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Bleues - Julie DEBEVER : « Il peut se passer plein de choses, il faut que je sois là si besoin »

Alors qu’elle sait qu’elle n’aura- sauf retournement de situation -pas beaucoup de temps de jeu cet été, la défenseure de l’équipe de France Julie Debever revient sur son rôle dans le groupe bleu, et sur ces dernières semaines de préparation intenses avant le grand début du Mondial.



photo Eric Baledent/FOF
photo Eric Baledent/FOF
Samedi dernier face à la Thaïlande, tu as connu ta deuxième titularisation en équipe de France, comment as-tu vécu cette rencontre ?
C’est toujours une bonne nouvelle de commencer dans le onze type. C’était un match test après trois semaines de préparation intenses, un match assez difficile physiquement. Il a fallu jouer un peu plus avec sa tête qu’avec ses jambes, parce qu’elles étaient lourdes. Ce ne sont pas des excuses, la victoire est là, même si on aurait espéré mieux, au vu du nombre d’occasions qu’on a eu. On retient l’essentiel, et de toute façon on a la vidéo pour pouvoir travailler, peaufiner chaque détail.

Cette titularisation, c’est la preuve de la confiance que la coach te porte ?
Oui, elle a fait beaucoup de tests sur cette rencontre, mais je pense qu’elle a aussi voulu récompenser les joueuses qui étaient là depuis le début de la préparation, celles qui ont fait l’intégralité du stage. Il y avait aussi la volonté de laisser reposer les Lyonnaises, qui venaient d’enchaîner plusieurs échéances… C’était un tout, un match à notre portée pour mettre des joueuses pas forcément utilisées d’habitude. Il y aura onze filles qui démarreront les matches de coupe du monde, mais comme Corine Diacre l’a toujours dit, on n’ira pas chercher un résultat à onze, donc il faut qu’on soit prêtes également quand elle fera appel à nous. C’était justement un bon moyen de lui prouver ça.

"Je peux avoir une oreille attentive"

Comment a réagi la sélectionneuse après le match ?
Elle était contente du résultat mais pas forcément du contenu. On a fait preuve de beaucoup d’inefficacité, on a commis pas mal d’erreurs individuelles, on n’a pas vraiment eu le niveau qu’on aurait dû avoir sur ce match-là, on l’a encore vu en séance vidéo hier. On n’a pas mis les ingrédients qu’il fallait pour faire une meilleure performance. La sélectionneuse a mis en avant les points négatifs, afin qu’on puisse travailler cette semaine ce qui n’a pas marché. Il y a toujours du positif dans un match mais là on s’est surtout focalisé sur le reste, pour se remettre en question, car le Mondial approche.

A ton poste, il y a des joueuses incontournables. Comment fait-on pour se préparer à une compétition, quand on sait qu’on ne jouera pas beaucoup ? C’est plus difficile ?
Non, car je suis déjà contente d’y être, je savais qu’en intégrant les 23, je serai plus en phase d’apprentissage, que je serai une joueuse complémentaire. Je le savais car on a, selon moi, la meilleure charnière centrale du monde (Renard-Mbock). Je suis contente car je côtoie les meilleures joueuses, donc forcément c’est positif. Mais il faut que je sois présente si jamais il y a un pépin physique, une méforme… Il peut se passer plein de choses, et il faut que je sois là en cas d’absence.

Ces dernières semaines, vous avez effectué un gros travail de préparation physique. Pour toi qui aime bien ces séances, c’était une partie de plaisir ?
Ça a été complexe quand même (sourire) ! Il ne faut pas oublier qu’on a achevé la saison il n’y a pas si longtemps, du coup on n’a pas vraiment eu de repos entre la fin de notre année et le début de la préparation (4 jours). Repartir dans ce contexte n’est jamais simple, donc même si j’aime bien travailler le foncier, faire un peu de sur-entraînement (sic), être prête physiquement, ce n’était pas simple. Surtout parce qu’on enchaînait beaucoup de séances.

C’était la période de préparation physique la plus dure de ta carrière ?
Je ne sais pas si c’était la pire, mais en tout cas ça se rapproche des pires séances que j’ai pu faire. Ce qui était dur, donc, surtout, c’était l’accumulation des séances. L’intensité était très élevée, mais quand en plus on avait trois séances par jour, notamment lors de la deuxième semaine, ça piquait un peu.

Comment le groupe vit ces derniers instants avant la compétition ?
C’est un mélange de fatigue et d’excitation. On a envie que ça commence, car la préparation devient longue… Mais on sait aussi que la préparation est importante. Il y a un peu d’euphorie, mais on a envie d’arriver prêtes au rendez-vous, on sait qu’on doit en passer par cette préparation, avec des moments de méformes, des moments intenses physiquement.

Corinne Diacre t’as dit ce qu’elle attendait de toi ?
Pas personnellement. Je sais que je serai une joueuse complémentaire, après j’imagine qu’au vu de mon expérience- avec tout ce que j’ai pu connaître en D1 -et de mon âge, ça peut servir aussi à certaines jeunes, car on a un groupe assez jeune, je peux avoir une oreille attentive, et les aider tant que je peux avec mon vécu. Mon rôle va se situer là.

Il y a un petit groupe de Guingampaises (elle, Solène Durand, Emelyne Laurent et l’ancienne de l’EAG Griedge Mbock, NLDR) en équipe de France. Est-ce que c’est bien, quand on arrive en sélection, d’avoir avec soit quelques joueuses qu’on côtoie toute l’année ?

C’est toujours sympa d’avoir des Guingampaises dans le groupe, parce que c’est aussi une belle vitrine pour le club. Après ça n’aide pas vraiment plus que ça à la cohésion, parce qu’on est un groupe qui vit bien, on s’entend toutes bien. C’est une bonne chose d’avoir ses copines guingampaises, mais le reste des filles en équipe de France nous intègrent bien.

Parmi ces coéquipières en club, il y a donc Emelyne Laurent. Quel regard portes-tu sur ta coéquipière en club et en sélection ?
On discute beaucoup, moi j’essaie de l’aider, footballistiquement parlant. Après en club on a une liberté que j’aie un peu moins ici parce que j’ai un statut différent. Là-bas (à Guingamp) je suis capitaine donc j’ai plus de responsabilités, ça nous est souvent arrivé de discuter sur des situations, des attitudes qu’il fallait avoir, mais plus sur du foot. J’étais surprise de sa présence dans le groupe des 23 pour le Mondial mais aussi très heureuse, parce que c’est une joueuse en plein essor, qui a beaucoup de qualité, un gros potentiel, je suis contente pour elle, vraiment. Elle le mérite. Elle peut ramener un peu de fougue, un peu comme elle l’a fait face à la Thaïlande, en fin de match, quand l’équipe adverse est fatiguée. Elle percute beaucoup, elle a une vitesse incroyable, c’est une joueuse intéressante ».

Julie DEBEVER
Défenseure
Née le 18 avril 1988 à Marcq-en-Baroeul
1,76 m - 68 kg
3 sélections
Première sélection : 05.10.18 Australie

Sélections
A : 3
A' : 1
B : 1
U19 : 3/1

Clubs
ACS Comines (1994-2002)
FCF Hénin-Beaumont (2002-2011)
FCF Juvisy Essonne (2011-2012)
AS Saint-Etienne (2012-2015)
EA Guingamp (2015-)

D1
Nombre de matchs : 254
Nombre de buts : 8
Premier match : 04.09.05 Montpellier

Palmarès
Finale de la Coupe de France (2013, Saint-Etienne)

Mercredi 29 Mai 2019
Vincent Roussel

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