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Bleues - Clarisse LE BIHAN : "J'aimerais bien accrocher le wagon dès cet été"

La néo-Montpelliéraine qui a connu une deuxième partie de saison perturbée par une blessure fait partie du stage de préparation à Ploufragan. En attendant l'annonce de la liste des joueuses retenues pour les Jeux Olympiques, elle évoque sa saison, les Bleues et son nouveau club.



Clarisse Le Bihan attend désormais de connaître la liste des élues (photo OF)
Clarisse Le Bihan attend désormais de connaître la liste des élues (photo OF)
Cette deuxième partie de saison a été compliquée avec cette blessure.
J'ai eu une fracture de fatigue au pied. Cela a été assez compliqué le repos. J'ai fait un bon travail avec le préparateur physique et je pense que je suis revenue physiquement à mon niveau. Je me sens bien au niveau des sensations et dès avril lorsque j'ai repris je n'avais pas d'appréhensions.

Est-ce que l'opération a été évoquée suite à cette blessure ?
C'était possible, j'avais le choix. Cela m'était déjà arrivée au pied gauche il y a cinq ans. On avait décidé à cette époque-là de ne pas le faire parce que j'étais trop jeune, j'avais 17 ans. Cette année, on en a discuté avec mon médecin et tout de suite, on s'est dit que ce n'était pas nécessaire et qu'il y avait la possibilité d'essayer de revenir tranquillement. Cela a été une solution et j'en suis très contente car je n'aurai pas voulu me faire opérer.

Cela aurait compromis votre éventuelle participation aux J.O. ?
Si j'avais été opérée d'entrée, je pense que j'aurai mis trois à quatre mois. Si j'avais attendu et que je m'étais fait opérer, cela aurait été compromis pour cette fin de saison, et du coup pour les Jeux. J'étais contente et même pour la suite, de ne pas avoir de vis, être naturelle, je préfère largement.

"Un gros coup d'arrêt"

Surtout que vous aviez bien fini l'année 2015 en sélection en marquant vos premiers buts ?
Je commençais à trouver mes marques et cela a été un petit coup dur. Physiquement je me sentais bien à ce moment-là. A Guingamp, aussi. Cela a été un gros coup d'arrêt et mentalement, c'était un peu dur. Je me suis accrochée et je me suis qu'il fallait travailler pour ne rien regretter.

En 2015, vous aviez été appelée juste avant la Coupe du Monde, quel souvenir en gardez-vous ?
Mon premier stage était en avril. Je n'y croyais pas parce que je profitais et j'étais super contente d'être en sélection. Je découvrais. Cette année, j'ai été appelée dès septembre et jusqu'à décembre. On a enchaîné les stages et j'ai commencé à réfléchir aux JO et me disant qu'il fallait que je me donne toutes les chances en travaillant à fond.

Est-ce un souhait de pouvoir participer aux Jeux Olympiques dès cette année ?
La blessure m'a mis un coup derrière la tête et je me suis demandée si cela allait être jouable et au final, je suis là. Maintenant je dois jouer ma carte à fond et ensuite c'est le sélectionneur qui fera ses choix. Comme je me sens à 100%, je me dis que j'ai encore mes chances. On est 28, il n'y en aura que 18, cela va vraiment écumer. Après si je suis dans les 22, ce sera en progression dans tous les cas car j'étais l'année dernière dans les 30. Mon objectif à moi, c'est vraiment de vivre une compétition. J'aimerais bien accrocher le wagon dès cet été. Ce sont les JO, c'est une superbe compétition, je les avais vraiment envisagés. Ce serait une petite déception de ne pas être dans la liste.

Les phases finales, vous en avez beaucoup connu avec les jeunes, et un titre en U19, quels souvenirs en gardez-vous ?

C'était mon premier titre personnel, en club, je n'avais rien gagné. C'était au Pays de Galles, c'était magique. Il y avait mes parents qui étaient venus, ils étaient en tribune. C'était de superbes sensations, j'ai hâte de revivre cela. Il y avait avec moi Griedge (Mbock), Sandie (Toletti), Kadi (Diani) et Claire (Lavogez).

"A Guingamp, il a manqué quelques trucs"

Ce changement de club est le choix de franchir un palier ?
C'est un choix de ma part. J'ai envie d'avoir du temps mais d'être vraiment dans un monde plus professionnel. Je souhaite être décisive dans mon nouveau club et de m'imposer en équipe de France. J'espère que ça marchera dans ce nouveau challenge. Je suis très heureuse d'avoir signé là-bas.
J'aurai très bien pu rester à Guingamp pour toujours mais moi j'ai envie de passer des paliers et d'aller en équipe de France. Pour cela, il me faut des conditions de haut niveau, une bonne hygiène de vie. Tout cela va se mettre en place là-bas.
A Guingamp, la saison a été un peu compliquée. J'avais envie de voir autre chose. C'était le moment ou jamais. Je suis partie en bon terme avec Sarah (M'Barek) et le reste du staff. Ils l'ont compris. On avait une bonne génération mais il a manqué quelques trucs. Ca s'est un peu éparpillé, c'est dommage.

Pourquoi avoir choisi Montpellier ?
C'est le club qui m'a fait l'offre la plus concrète. C'est le projet qui me tentait le plus avec l'ambition de concurrencer le PSG et Juvisy. Cette année, il finit troisième. En Coupe de France, Montpellier fait aussi de beaux parcours. J'ai besoin d'un club où il y a de l'ambition et où ils mettent des moyens pour y arriver. A Guingamp, j'ai en contrat fédéral partiel, là je vais me consacrer au foot pleinement. Je connais déjà des joueuses, cela ne me fait pas arriver dans l'inconnu totalement. C'est la première fois que je change vraiment de club. Ca sera une toute nouvelle vie pour moi.

Jeudi 7 Juillet 2016
Sebastien Duret

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