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Bleues - Corinne DIACRE : « Cela ne peut pas être autre chose qu'un échec »

La sélectionneuse a réagi après l'élimination des Bleues en quart évoquant le manque de finition, le match qui a basculé sur ce premier but rapide et les détails qui ont fait la différence.



(photo Eric Baledent/FOF)
(photo Eric Baledent/FOF)
Avez-vous des regrets sur le penalty non sifflé à la 86e ? Est-ce un tournant ?
On pourrait débattre toute la nuit, à quoi cela servirait. C'est comme ça. A un moment donné la VAR a été en notre faveur, ce soir visiblement non. On ne doir pas s'arrêter la dessus. Par contre le seul regret que l'on peut avoir, c'est ce manque d'attention au bout de quelques minutes sur la rentrée de touche. C'est quelque chose que l'on avait identifié, analysé, on avait prévenu mais cela n'a pas suffi.

Qu'est-ce que vous pensez de la prestation avec deux mi-temps assez différentes ?
Une première période, un peu plus crispée et on a des joueuses qui se sont davantage libérées en seconde période maintenant je pense que sur l'ensemble du match on a eu la mainmise sur le jeu même si cela a été plus prégnant en seconde période mais cela n'a pas été suffisant malheureusement.

La France a t-elle donné tout ce qu'il fallait ?
A partir du moment ou vous perdez le match, vous n'avez pas fait ce qu'il fallait dans le dernier geste, dans la finition. Notre plan de jeu pour les contrer a fonctionné parfaitement par contre dans l'utilisation du ballon, on a manqué de justesse dans le dernier geste, dans le choix et on a manqué de justesse technique aussi qui faisait que même si l'on amenait le ballon sur le côté, si on n'arrivait pas à centrer c'était compliqué. On a vu quelques joueuses en deçà de leur potentiel. Quand on n'est pas à 100%, c'est déjà difficile contre d'autres équipes mais encore plus contre les Etats-Unis.

"Ca s'est joué sur un détail"

Aviez-vous envisagé de prendre un but ?
Non, bien évidemment. L'idée était de ne pas encaisser de buts trop rapidement. On avait analysé les statistiques, on savait que les Etats-Unis étaient très performants dans le premier quart d'heure. On a fait une erreur, on le paye cash. C'est ce qu'elles nous ont encore appris ce soir, ça s'est joué sur un détail et leur expérience a fait parler le reste.

Est-ce un échec et souhaitez-vous continuer ?
Je ne suis pas du genre à renoncer. Le Président m'a fait confiance sur un bail assez long. Maintenant c'est à lui que revient cette décision. Pour ma part, j'ai encore du travail à faire, il y a encore des choses à peaufiner. On a encore des choses à faire. J'espère ensemble.
Oui c'est un échec sportif il ne faut pas se cacher, on est loin de notre objectif. Maintenant j'espère que l'on a gagné autre chose ce soir et depuis le début de la compétition c'est-à-dire le cœur des gens. J'espère que cela va aider notre discipline à franchir encore un cap. On a vu ce soir malgré tout que l'on n'était pas très loin des États-Unis. Cela fait quelques années que je suis dans le circuit, je n'ai jamais vu les États-Unis finir à cinq derrière. C'est un signe, mais ce n'est pas suffisant, ça effectivement je ne peux pas vous l'enlever. On a vu un beau visage de cette équipe de France mais on ne va pas se consoler de ça. Le sportif n'y est pas, la victoire n'y est pas, la qualification n'y est pas donc effectivement cela ne peut pas être autre chose qu'un échec.

Les Américaines étaient-elles différentes par rapport aux matchs où vous les avez battues en matchs amicaux ?
Un match amical, de préparation, c'est toujours différent d'un match de compétition qui plus est sur une Coupe du monde. Effectivement, cela aussi dépend des périodes auxquels on a joué cette équipe. L'équipe des États-Unis en compétition n'est pas du tout la même qu'en matchs amicaux.

"Je ne vais pas me chercher d'excuses"

Bilbault et Torrent (photo Eric Baledent/FOF)
Bilbault et Torrent (photo Eric Baledent/FOF)
Le Sommer a semblé en difficulté, était-elle blessée ?
Je n'ai aucun regret de l'avoir titularisée. Eugénie n'était pas blessée. Eugénie a été blessée maintenant elle a été bien soignée, cela a juste tronquée encore la préparation qu'on lui avait concoctée. Sachant qu'on avait déjà du faire face à la longue saison qu'elle avait subie avec son club. Cela ne nous a pas aidé, c'est sûr. C'est vrai qu'Eugénie n'était pas au top de sa forme sur toute la compétition. Maintenant, est-ce que l'on peut enchainer une deuxième préparation après une saison comme le club de Lyon a fait très brillamment est-ce que l'on peut enchaîner une deuxième compétition de haut niveau. C'est la difficulté, maintenant c'était une donnée que l'on avait en tête, on avait travaillé dessus. On n'était pas surpris après il y a des blessures qui sont venues un peu tronquer notre plan sur ces joueuses-là. On s'est adapté. On n'a pas eu certaines joueuses au top de leur forme sur cette compétition. Est-ce que c'est à ça que l'on doit attribuer cet échec, je ne pense pas. Je pense que ce serait vraiment trop réducteur.

L'histoire se répète avec cette cinquième élimination consécutive en quart. Que manque-t-il ?
On a joué les Etats-Unis quand même ce soir. Je ne vais pas me dédouaner, je ne vais pas me chercher d'excuses. Très sincèrement, ce n'est pas le genre de la maison. Jouer les Etats-Unis en quart, quand on est pays hôte, on ne peut pas dire que c'est un cadeau. Mais bref.... on a fait belle figure quand même. Il nous manque encore du travail. Je n'ai pas de regrets concernant mon staff. On a fait ce qu'il fallait. après on va faire un bilan, on va tirer les conséquences de cet échec. On va se poser, bien analyser ce qui a fonctionné. Il y a des choses qui ont fonctionné. Il faut laisser retomber la pression. Réagir à chaud, ce n'est jamais bon. Ce qu'il nous manque, si je le savais, on serait passé ce soir.

Qu'avez-vous dit à vos joueuses après la rencontre ?
De leur dire qu'elles n'avaient pas beaucoup de regrets si ce n'est cette erreur qu'elles ont fait sur le premier but encaissé. A part ça, je leur ai dit que cela n'allait pas les consoler mais qu'elles avaient gagné quelque chose ce soir, le cœur de millions de gens, de plusieurs personnes. Cela ne l'ai pas consolé, je vous rassure. Quand on sort dans une compétition à la maison, on n'est forcément pas satisfait, les filles étaient malheureuses. On avait beaucoup d'espérance sur cette compétition. Maintenant c'est comme ça, c'est la loi du sport.

Samedi 29 Juin 2019
Sebastien Duret


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