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Bleues - Corinne DIACRE : « J’ai pris note des désirs des filles, je m’adapte »

Alors que l’équipe de France va enchaîner deux rencontres, un amical face à l’Islande (4 octobre) et le début des qualifications pour l’Euro 2021 (8 octobre), Corinne Diacre a fait plusieurs choix forts dans sa liste, comme le replacement de Majri parmi les milieux et le retour de Katoto. « Je m’adapte », n’a-t-elle cessé de répéter.



Amandine Henry ne fait pas partie de votre liste, est-ce par choix ou sur blessure ?
Amandine est blessée, c’est quelque chose qu’elle a depuis un petit moment. Elle a quelques soucis avec ses talons d’Achille. Déjà fin août avec nous elle avait pas mal de douleurs. Après le match de ce week-end, ça a été un petit peu difficile pour elle, je pense que le mieux c’est qu’elle observe une période de repos pour revenir au mieux après.

Marie-Antoinette Katoto fait partie du groupe, qu’est ce qui a fait que la porte s’est ouverte cette fois-ci ?
La porte n’a jamais été fermée, elle est déjà venue avec nous, j’avais dit à une période que ce n’était pas le moment, est ce que c’est le cas aujourd’hui ? Ce sera à elle de me donner des réponses sur le terrain, en tout cas on connait le talent qu’a Marie-Antoinette, j’ai tout simplement souhaité la revoir. On verra si elle me le montre.

« A Katoto de me donner des réponses sur le terrain »

Avez-vous prévu d’avoir une discussion avec elle, notamment pour parler de sa non-convocation pour l’équipe de France, qui l’a déçue ?
Je peux comprendre que toutes les filles qui ne sont pas sélectionnées soient déçues, mais la porte n’est fermée pour personne. Il y aura bien évidemment une discussion avec elle, mais je garde pour moi la teneur de cette discussion. J’espère qu’elle sera ravie de cette sélection et qu’elle aura à cœur de me montrer sur le terrain toute l’étendue de ses qualités et de sa panoplie d’attaque.

La liste a-t-elle été plus dure à faire que face à l’Espagne, où il ne s’agissait que d’un amical ?
Ce n’était pas plus dur ni plus facile, que ce soir un match de préparation ou un match officiel, je fais toujours les listes avec l’objectif de prendre les plus performantes à un instant T. Face à l’Islande et au Kazakhstan il faudra gagner, l’objectif ne change pas. Il faut continuer à travailler cette équipe.

Vous avez choisi Amel Majri parmi les milieux de terrain, suivant l’évolution de son poste à l’OL, c’est parce que vous souhaitez l’installer dans ce secteur ?
On a eu une discussion avec Amel, elle m’a fait part de ses souhaits, mon idée est de mettre l’équipe la plus compétitive possible, donc j’ai pris note de ses motivations. Elle fait partie des milieux, elle peut aussi jouer attaquante… Elle m’a fait part de ses désirs, j’en ai tenu compte, je m’adapte.

Perle Morroni (PSG) fait aussi son retour dans la liste, qu’est-ce qui vous a convaincu chez elle ?
Perle est déjà venue avec nous il y a quelques temps, on la suit, elle a fait de bonnes performances la saison passée, et comme il y a un poste de défenseure qui s’est libéré du fait de la sélection d’Amel Majri au milieu… Même chose, à elle de me montrer sur le terrain que j’ai eu raison de faire ce choix-là.

« L’Islande, une répétition avant le Kazakhstan »

A Lyon on observe beaucoup d’innovations techniques, avez-vous pu échanger avec Jean-Luc Vasseur ? Les évolutions qu’on voit à Lyon (Le Sommer au milieu, Majri en attaque, NDLR) peuvent-elle également être observées en équipe de France ?
J’ai discuté avec lui, tout entraîneur fait ses choix, moi j’ai surtout discuté avec les joueuses et j’ai tenu compte des envies et de leurs motivations. Mon objectif, c’est de m’adapter, j’ai pris note de ce que les filles m’ont dit, et je ferai des choix en fonction de la stratégie que je souhaite mettre en place sur les matches à venir.

Vu son état de forme, Kadidiatou Diani est-elle le leader d’attaque des Bleues ?
Tout le monde est leader, ce n’est pas parce qu’on est moins performante à un moment donné qu’on ne peut pas être leader.

On a observé dernièrement une équipe de France qui a du mal à marquer des buts, est-ce l’occasion de se rassurer offensivement ?
(Ironique) On en a mis deux contre l’Espagne, c’est vrai que ce n’est pas beaucoup. On va s’attarder à bien jouer contre l’Islande déjà, ce sera très certainement une répétition avant le Kazakhstan. Sur tous les matches de la coupe du monde on a marqué, contre l’Espagne on a marqué, alors après s’il faut mettre un but de plus à chaque fois. Vous savez dans le foot le principal c’est de mettre un but de plus que l’adversaire. Après sur l’aspect offensif on ne peut pas dire qu’on soit en difficulté, mais on peut s’améliorer sur le ratio tirs cadrés/tirs convertis.

Est-ce que les matches qui arrivent peuvent permettre de faire évoluer l’équipe de France, notamment sur le schéma de jeu habituellement utilisé lors de la coupe du monde (4-2-3-1, NDLR) ?
Je m’adapte, je suis attentive aux performances des joueuses dans leur club, je serai surtout attentive à ce qu’elles vont produire à l’entraînement. Je ne suis fermée sur rien, je ne suis pas obstinée, j’observe et je m’adapte. Mon objectif c’est de mettre en place la meilleure équipe possible dans un système que j’aurai défini avec mon staff. Le résultat nous donnera raison, ou pas.

« On est tout le temps en mode compétition »

Lors du dernier rassemblement, vous aviez dit vouloir discuter avec Gaëtane Thiney afin de savoir si elle voulait toujours continuer en Bleue. Sa présence montre que vous avez eu des assurances de sa part ?
En tout cas elle ne pas dit le contraire. Gaëtane est toujours là, le principe d’une sélection c’est qu’on ne sait pas si les joueuses qui sont là aujourd’hui le seront encore demain. Beaucoup de joueuses frappent à la porte.

Dans quel état d’esprit avez-vous fait cette liste ? Dans un esprit de compétition ou plus afin de faire des essais de joueuses ?

L’objectif c’est d’être compétitif contre l’Islande mais surtout contre le Kazakhstan, de continuer à travailler, à avancer, de trouver la bonne formule, pour préparer cette équipe à gagner. On est en mode compétition, mais on l’est tout le temps, c’est valable pour les deux dernières années.

Valérie Gauvin a temps de jeu limité à Montpellier, comment vous l’appréhendez, alors que c’est la titulaire au poste de numéro 9 en équipe de France ?
On a déjà vu ça dans d’autres sélections, à partir du moment où il y a des satisfactions en équipe de France, il n’y a pas de raison que ces joueuses en pâtissent. Evidemment, c’est mieux si elle joue en club, j’ai eu une discussion avec l’intéressée et son entraîneur, après les entraîneurs ont les joueuses au quotidien, moi non, donc il y a plein de chose que je ne connais pas, à partir de là je respecte leurs choix, ils ont leurs raisons. La seule chose que j’ai dit à Valérie c’est que ce serait mieux qu’elle joue plus dans son club, mais je respecte les choix de l’entraîneur.

Lundi 30 Septembre 2019
Vincent Roussel

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