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Camille Catala (ASSE) : « Frissons garantis »

Première finale de Challenge pour l'ASSE ; la quatrième en cinq ans pour Montpellier. Les statistiques parlent en faveur des Montpelliéraines qui partiront favorites samedi à 18 heures du coté de Buxerolles mais attention aux Stéphanoises bien décidées à décrocher leur premier titre. Camille Catala invoque, elle, le «droit de rêver ».



Camille Catala vient d'être sélectionnée dans la liste des 30 par Bruno Bini, le sélectionneur national (Photo : Thibault Simonnet)
Camille Catala vient d'être sélectionnée dans la liste des 30 par Bruno Bini, le sélectionneur national (Photo : Thibault Simonnet)
Camille, comment abordez-vous cette finale ?
On a fait une semaine d'entraînement tout à fait normal avec l'objectif de samedi bien en tête. On s'est préparé avec beaucoup de sérieux, de concentration, de rigueur. On est pressé d'y être, ça se rapproche et tout va bien pour l'instant.

La pression commence à monter petit à petit ?
Je suis en examen en ce moment (ndlr : jusqu'à vendredi), je n'ai donc pas trop la tête à la finale (rires). La pression est plus sur mes « exams ». Et puis ce n'est pas tellement de la pression, c'est plus de l'excitation. De toute manière, la semaine qui précède la finale est toujours longue car on a envie d'être dans le bus direction Poitiers.

« On sent que c'est un grand moment pour le club »

Les deux défaites (6-0 puis 8-0) contre Lyon ne sont pas trop dures à digérer ?
Sur le coup c'est dur. Les matches comme ça sont frustrants. Certes, Lyon était au-dessus mais on n'a pas fait de super matches. Cependant ça ne remet pas en question le travail effectué tout au long de l'année, le fait d'être en finale et la qualité de ce groupe. On sait faire la différence entre le championnat et cette finale de coupe.

Que vous dit Hervé Didier pour vous préparer à cette finale ?
Il n'a pas eu grand chose à nous dire car on s'est beaucoup parlé entre nous. Il y a cette finale qui arrive : on est solidaires et on se met toutes ensembles dedans. Les coaches ont suivi l'envie des joueuses, ils nous ont dit ce qui était bien et ce qui n'avait pas marché contre Lyon.


C'est aussi la première finale de l'ASSE de son histoire.

On sent que c'est un grand moment pour le club. Il y a un grand soutien autour de nous, les entraîneurs des garçons, les joueurs, les présidents, les supporters qui viennent nous voir et qui sont derrière nous. C'est là qu'on sent que c'est un grand moment. Je ne suis pas du tout originaire de Saint-Etienne, les vraies Stéphanoises en parleront mieux, mais il y a un vrai esprit foot dans cette ville. L'attente qu'il y a derrière nous peut nous mettre un peu de pression mais j'espère qu'il y aura du vert dans les tribunes et que ça nous aidera.

Il y a un réel soutien de la part de l'ASSE ?
Ils nous soutiennent, tout le monde nous suit au club. Les garçons ont échoué en finale de la Gambardella, c'est maintenant à nous de vivre notre finale, et le club veut vraiment mettre les Vertes en avant.

« On va jouer avec toute notre gnac et notre envie de gagner »

Finale un peu particulière pour Camille Catala native de Montpellier (Photo : Thibault Simonnet)
Finale un peu particulière pour Camille Catala native de Montpellier (Photo : Thibault Simonnet)
Montpellier part favori dans cette finale ?
Oui. Montpellier, c'est une grande équipe du foot féminin avec un grand palmarès dans la compétition. Elles ont été finalistes l'année dernière et sont deuxièmes avec l'objectif de décrocher la Champion's League. Mais le foot ne s'arrête pas à la feuille de match et dans une finale tout est possible. On va jouer avec toute notre gnac et notre envie de gagner.

Vous vous plaisez dans ce rôle d'outsider ?
Oui, c'est sûrement une position plus facile au niveau de la pression. On a gagné 1-0 à Montpellier, elles nous ont battues 1-0 chez nous. C'est un super clin d'œil de les retrouver à ce niveau-là de la compétition.

Vous êtes les seules, avec Lyon, à avoir battu Montpellier à domicile cette saison. Avez-vous les clés pour les battre ?

Montpellier reste une super équipe qui s'appuie sur de grosses individualités. Il y a du danger partout. Quand on avait gagné, c'était grâce à un gros bloc défensif et notre agressivité dans le bon sens du terme. Ce sont les clés pour battre Montpellier car si on n'est pas présentes défensivement, ça risque d'être très compliqué.

Comment jugez-vous les Montpelliéraines. Elles sont au-dessus ?
Sur une saison, elles sont au dessus de nous mais sur un match, on a le droit d'y croire, de rêver. Ca reste du foot surtout qu'on a aussi nos qualités : on est solidaires, collectives et on possède une bonne ambiance. On ne redoute pas spécialement Montpellier, on sait que c'est un joli défi mais on ne doute pas.

Montpellier a été quatre fois finaliste lors des cinq dernières finales. C'est une équipe qui a l'habitude de ce genre de rendez-vous contrairement à l'ASSE.

C'est sûr que l'expérience n'est pas de notre côté. On a un groupe super jeune mais beaucoup ont vécu des sélections jeunes en équipe de France et de grands rendez-vous. La jeunesse a ses bons et ses mauvais côtés, on peut compenser ce manque d'expérience par plein d'autre choses.

« J'ai des copains qui montent à Poitiers et qui doutent de l'équipe à supporter»

C'est un grand moment pour l'ASSE et pour vous, est-ce le match le plus important de votre jeune carrière ?
Il y a eu beaucoup de grands moments dans mes années foot déjà avec les sélections notamment ce titre de championne d'Europe. Mais il est certain qu'on ne jouera pas une finale de Coupe de France toutes les années. Donc frisson garanti pour samedi, c'est vraiment un match super important.

Vous êtes née à Montpellier, ce sera un match particulier pour vous.

Pas de doute, je serais présente samedi mais j'ai des copains qui montent à Poitiers et qui doutent de l'équipe à supporter.

Vous venez aussi d'être présélectionnée dans la liste des 30 de Bruno Bini pour le Mondial
Je l'ai appris à l'entraînement, ce fut encore une grosse surprise. C'est super ! Ça fait plaisir d'être dans ce liste mais je suis vraiment concentrée sur la finale avant de penser à cette présélection.

Vous n'y pensez pas ?
Je voulais d'abord faire une saison pleine avec mon club,la sélection n'était vraiment pas dans un coin de ma tête. Malgré tout, je suis contente d'avoir été dans la liste des 36 puis des 30, j'essaye de me faire plaisir avant tout.

Recueillis par Thibault Simonnet pour footofeminin.fr

Vendredi 20 Mai 2011
Thibault Simonnet

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