homogène. A un moment donné ça va compenser et avec le temps, je pense qu'on arrivera à notre objectif : le maintien.

Vous avez fixé un objectif de points aux filles durant les prochains matches ?
Notre souci, c'est de gagner, marquer des buts, on comptera les points le moment venu. Il est trop tôt pour se fixer des objectifs. Ce qui est certain, c'est qu'il faut qu'on réagisse dès ce week-end pour prétendre à un meilleur avenir. Si on ne gagne pas de match, mentalement, même si on a un groupe qui vit bien, c'est difficile.

Quel a été votre discours cette semaine ?
Je n'ai pas dit grand chose. Les filles savent ce qu'il faut faire surtout qu'on a perdu en amical contre Rodez. Il y a simplement eu une piqûre de rappel, c'est un match à la maison où nos supporters attendent mieux au niveau des résultats. On joue bien au ballon mais il faut gagner des matches et pour cela il faudra plus de rigueur que d'habitude et prendre ce rendez-vous très au sérieux car c'est important pour l'avenir.
On est en début de saison, on peut se dire qu'on a le temps mais en même temps on n'en pas tant que ça, il faut engranger les points maintenant car on n'a pas un début de championnat facile. On a joué le PSG, Juvisy, puis on ira à Lyon, on aura alors affronté les trois cadors.

« Si chacun fait son petit cinéma de son côté...»

Rodez est un promu, quel regard portez-vous sur votre adversaire ?
C'est un match à risque car on va affronter une très belle équipe qui sera, malgré tout, à notre portée. Mon collègue de Rodez a bien recruté contrairement à moi...Ils ont aussi un petit avantage sur nous car on a perdu contre eux en amical et on a une revanche par rapport à ça. On se prépare comme il faut, cette rencontre va déterminer la suite du championnat pour nous.

Sur quoi va-t-il falloir mettre l'accent dimanche pour l'emporter ?
Le groupe. Faire les efforts toutes ensemble, en même temps, que ce soit défensivement, offensivement. Je dois m'appuyer sur le groupe, cette année, car je n'ai pas une joueuse internationale comme l'année dernière avec Ophélie, j'ai un groupe homogène. Tout le monde doit tirer dans le même sens et il n'y aura que de cette façon qu'on y parviendra, si chacun fait son petit cinéma de son côté, on n'y arrivera jamais.

Etes-vous encore optimiste pour la suite du championnat ?

Oui, il n'y pas de danger car je sens mon groupe (sic). Aux entraînements, tout le monde est très concerné, intéressé et mes 18 joueuses sont là régulièrement, chose que je n'ai pas eu les dernières années en D1 où j'avais des joueuses plus individualistes. Malgré les mauvais résultats, je sens que quelque chose va se passer, de toute manière il faut qu'il y ait un truc de positif ce week-end pour rebondir et repartir du bon pied. Si tout commence à s'enchaîner, ça peut être intéressant.

Propos recueillis par Thibault Simonnet pour footofeminin.fr

Samedi 9 Octobre 2010
Thibault Simonnet