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Première Ligue - Jean-Michel AULAS : « Le foot féminin est entré dans une nouvelle dynamique »

À quelques jours de la reprise de l’Arkema Première Ligue, Jean-Michel Aulas a dressé dans un entretien accordé au Journal du Dimanche du 30 août 2026 un état des lieux ambitieux du football féminin français. Croissance des affluences, des salaires et des budgets, professionnalisation du championnat, recherche de nouvelles ressources et objectif de finale à la Coupe du monde 2027 : le président de la LFFP estime que la discipline a changé de dimension.



Deux ans après la création de la Ligue féminine de football professionnel, Jean-Michel Aulas dresse un bilan résolument positif dans un entretien publié dimanche 30 août par le Journal du Dimanche. L’ancien président de l’Olympique Lyonnais, actuellement vice-Président de la FFF, estime que « le foot féminin est entré dans une nouvelle dynamique ». Un constat qu’il appuie sur plusieurs indicateurs concernant l’Arkema Première Ligue.

Des affluences, des salaires et des budgets en progression

Source JDD
Source JDD
La LFFP met notamment en avant une augmentation de 40 % de l’affluence entre 2025 et 2026, celle-ci ayant été multipliée par 2,5 depuis la création de la Ligue. Dans le même temps, le salaire médian des joueuses aurait progressé de 30 % en trois ans et le budget médian des clubs de 25 % en deux ans.

Une évolution que Jean-Michel Aulas associe à la structuration engagée depuis la création de la LFFP. Au-delà des seules données financières, l'objectif consiste à rapprocher progressivement les conditions proposées aux joueuses de celles d'un championnat pleinement professionnel, qu'il s'agisse de l'encadrement, des infrastructures ou de l'environnement des équipes.

L'arrivée de la VAR sur l'ensemble des rencontres d'Arkema Première Ligue cette saison s'inscrit également dans cette évolution. Le président de la LFFP considère désormais nécessaire d'accompagner la croissance du championnat par une augmentation de ses ressources.

Trouver de nouvelles ressources

C'est l'un des enjeux majeur de la nouvelle étape qui s'ouvre et Aulas souhaite notamment convaincre davantage de grandes entreprises d'investir dans le football au féminin et développer les recettes commerciales afin d'accompagner la hausse des budgets.

Le développement de la Première Ligue intervient toutefois dans un environnement économique contrasté. Interrogé plus largement sur les difficultés rencontrées par plusieurs clubs historiques du football français, Jean-Michel Aulas ne cache pas son inquiétude. Il cite notamment Bordeaux, Marseille, Nantes et son ancien club lyonnais, autant de situations qui rappellent que les sections féminines restent souvent tributaires de la santé économique des structures auxquelles elles appartiennent.

La croissance affichée par le championnat féminin doit donc encore être consolidée. L'enjeu pour la LFFP est désormais de transformer l'amélioration de ses principaux indicateurs en un modèle suffisamment solide pour permettre aux clubs de poursuivre leurs investissements.

Les Bleues doivent maintenant gagner

Cette progression doit aussi trouver son prolongement au niveau international. Et sur ce point, Jean-Michel Aulas fixe un objectif particulièrement élevé à l'équipe de France : atteindre la finale de la Coupe du monde 2027 au Brésil. Un discours de résultats positifs de l'équipe nationale récurrent mais où les performances sportives ne sont pas à la hauteur.

« Il faut arriver en finale de la Coupe du monde au Brésil », affirme le vice-président de la FFF, qui reste marqué par l'élimination face à l'Allemagne en quarts de finale du dernier Euro. Une sortie prématurée alors qu'il considérait les Bleues capables d'aller chercher le titre.

Aulas estime que la Fédération a désormais placé la sélection féminine dans des conditions comparables à celles des hommes en matière d'infrastructures et évoque également la progression des primes. Les moyens ayant été renforcés, il attend désormais des résultats.

La pression ne concerne d'ailleurs pas uniquement le sélectionneur Laurent Bonadei. Chargé du développement du football féminin à la Fédération, Jean-Michel Aulas s'inclut lui-même dans cette obligation de résultat.

Faire émerger des stars et retrouver l'élan de 2019

En 2024, Jean-Michel Aulas (président de la LFFP), Pascal Bovis (président du FC Fleury 91), Andreea Koening (vice-présidente LFFP) et Vincent Ponsot (OL Lyonnes)
En 2024, Jean-Michel Aulas (président de la LFFP), Pascal Bovis (président du FC Fleury 91), Andreea Koening (vice-présidente LFFP) et Vincent Ponsot (OL Lyonnes)
Derrière l'objectif sportif apparaît un autre enjeu : permettre au football féminin français de disposer de joueuses davantage identifiées par le grand public. Aulas établit sur ce point un parallèle avec les Bleus. Les performances de la sélection doivent permettre de faire émerger des figures capables d'accroître la notoriété de l'ensemble de la discipline.

La France n'avait pas suffisamment profité, selon lui, de l'élan créé par l'organisation de la Coupe du monde 2019. Sept ans plus tard, la stratégie consiste donc à faire progresser simultanément le championnat et la sélection.

La volonté française d'accueillir à nouveau de grandes compétitions féminines participe de cette ambition. Mais Aulas insiste surtout sur la nécessité de gagner : une performance majeure des Bleues constituerait le meilleur accélérateur pour accompagner les efforts de professionnalisation entrepris par les clubs et la LFFP.

Le cap présenté à l'approche de cette nouvelle saison apparaît ainsi clairement : faire grandir économiquement l'Arkema Première Ligue tout en ramenant la France au premier plan international. Après deux années consacrées à installer les structures de la LFFP, Jean-Michel Aulas considère que le football féminin français doit désormais convertir cette nouvelle dynamique en résultats.


Mardi 1 Septembre 2026
Sebastien Duret

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