Nelly Guilbert : « Une envie décuplée »

Juvisy affronte, jeudi, les Islandaises de Breidablik pour le match aller des 16es de finale de la Ligue des Champions. Après 2003 et 2006, Nelly Guilbert va retrouver pour la troisième fois l'Europe avec les club essonnien.



Juvisy veut sourire en Ligue des Champions (photo : Thordis Inga)
La victoire 3-0 contre Saint-Brieuc dimanche, c'était la meilleure manière de préparer le déplacement à Breidablik en Islande jeudi.
C'est une victoire avec des buts, de bonnes actions construites une ou deux touches de balle. On devait se rassurer car après le match d'Hénin (match nul 1-1), on voulait retrouver notre jeu. Contre Saint-Brieuc on a fait une grosse première mi-temps et on s'est rassuré.

C'est un adversaire que vous aviez déjà rencontré en août avec au premier tour (match nul 3-3), qu'en pensez-vous ?
C'est une équipe athlétique et la plupart de leurs joueuses font au moins 1,70m. Ça va être difficile car athlétiquement et techniquement c'est fort. Ça défend également très bien, de manière très nombreuse car elles se replient très rapidement en défense, elles sont aussi dangereuses sur les coups de pied arrêtés. On va aborder ce seizième de finale comme un gros gros match. On va faire notre possible par rapport à ce que l'on sait d'elle car on avait la vidéo et on a pu réanalysé le match en août.

Il faudra que l'équipe réponde présente au niveau de l'impact physique.
Comme dans tous les matches. Quand on gagne les duels, on garde la conservation de la balle. Avec l'enjeu de la Champion's League, on va essayer de se mettre un niveau au-dessus pour pouvoir se mettre à l'abri et faire tourner le vent en notre faveur.

« on va les embêter avec nos petit gabarits »

Les équipes du nord sont réputées pour être des formations rugueuses...
On va garder notre jeu, notre technique et on va les embêter avec nos petit gabarits. Je sais que si en défense j'ai un petit gabarit qui attaque, c'est moins évident que d'avoir une grande car elle a d'autres armes. Quand je dis ça je pense notamment à Amélie Coquet et Julie Machart qui avec leur rapidité et leur puissance pourront faire la différence sur le côté face aux grands gabarits islandais.

Personnellement, ce sera votre troisième participation avec Juvisy en Coupe d'Europe, comment vous l'abordez ?
Ca ne peut être que positif étant donné que c'est la première fois qu'on passe la phase de poule. On a une envie décuplée car on va voir ce que c'est que de jouer au delà du premier tour. Je suis très très motivée.

Vous faites partie des « irréductibles » avec Sandrine Soubeyrand et Laëtitia Tonazzi à avoir participé aux trois campagnes européennes, ça fait quoi ?
Juvisy, c'est une équipe, un esprit. Il y a des jeunes, des anciennes, tout se mêle très bien, tout le monde a le droit à la parole et s'exprime. Ce n'est pas, comme on pourrait le croire, les anciennes qui guident les plus jeunes, c'est vraiment un aller-retour, on a groupe qui joue en osmose.

«On a un groupe très soudé, c'est peut-être ça qui nous fera passer»

Guilbert et la défense juvisienne ont concédé 3 buts face à cette équipe en août dernier
Si vous deviez garder un souvenir des précédentes campagnes européennes de Juvisy, ce serait quoi ?
Un mauvais souvenir car c'est toujours désagréable de se faire surprendre par une équipe qui, sur le terrain, est en dessous techniquement et tactiquement. Je pense à l'Espagne (défaite 1-0 face à l'Espanyol de Barcelone) où l'on avait fait un très mauvais match, on s'était fait surprendre et on était rentré à la maison. Le souvenir des anciennes, c'est un mauvais souvenir, des erreurs à ne pas répéter. Jeudi, il faudra se mettre au plus haut niveau pour ces matches.

Qu'est-ce qui change cette année ?
On évolue bien ensemble, ça fait des années qu'on travaille ensemble, que les automatismes sont présents tout comme l'esprit de groupe. Au fil des années on apprend à se connaître un peu mieux et du coup on a groupe très soudé et, comme je l'avais dit au premier tour, c'est peut-être ça qui nous fera passer, donc je réitère.

Vous vous êtes fixé un cap à atteindre dans cette compétition (1/8e, ¼ de finale) ?
Non. Ça ne sert à rien d'avoir un objectif si on se fait sortir dès le premier match. Restons ambitieuses mais prenons les matches les uns après les autres, c'est comme ça qu'on ne fera pas de faux pas. Si on se projette trop loin et qu'on ne se donne pas les armes pour y arriver, ça va être délicat après.

Est-ce que ça va être difficile pour Juvisy de jouer sur trois tableaux ?
On a un préparateur physique qui va nous gérer sur le plan physique, au niveau de notre repos, et notamment dans les efforts parce qu'on a des filles sélectionnées en Equipe de France A ainsi que chez les jeunes. Ces dernières seront sans doute un petit peu plus fatiguées et notre préparateur physique, Sophie Guyennot, nous gèrera. On a confiance en elle ainsi qu'en Sandrine Mathivet pour gérer la saison. Personnellement je préfère rester dans le mouvement, enchaîner les matches plutôt que d'en avoir un tous les quinze jours, souffler, perdre du rythme.

L'exemple de Montpellier qui s'était écroulé en fin de saison dernière ne vous inquiète pas ?
Non parce que chaque équipe est différente. Elles ont, peut-être, fait des erreurs en se donnant à fond en Coupe d'Europe et un peu moins en championnat. Nous, on va essayer de se gérer et de tout jouer le plus correctement possible avec les armes qu'on aura à ce moment là.

Propos recueillis par Thibault Simonnet pour footofeminin.fr

Mardi 21 Septembre 2010
Thibault Simonnet