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Bleues - Aissatou TOUNKARA : « On peut faire jeu égal avec les Etats-Unis »

Prête à être souvent sollicitée face à la meilleure nation au classement Fifa samedi, Aissatou Tounkara aborde avec confiance le match des Bleues face aux Etats-Unis samedi au Havre. Elle sent aussi que l’atmosphère a changé autour de l’équipe de France, à six mois de la coupe du monde.



Tounkara avait joué face aux Etats-Unis lors de la SheBelieves Cup en 2017 et 2018 (photo US Soccer)
Tounkara avait joué face aux Etats-Unis lors de la SheBelieves Cup en 2017 et 2018 (photo US Soccer)
Comment vis-tu, avec le groupe, ce premier rassemblement de l’année 2019 ?
Ça va bien, c’est la rentrée, la dernière ligne droite ! On le sent direct parce qu’en arrivant à Clairefontaine on voit qu’il y a plus de monde que d’habitude, plus de média aussi et hier, à l’entraînement, il y avait pas mal de supporters, donc on sent que ça commence à prendre, que la coupe du monde approche. Sinon, le groupe va bien, on est contentes de se retrouver !

Cette coupe du monde, ça commence à vous obséder ?
On y pense, on sait que ça va arriver vite, mais ça ne nous obsède pas non plus. On travaille match après match, ensemble en continuant à bien se préparer. Bien sûr, ça reste dans un coin de la tête, mais c’est dans six mois donc il faut bien se préparer, continuer à faire ce qu’il faut à l’entraînement en club, et en équipe de France quand on se retrouve … On a encore six mois, c’est long, même si ça va vite arriver.

« C’est leur collectif qui fait la force des Etats-Unis »

Quel est le discours de Corinne Diacre ?
Ce que la coach nous dit, c’est que les matches que nous disputons avec la sélection ce ne sont pas des matches de compétition, donc les données vont être différentes, elle nous demande de mettre ce qu’on a travaillé en place au fil des matches.

Justement, la rencontre qui vous attend face aux Etats-Unis est prestigieuse, qu’est-ce que ça représente cette sélection à tes yeux ?
C’est sûr, c’est un gros match. A mon avis les Etats-Unis c’est la meilleure nation, d’ailleurs elles sont premières au classement Fifa, c’est donc une grosse partie qui nous attend mais tant mieux, ça va permettre de nous jauger, et de savoir où on en est. On peut les titiller, faire jeu égal avec elles. La dernières fois on avait fait match nul, chez elles, donc je ne pense pas qu’elles soient imprenables, mais il faudra répondre présent.

Ce qui va compter lors de ce match, c’est plus la manière ou le résultat ?
Ce ne serait pas si grave que ça de perdre, parce que c’est un match de préparation oui. Ce sera plus important dans six mois, mais ça va être important de faire un gros match quand même, et pourquoi pas de l’emporter. Si on joue ce genre de match c’est quand même pour gagner, même si, à mon avis, la manière dont on va jouer sera plus importante.

Y-a-t-il une joueuse qui se détache particulièrement dans cette équipe ?
C’est difficile de trouver une joueuse en particulier, parce qu’à toutes les lignes elles ont de bonnes joueuses. Après je pense surtout que c’est leur collectif qui fait leur force, elles sont très complètes, avec une ligne d’attaque assez impressionnante.

« Avoir plusieurs systèmes permet de varier selon l’adversaire »

A ton poste, la concurrence est plutôt rude, c’est une bonne chose pour le groupe ?
Oui ! Je sais qu’il y a des joueuses qui ont certain passé en équipe de France, pas mal de Ligue des champions… Mais c’est une concurrence très saine, qui nous permet de nous booster au quotidien à l’entraînement. On se parle souvent, on s’aide, donc tant mieux.

Vous êtes parfois alignés ensemble dans un 3-4-3, parfois non lorsque l’équipe évolue en 4-3-3. Dans quel système de jeu es-tu le plus à l’aise ?
Effectivement, lorsqu’on avait joué à 3 derrière contre le Brésil, ça s’était bien passé. De mon point de vue, tout dépend contre quelle équipe nous jouons. Personnellement je n’ai pas trop de mal avec ces différents systèmes, même si on est plus habituées à jouer à 4 derrière, puisque c’est le système qu’on utilise généralement lorsqu’on joue en club. Mais il suffit de les maîtriser, c’est aussi ce qu’on travaille à l’entraînement la semaine, afin de corriger les erreurs tactiques. C’est bien d’avoir plusieurs systèmes de jeu, puisque selon les nations, le style de jeu varie.

Un petit mot sur ta saison à l’Atlético, leader du championnat d’Espagne avec trois points d’avance sur le FC Barcelone.
Au niveau de l’intégration, ça s’est bien passé dès que je suis arrivée, même si du fait de ma blessure, je ne m’entraînais pas avec les filles, donc j’étais un peu à part… Ça s’est fait petit à petit, c’est vrai que c’était un peu plus dur au début, même au niveau du temps de jeu. Désormais ça se passe très bien, je joue, même au niveau de la langue il y a du progrès ! Je ne sais pas si je sais bien parler espagnol, mais en tout cas maintenant je peux me faire comprendre (sourire).

C’était un choix osé d’aller en Espagne…
C’est vrai qu’un an avant une coupe du monde, c’est un choix fort, mais une fois que j’avais pris ma décision, il fallait bosser et foncer, il n’y avait plus de question à se poser, je suis contente que ça ait payé. Du fait de ma blessure, la rentrée était bizarre, mais aujourd’hui je suis très heureuse d’être à l’Atlético, ça se passe bien. L’élimination en Ligue des champions (défaite 4-0 et 6-0 face à Wolfsburg en 8es, NDLR) ? Pour l’instant, c’est le petit bémol de cette saison, car on avait l’ambition d’aller plus loin. Mais Wolfsburg ça reste un gros morceau, on a fait ce qu’on a pu, on essaie de se qualifier pour l’année prochaine afin d’aller plus loin ! Maintenant, il nous reste le championnat et la Coupe de la Reine (opposée à Bilbao en quart de finale, NDLR). »

Samedi 19 Janvier 2019
Vincent Roussel

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