Sonia BOMPASTOR (OL) - "C'est énervant"

Avant de se rendre à Prague pour y défier le Sparta jeudi, Sonia Bompastor revient sur le début de saison de l'OL, l'enchaînement des matches et le manque de réussiste de Lyon.



Le nul à Paris

"C’est énervant car l’an dernier on avait réalisé une saison parfaite et on n’a pas eu l’habitude d’être accrochée. Là c’est déjà le deuxième match nul de la saison même si on les a concédés contre Montpellier et le PSG, deux belles équipes. Il faut se remettre en question. Cette saison sera moins évidente et il faudra plus cravacher".

L’OL suffisant ?

"Parfois ça peut être agaçant car les gens nous disent que cette saison, ça va être facile. On a peut-être a gagné tous nos matches l’année dernière mais on avait conscience que la saison dernière était exceptionnelle, on savait qu’on avait de grandes chances de ne pas réaliser un tel exploit. Patrice Lair et moi-même en tant que capitaine, nous ne sommes pas des gens qui nous enflammons facilement, on savait que ce serait dur de continuer sur une telle lancée. Inconsciemment, il y a peut-être des moments plus compliqués car on a beaucoup voyagé, beaucoup joué. Il y a sûrement une petite lassitude car on est très sollicité et même si on a l’effectif pour tourner, il y a eu quelques blessées et le coach n’a pas vraiment pu faire ce qu’il souhaitait. Mais de là à dire qu’on prend les matches un peu à la légère ? Ce n’est pas ce que je ressens. Les adversaires se sont aussi renforcés avec une nouvelle japonaise à Montpellier, les deux américaines au PSG… Sur un match, ces deux clubs sont capables de nous accrocher, après sur la durée, on devrait être capable d’aller chercher le titre. Mais on a déjà grillé deux jokers, il ne faut pas s’endormir et se reposer sur nos lauriers sinon on risque de ne pas être championnes…Ce sont de petites alertes."

Un manque de réussite ?

"L’année derrière, on va chercher le titre à Montpellier alors que c’était notre cinquième match en douze jours mais on avait ce brin de chance qui faisait basculer les matches en notre faveur. Cette saison face à Montpellier, on n’arrive pas à tuer le match : derrière on paye cash une erreur de notre gardienne et on revient avec le nul. Il nous manque cette petite efficacité qui est dû à un peu de fatigue. On a aussi besoin d’élever notre niveau de jeu parce qu’avec l’effectif que nous possédons, on est capable de faire mieux. Après il ne faut pas non plus tout remettre en cause, il y a des motifs de satisfactions dans le jeu car on se crée les occasions…"

L’enchaînement des matches

"Tout le monde nous voit vraiment au-dessus, et c’est un peu le danger. Car même si on a des conditions parfaites, il faut savoir qu’au PSG et à Montpellier, les deux clubs sont bien organisés : Montpellier a pas mal de contrats fédéraux et au PSG ça se fait de plus en plus. Les filles ne sont pas dans des conditions amateures comme c’est le cas à Juvisy. Même si on a des conditions parfaites, nous sommes même des êtres humains. Personnellement j’adore enchaîner les matches mais enchaîner championnat - Coupe d’Europe et équipe de France…Depuis le début, on n’a pas eu l’occasion de vraiment travailler en club, ça peut poser problème car en ne jouant que tous les trois jours, on ne fait que de la récupération après les matches."

Une usure mentale

"Même si physiquement, on a de bonnes conditions pour récupérer ; mentalement, ce qui me manque le plus c’est de pouvoir rester une semaine entière à la maison, pouvoir sortir un peu en dehors du foot, voir d’autres gens. Et, depuis septembre, je n’ai pas eu l’occasion de faire ces choses-là et c’est un peu gênant. On est beaucoup plongé dans l’environnement du foot et quand on arrive à mon âge, on a besoin d‘avoir une vie privée et des relations sociales autre que le football. Là on a passé dix jours en équipe de France avec les mêmes personnes, on est parti à Paris pour affronter le PSG et ensuite on s’envole mercredi à Prague… Ce sont des choses qui, à moment donné, peuvent être pesantes mais je ne me plains pas. On a quand même un beau métier et le fait de voyager, ça a aussi ses avantages."

Le Sparta Prague

"La première année où j’étais à Lyon on les avait affrontés et à l’époque c’était encore les phases de groupe à quatre équipes. On avait difficilement gagné 2-1 mais le score était longtemps resté à 0-0, le Sparta avait ensuite pris un rouge et ça nous avait aidés. Depuis cet épisode, les deux équipes ont bien changé. Les Tchèques seront peut-être moins puissantes et moins rapides que nous mais, techniquement, elles auront des arguments à faire valoir. C’est une équipe qui arrive régulièrement en huitièmes de finale donc on n’y va pas la fleur au fusil. C’est le premier match à l’extérieur, on les prend très au sérieux. Je pense que ce sera plus fort que Cluj qui était un club très jeune et qui arrivait en 16es de finale pour la première fois. Là ce sera un tout autre match, même si on est au-dessus, elles vont beaucoup plus lutter que les Roumaines.
En tout cas, c’est bien d’enchaîner vite. Il y avait beaucoup de frustration dimanche et le fait de rejouer dès jeudi nous permet de nous concentrer sur une autre compétition, de vite évacuer cette frustration et de nous remettre en confiance en cas de victoire bien sûr !"

Thibault Simonnet

Mardi 1 Novembre 2011
Thibault Simonnet