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Bleues - Elodie THOMIS : « En configuration Coupe du monde »

Arrivée lundi dans le sud du Portugal, la France rentre tout de suite dans le vif du sujet avec un match contre le Portugal ce mercredi (18h en direct sur Eurosport). Elodie Thomis et les Bleues seront en « mode Coupe du monde » lors de cette Algarve Cup.



Elodie Thomis face aux Etats-Unis (photo Sébastien Duret)
Elodie Thomis face aux Etats-Unis (photo Sébastien Duret)
Elodie, il n’y a pas trop de fatigue après ce voyage jusque dans le sud du Portugal ?
Non, on a fait 1h30 de vol puis 2h30 de bus. On a beaucoup dormi, on s’est reposé. Quand on est arrivé, on a fait un espèce de décrassage avec Fred (ndlr : Fred Aubert, le préparateur physique). Ce matin (mardi), c’est tranquille et cet après-midi, on va bosser pour le match contre le Portugal. Le cadre est magnifique, nous sommes logés dans un espèce de complexe avec des villas-appartements pour six filles mais il ne faut pas tomber dans ce piège-là, nous ne sommes pas là pour nous reposer.

Vous connaissez cette équipe du Portugal ?
C’est la première fois que je vais jouer cette nation. Je sais qu’au classement mondial, elles sont très loin (42e) mais il ne faut négliger aucune équipe. On est ici pour préparer la Coupe du monde avant tout.

Le Portugal a d’ailleurs battu la Suisse lors de son dernier match amical.
C’est bien parce que la Suisse va tout de même faire la Coupe du monde. Cela renforce l’idée qu’il ne faut sous-estimer aucune équipe. On doit aborder ce match en étant bien concentré. Le Portugal est une bonne équipe et tant mieux parce qu’on aime bien les matches contre les bonnes équipes. C’est toujours plus intéressant pour travailler.

« L’Algarve fait plus « flipper » »

La France retrouve aussi l’Algarve. Vous préférez disputer ce genre de tournoi ?
Chypre, c’était aussi pas mal l’an dernier avec l’Angleterre, l’Ecosse qui nous avaient posé des problèmes. C’est un tournoi relevé aussi. Après l’Algarve fait plus « flipper » parce qu’il y a les Etats-Unis, l’Allemagne, la Suède, la Norvège… Cela ressemble plus à une phase finale de Coupe du monde.

Vous serez « en mode coupe du monde » pendant une semaine ?
Oui, carrément. On le voit au niveau du staff où ils ont fait venir une troisième kiné. On se met en configuration Coupe du monde pour bien se préparer pour le Canada. Il y a le terrain mais il y a aussi la préparation invisible avec le staff médical, la récupération. Tout est important.

Quelles ambitions nourrissez-vous dans cette compétition ?
On veut la gagner comme toutes les équipes. Le coach nous l’a dit clairement : il faut remporter les trois premiers matches pour faire la finale. On sait donc ce qu’on a à faire. On a cette âme de gagneuse, c’est bien.

On a l’impression que cet état d’esprit de « gagneuse » est beaucoup plus présent qu’auparavant ?
Oui et on le ressent sur le terrain. On a toute en vie de se battre les unes pour les autres. Je repense au match contre les Etats-Unis où l’on poussait on s’aidait, c’était motivant, ça donnait envie de se « saigner » pour ses collègues. L’esprit, la rage de vaincre on l’a et c’est très important.

« Pas là pour prendre un peu de soleil mais vraiment pour gagner le tournoi »

Elodie Thomis veut remporter cette compétition (Photo Alex Ortega)
Elodie Thomis veut remporter cette compétition (Photo Alex Ortega)
Ces deux confrontations contre les USA et contre le Brésil vous ont-elles beaucoup appris ?
Carrément. On a vraiment pris conscience des qualités que l’on avait. Maintenant, on ne fait plus de complexe, on joue notre jeu et on prend du plaisir. Le reste vient tout seul et on arrive à s’éclater sur le terrain, à avoir de l’adrénaline. Que l’on gagne – match amical ou pas- c’est toujours kiffant.

Rien ne peut vous arriver alors ?

On ne va pas dire ça. Sur un match de football : tout peut arriver. On va aborder ces quatre rencontres en configuration coupe du monde. On n’est pas là pour prendre un peu de soleil mais vraiment pour gagner le tournoi.

Vous avez déjà participé à ce tournoi ?
Oui deux fois, je suis vieille, une ancêtre (rires).

Quels souvenirs gardez-vous ?
Il y a un match en particulier : celui que l’on gagne 1-0 contre l’Allemagne avec un but d’Elise Bussaglia. Mais on a défendu pendant 90 minutes, je n’avais jamais vu ça de ma vie (rires) ! Bruno Bini nous avait même dit que nous avions fait le meilleur match défensif de la décennie (rires). Désormais, nous avons beaucoup plus d’armes, les équipes nous craignent plus. C’est valorisant car cela prouve qu’on a beaucoup travaillé ces dernières années.

Vous dites que vous êtes une ancienne, est-ce que vous donnez-vous des conseils aux jeunes qui arrivent ?
Ca dépend, je discute, je suis plus dans la blague mais j’arrive à être sérieuse par moment (rires). J’essaye de les détendre car ce n’est pas facile d’arriver dans un groupe quand tu es nouvelle. J’ai connu ça : on se fait petit on n’ose pas. Mais les jeunes sont sympas, bien intégrées, s’investissent beaucoup dans le projet de jeu de l’équipe de France. C’est l’avenir.

Elles vous poussent aussi ?
Elles amènent de la bonne concurrence et c’est aussi pour ça qu’on est performante. Il y a tellement de qualité au niveau de toutes les joueuses qu’on ne peut qu’augmenter notre niveau. C’est aussi beaucoup plus plaisant à l’entrainement, il y a du « level », ça joue au ballon et c’est plus intéressant pour nous surtout que tout le monde tire dans le même sens. L’équipe de France, c’est vraiment un tout. On peut compter sur tout le monde.

Elodie THOMIS
Née le 13 août 1986 à Colombes
1m68 - 60 kg
Attaquante

Sélections
A (113 sélections/31 buts)

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Mercredi 4 Mars 2015
Sebastien Duret

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