Ludivine Diguelman (Montpellier) : « Si on joue sur nos qualités, ça passera »

Juvisy qui accuse un retard de neuf points sur Montpellier doit absolument s’imposer face aux Héraultaises dimanche pour garder une chance d’accrocher cette seconde place. Ludivine Diguelman et les Montpelliéraines se rendent, elles, à Juvisy « pour ne pas perdre » et « conforter » leur seconde place synonyme de Ligue des Champions l’année prochaine.



La défaite de Juvisy face à Potsdam 3 à 0 est un bon résultat pour Montpellier ?
Je ne sais pas dans quel état d’esprit étaient les Juvisiennes avant la rencontre. Même si on se dit qu’on va tout faire pour rivaliser, on est quand même consciente que Potsdam c’est un autre monde. Si elles ont pris ce match comme le plaisir de jouer contre une équipe championne d’Europe, ce ne sera pas un coup dur car elles savent que ce sera très dur d’aller chercher la qualification. Justement, elles vont peut-être tout miser ce week-end pour nous gagner.

Comment abordez-vous le match de dimanche face à Juvisy ?
Il n’y a pas de pression particulière même si on sait que c’est l’un des matches les plus importants et qu’en faisant un résultat positif on s’installerait confortablement à la seconde place si on ne commet pas de faux pas derrière. On y va pour ne pas perdre.

« Il faut se mettre en tête qu’elles seront prêtes physiquement »

Sur quoi faudra-t-il miser pour l’emporter ?
On ne va rien changer par rapport à notre façon de jouer, on va s’appuyer sur nos points forts : la technique, le jeu collectif. En face, elles seront peut-être diminuées physiquement, car je pense qu’elles ont laissé de l’énergie face à Potsdam. Même si en ayant joué la Ligue des Champions l’année dernière, on s’est retrouvé dans la même situation que Juvisy. En rentrant de Munich, on affrontait Paris juste derrière et on pensait que ça allait être dur physiquement. Mais quand on joue notre saison sur un match qui plus est face à Paris, on retrouve de l’énergie. Il faut se mettre en tête qu’elles seront prêtes physiquement.

Le physique ne sera pas déterminant ?
Non. Il suffit qu’elles ouvrent le score rapidement et même si elles sont diminuées physiquement, marquer un but à un concurrent direct peut donner des ailes. On n’a pas préparé de plan pour les contrer, il faudra simplement pratiquer notre football et si on joue sur nos qualités ça passera.

Sandrine Mathivet disait que du match aller qu’il avait été « chaud pour ne pas dire autre chose », vous confirmez ?
Juvisy – Montpellier a toujours été un match particulier, ça a toujours été une affiche. Je ne vais pas dire que c’est un derby mais ça y ressemble. Chaque année, entre les quatre premiers ce sont toujours des matches chauds, engagés après il y avait un arbitre pour calmer les hostilités et sanctionner les dépassements. Il y a eu de l’impact physique mais c’est comme ça à chaque fois que l’on rencontre une équipe de haut de tableau.

Vous vous attendez à affronter un adversaire revanchard par rapport au match aller (les Juvisiennes s'étaient inclinées 1 à 0) ?
Oui, si j’étais à leur place et que j’avais perdu à l’aller, j’aurais eu à cœur de gagner ce match-là. Elles vont y penser, c’est certain.

« Plus ça va, plus on voit que Lyon est intouchable et file tout droit vers un nouveau sacre »

Depuis la défaite à Lyon (1-0), Montpellier reste sur huit victoires consécutives, vous pensez encore au titre ou pas ?
On y pense mais plus ça va, plus on voit que Lyon est intouchable et file tout droit vers un nouveau sacre. On est parti en début de saison avec l’ambition d’être championne mais au fur et à mesure que les journées ont passé, l’objectif a changé. Il faut maintenant décrocher cette seconde place synonyme de Ligue des Champions l’année prochaine.

Lyon est vraiment inarrêtable ?
Lyon est encore plus fort que l’année dernière. On reçoit Lyon juste après avoir joué Juvisy et on espère faire un résultat chez nous, sachant qu’à l’aller on prend le but à un quart d’heure de la fin, c’est dommage car on avait bien tenu défensivement. Même si je ne pense pas que l’OL fera de faux-pas, on peut toujours essayer de recoller au plus près.

Sandrine Mathivet s’est plaint du calendrier en disant qu’on ne protégeait pas les équipes françaises en Ligue des Champions. Au contraire, ce calendrier vous arrange…
On n’y est pour rien, c’est la « fédé » qui le fait. On s’est retrouvé dans le même cas l’année dernière, on avait joué le PSG entre deux matches de Champion’s League. De toute façon, on a beau se plaindre chaque année rien ne change.

Vous trouvez ça normal de ne pas protéger les clubs qui sont en Ligue des Champions ?
Et encore il y a eu d’énormes progrès. Lorsque nous avons participé pour la première fois à la Ligue des Champions, les matches se déroulaient le week-end. Ils avaient fait le calendrier en fonction de la Champion’s League et pas du championnat. On avait eu la chance d’arriver en demi-finale, on avait alors eu trois matches reportés et on avait fini trois semaines après les autres. Il y a eu de gros efforts en mettant les matches les mercredis, ça fait plus de fatigue et de déplacements mais il y a eu du mieux.

« Ma priorité c’est le club, l’équipe de France, c’est secondaire »

Vous avez toujours joué à Montpellier, vous êtes bien ici ?
C’est mon club de cœur. Depuis toute petite je suis supportrice des garçons du Montpellier Hérault. Ca été une fierté pour moi quand Montpellier m’a contactée. J’ai la chance d’être dans un club qui joue les premiers rôles. Pourquoi partir et aller voir ailleurs ?

Vous resterez à Montpellier jusqu’à la fin de votre carrière ?
On ne sait jamais de quoi sera fait l’avenir. Pour l’instant ça se passe bien, je m’y sens bien, je me consacre totalement à Montpellier après on verra.

Vos dernières minutes avec l’équipe de France remontent à 2009 face à la Croatie. Est-ce que vous pensez encore à une éventuelle sélection au mondial ?
Bruno Bini a sa liste bien définie pour cette Coupe du monde. Même s’il dit qu’elle n’est pas complètement arrêtée, je pense qu’il a son groupe de trente en tête et je ne pense pas y faire partie. Ma priorité c’est le club, l’équipe de France, c’est secondaire.

Recueillis par Thibault Simonnet pour footofeminin.fr
Photos : MHSC

LUDIVINE DIGUELMAN
Née le 15 avril 1984 à Montpellier
1,69 m - 59 kg
Milieu de terrain
Internationale (39 sélections - 3 buts)

Parcours
AS Gignac (1994-1999), Montpellier Le Crès (1999-2001) devent Montpellier HSC (2001-2002), CNFE FF (2002-2003), Montpellier HSC (depuis 2003)

Cette saison
16 matchs (10 titularisations) - 3 buts

LA FICHE

Vendredi 18 Mars 2011
Thibault Simonnet