Footofeminin.fr : le football au féminin

FFF - Fin de l'objectif 500 000 licenciées mais une volonté de développement qui se poursuit

Le constat paraît désormais assez clair. L'objectif des 500 000 licences féminines à l'horizon 2028, qui avait constitué l'un des marqueurs forts de la politique fédérale en faveur du football féminin, n'est plus mis en avant par la FFF.



Photo FFF
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La raison tient aussi à la réalité des chiffres. Avec un peu plus de 250 000 licences féminines recensées, atteindre 500 000 en 2028 supposerait une accélération sans commune mesure avec la progression observée jusqu'ici. Le cap fixé quelques années plus tôt apparaît désormais hors d'atteinte dans le calendrier initialement annoncé et les propos en 2025 de Philippe Diallo, Président de la FFF déjà lointain : « C'est un objectif ambitieux mais volontariste, affirme Philippe Diallo. Le développement de la pratique féminine à tous les niveaux - football amateur, football professionnel, l'Équipe de France - est un enjeu majeur, essentiel. Il doit nous mobiliser formidablement. Collectivement, on peut gagner ce pari. Aujourd'hui, déjà, les femmes n'ont jamais été aussi nombreuses à pratiquer le football en France. » Pour autant, la disparition progressive de cet objectif chiffré ne signifie pas que la Fédération se désengage du développement du football féminin. Elle traduit plutôt un changement de méthode et de communication.

La priorité se déplace désormais vers les actions susceptibles de produire concrètement du développement dans les clubs et les territoires : création de nouvelles équipes, amélioration des conditions d'accueil des pratiquantes, diversification des offres, formation et féminisation de l'encadrement, développement de la pratique dès le plus jeune âge ou encore meilleure représentation des femmes dans les différentes fonctions du football.

Des moyens financiers annoncés pour accompagner les projets

La FFF a annoncé la mobilisation de 16,8 millions d'euros sur la période 2026-2028 en faveur du football féminin, à travers notamment l'orientation de 25 % des moyens du Fonds d'aide au football amateur vers cette priorité. L'enjeu n'est donc plus seulement de poursuivre un chiffre national, mais de permettre aux clubs, Ligues et Districts de construire des projets adaptés à leurs réalités locales.

Ces financements doivent pouvoir accompagner aussi bien la création ou le renforcement de sections féminines que l'amélioration des structures d'accueil, la formation des éducatrices et éducateurs, le recrutement et la fidélisation des pratiquantes ou le développement de nouvelles offres. À travers les contrats d'objectifs territoriaux et les dispositifs fédéraux, une partie importante de la réussite du projet reposera ainsi sur la capacité des territoires à identifier leurs besoins et à transformer les moyens disponibles en actions concrètes.

Après l'objectif quantitatif, l'épreuve du terrain

Pendant plusieurs saisons, le développement du football féminin a été symbolisé par un nombre : 500 000 licenciées en 2028. L'objectif avait le mérite d'être immédiatement identifiable, mais sa réalisation supposait pratiquement de doubler en quelques années le nombre de licences féminines.

À l'entrée de la saison 2026-2027, ce chiffre s'efface au profit d'une politique qui veut davantage mettre en avant les dispositifs, les investissements et les projets. La question n'est donc plus véritablement de savoir si le football français atteindra 500 000 licences féminines en 2028. La trajectoire observée permet déjà de mesurer l'écart avec cette ambition initiale. Le véritable indicateur des prochaines saisons sera ailleurs : que produiront concrètement les moyens supplémentaires annoncés ?

Combien de clubs ouvriront une pratique féminine ? Combien créeront de nouvelles équipes ? Combien de jeunes filles pourront trouver une offre adaptée à proximité de leur domicile ? Combien d'éducatrices, dirigeantes et arbitres seront formées ? Et surtout, combien de nouvelles pratiquantes resteront durablement dans les clubs après avoir franchi leur porte ?

Après le temps d'un objectif national particulièrement ambitieux vient donc celui d'une approche beaucoup plus territoriale. Avec une différence importante : la réussite ne pourra plus seulement être mesurée à travers un chiffre affiché à l'horizon 2028, mais à travers la capacité de la Fédération, des Ligues, des Districts et surtout des clubs à transformer les moyens annoncés en développement réel de la pratique féminine. Les 500 000 licenciées auront finalement constitué un horizon lointain. La réussite du nouveau projet se mesurera autrement sur les terrains.

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Mardi 1 Septembre 2026
Sebastien Duret