Polémique - Quand IBRAHIMOVIC « zlatane » le foot féminin

Le célèbre attaquant du PSG fait actuellement polémique en Suède après ses propos jugés irrespectueux envers le foot féminin. Le géant suédois est même taxé de sexisme.



Même en pleine trêve hivernale, le géant suédois fait parler de lui. L'attaquant du PSG est au cœur d'une polémique dans son pays depuis mercredi. La raison ? Ses déclarations jugées irrespectueuses - et même sexistes - envers le foot féminin. Et c’est une soirée de gala organisée par la fédération suédoise de football qui a mis le feu aux poudres.
En cause, une Volvo offerte au milieu de terrain international Anders Svensson pour avoir battu le record de sélections (144 capes). Lors de la même réception, Therese Sjogran, n'a pas eu droit aux mêmes égards alors qu'elle totalise 187 sélections. Un record dans le football féminin en Suède. Ce geste a été critiqué par les footballeuses suédoises (ndlr : il y a 300.000 licenciées en Suède) qui estiment mériter autant de considération que leurs homologues masculins.
Interrogé par le quotidien suédois Expressen à ce sujet, Zlatan Ibrahimovic s’est d’abord moqué de ces revendications : « On pourrait leur offrir un vélo avec mon autographe et ça suffira ».
Pour le célèbre footballeur, élu sportif le plus populaire de Suède pour la cinquième fois, on ne peut pas comparer les deux footballs : « Avec tout le respect dû aux femmes, vous ne pouvez pas comparer le football masculin avec le football féminin,. L’attention que le football féminin obtient dans notre pays est sans équivalent dans le monde. C'est en soi une chose étonnante. Attention, elles accomplissent leur travail merveilleusement bien, et elles continueront à le faire, mais on ne peut pas comparer la performance individuelle d’une femme avec celle d’un homme

« Me comparer à Lotta Schelin, vous plaisantez, non ? »

Zlatan Ibrahimovic, sexiste ?
Le joueur de trente-deux ans a ensuite étayé ses propos : « En Europe, on me compare à Messi et à Ronaldo. Quand je rentre en Suède, on me compare à une joueuse. Avec tout le respect que je dois aux femmes, elles devraient être récompensées en proportion de ce qu'elles génèrent financièrement. Les médias suédois m'ont demandé cet été qui était le meilleur, moi ou Lotta Schelin. Vous plaisantez, non, dois-je vraiment répondre à cela ? Quand j'aurai battu tous ces records de buts en équipe nationale, avec qui est-ce que je vais comparer ? Avec celui qui détenait le record ou avec les femmes ? »
La polémique continue d'enfler puisque l’UEFA s’en est mêlée via Karin Espelund. La présidente du comité féminin de l’organisme européen est montée au créneau et a fait part de sa désolation à TV4 : «Je me demande vraiment pourquoi ce débat revient si souvent dans le football. Ce genre de clivage est passé depuis longtemps dans d’autres sports. Si tant est qu’il ait déjà existé. » L'emblématique défenseure de la sélection suédoise, Nilla Fischer (29 ans, 107 sélections) a sèchement répliqué : « C'est l’une des réactions les plus stupides qu’elle ait jamais lues !»

La réponse de Sarah Chalabi (FF Yzeure)

"Les propos de Zlatan Ibrahimovic ne m’étonnent pas. Connaissant le personnage et sa fierté, il est normal qu’il soit vexé lorsqu’on l'assimile aux joueuses féminines, puisqu'il n’accepte même pas d’être comparé à ses homologues masculins. Il a plus ou moins raison sur un point : le football masculin ne peut pas être comparé au foot féminin, tout simplement parce que le niveau physique, la vitesse, la puissance, ne sont pas identiques. Les femmes ne pratiquent pas le même foot, c’est une question purement physiologique et morphologique. Mais ce n’est pas pour ça que nous devons être moins respectées que nos collègues masculins. Nous pratiquons le même sport qu’eux, avec la même volonté, le même travail, le même talent, et pourtant, la France, comparée à la Suède, reste très en retard sur la reconnaissance du sport féminin. C’est un problème de mentalités qui s’étend bien au-delà du foot. Certaines personnes pensent encore que les femmes doivent rester à la maison. Je pense notamment à Bernard Lacombe, qui invitait il y a quelque temps les femmes à retourner "à leurs casseroles". Ces propos, comme ceux d’Ibrahimovic nous vexent profondément. Mais nous les entendons tellement que nous nous y sommes habituées. C’est pour ça qu’on est aujourd’hui autant motivé et qu’on veut se faire respecter. C’est notre combat de tous les jours."

>>> La suite de l’intervention de Sarah Chalabi sur lenouvelobs

Lundi 30 Décembre 2013