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Bleues - Laura AGARD : "Depuis deux ans, ce n'est que du bonheur"

Appelée en équipe de France A, la Montpelliéraine qui a une carrière riche de 147 matchs en D1 et 45 sélections (U17 à B) aborde avec plaisir ce rassemblement avec les Bleues



Laura Agard (photo MHSC)
Laura Agard (photo MHSC)
Est-ce qu'être appelée en équipe de France A était encore dans l'esprit ?
C'est toujours dans un coin de la tête, après je n'ai plus vingt ans. Je ne m'y attendais pas forcément parce que je pense qu'il y a un nouveau groupe à constituer pour les échéances à venir. Je suis contente, je ne vais pas m'en plaindre.

Après Lyon et le retour à Toulouse, Montpellier a été une opportunité de rebondir ?
L'année où j'avais arrêté, j'ai continué à jouer en faisant du futsal sur Toulouse, j'ai progressé différemment. Ça m'a apporté autre chose. C'était aussi une volonté de ma part de rentrer en région toulousaine pour des raisons personnelles qui n'avaient rien à voir avec le côté sportif.
J'ai eu ensuite l'envie de reprendre au haut niveau, j'ai eu l'occasion avec Montpellier et depuis deux ans, ce n'est que du bonheur.

Jean-Louis Saez, l'entraîneur de Montpellier, s'intéressait à vous depuis plusieurs saisons ?
Cela faisait deux années que j'avais refusé Montpellier. La première année, j'avais un accord avec l'OL de ne pas rejoindre un des clubs du Top 4 puisque j'avais résilié mon contrat. La deuxième année, j'ai voulu finir mon Master2. J'ai privilégié de reprendre à Toulouse en D2 et cela m'a permis de finir mon diplôme tranquillement.
Quand je suis revenue à Montpellier, c'était pour apporter un plus, je ne m'étais rien fixé de spécial parce que je savais d'où je venais, parce que j'avais arrêté deux ans la D1. Cela allait certainement difficile de reprendre le rythme et de trouver sa place dans un super groupe. J'y suis allée petit à petit et cela m'a souri. Je m'y sens très bien aujourd'hui.

" Cela nous apporté quelque chose dans notre vie de footballeuse et de femme"

Laura Agard, avec Léa Rubio, après le titre universitaire (photo FFSU)
Laura Agard, avec Léa Rubio, après le titre universitaire (photo FFSU)
L'aventure aux Universiades a aussi été bénéfique pour revenir ?
Je pense que c'est la goutte qui a fait déborder le vase mais dans le bon sens. Je n'étais pas prévu au début pour faire partir des Universiades puis il y a eu des blessées, des filles qui n'ont pas pu venir. On a fait appel à moi. J'avais déjà vécu deux fois cette compétition et je savais que c'était super aux niveaux sportif et humain. Et j'avais une certaine revanche car on avait terminé deux fois quatrième, et cette Universiade, on a eu un super groupe. Ce n'est peut-être pas le niveau des JO, mais cela reste une très belle compétition et le côté humain a vraiment été génial. D'ailleurs dans le stage avec les Bleues, j'ai retrouvé quelques copines. Cela a créé des liens forts entre nous. Cela nous apporté quelque chose dans notre vie de footballeuse et de femme. Ce sont des moments importants que l'on a vécus pendant un mois.

Des personnes ont joué un rôle important dans le fait de compter encore sur vous ?
Il y a eu Jeff (ndlr : Jean-François Niemezcki, sélectionneur de l'équipe de France B et des Universitaires) pour ces Universiades et après forcément le club de Montpellier pour m'avoir donné ma chance, c'est tout le staff, tout le club. C'est pour le côté sportif. Après on me dit souvent que j'ai un parcours atypique, et c'est un peu le cas. Je ne le prends pas comme quelque chose de mauvais, chacun et chacune a ses expériences de vie. Quand la passion était ailleurs, j'ai fait des choix et je ne les regrette pas aujourd'hui, c'est ce qui m'a construite, et je continuerai à fonctionner comme cela.

"Il n'y a pas de pression"

Avec le maillot de Montpellier (photo MHSC)
Avec le maillot de Montpellier (photo MHSC)
Avec Montpellier, l'équipe affiche un visage solide et un collectif huilé, qu'est-ce qui fait sa force ?
J'y avais déjà passé trois saisons (2006-2009) et c'est toujours une force collective qu'il n'y a peut-être pas ailleurs. Maintenant, il y a aussi une volonté de laisser de la place aux jeunes, cela apporte son petit grand de folie sur les entraînements, sur les matchs, après cela peut parfois déjouer sur l'expérience. C'est un groupe qui vit bien avec une bonne alchimie entre les plus jeunes et les plus anciennes. Que ce soit à l'extérieur ou sur le terrain, on s'entend bien aussi, je pense que c'est aussi complémentaire, cela se ressent depuis le début de saison.

Au-delà des jeunes, il y a aussi l'expérience des étrangères ?
L'année dernière, on avait en plus des trois nationalités actuelles, on avait aussi une Brésilienne et une Japonaise. On voit que chacune a une culture hors foot, mais aussi sur le terrain, c'est toujours enrichissant. Elles apportent leurs expériences, et les Suédoises apportent aussi avec leur parcours aux JO. On les a suivi à la télé, on est très contente pour elles. Il y a aussi l'Hollandaise Anouk Dekker et l'Espagnole Virginia Torrecilla qui apportent aussi leur spécificité nationale. Cela permet de varier un peu notre football. On communique de plus en plus avec elles sur le terrain car elles parlent de mieux en mieux le Français et c'est quelque chose de très important sur le terrain.

Ce rassemblement avec les Bleues, comment l'envisagez-vous ?
C'est tout d'abord de prendre du plaisir. C'est une chance d'être ici, de profiter de chaque entraînement. Les projets de jeu et de système sont différents de ceux en club et du championnat. Il faut vite se mettre au diapason avec ce qui est demandé ici. On a beaucoup enchaîné depuis notre arrivée à Clairefontaine. Cela reste du plaisir à chaque séance et il faut se rendre compte de la chance que l'on a d'être ici. Il n'y a pas de pression, il y a un nouveau sélectionneur qui essaye de faire tourner et d'essayer pas mal de solution. Cela permet à tout le monde de pouvoir s'exprimer.

LA FICHE


Vendredi 21 Octobre 2016
Sebastien Duret

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