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Coupe de France - SAINT-MALO - JUVISY : réactions d'après match

Au terme d’un match dominé et maîtrisé dans sa globalité, la logique a été respectée et le FCF Juvisy se qualifie pour les huitièmes de finale de coupe de France, éliminant la modeste équipe de l'US Saint-Malo, qui n’aura cependant jamais abdiqué jusqu’au coup de sifflet final.



Coupe de France - SAINT-MALO - JUVISY : réactions d'après match
Pas de surprise du côté du Stade de Marville en Bretagne cet après-midi. Les hostilités ont commencé après seulement trois minutes de jeu, dans cette confrontation inédite entre l’US Saint-Malo, équipe de division d’honneur, et Juvisy, pensionnaire du haut de tableau en D1 Féminine, lorsque Gaëtane Thiney tentait une première offensive, conclue par une frappe bien repoussé par la gardienne malouine. Cette même Gaëtane, qui vint inscrire le premier but de Juvisy après seulement 12 minutes de jeu. Le premier d’une longue série pour l’attaquante phare internationale Juvisienne. Malgré une belle résistance démontrée par Saint-Malo au cours de la première période, la différence de niveau a été très clairement apparente. Logiquement, Juvisy a monopolisé le ballon et maîtrisé l’adversaire du jour de la meilleure des manières, se créant de très nombreuses occasions (conclues en buts, avec un score de 0-3 à la mi-temps et des buts de Thiney et Inès Dahou).
Quelques minutes après le coup d’envoi de la seconde période, Gaëtane Thiney enfonce le clou et y va de son triplé (0-4). Les buts se sont enchaînés et la partie a malheureusement tourné à la correction pour les protégées de Fabrice Garin au cours du second acte, qui ont encaissé un cinquième but à la 60ème, but inscrit par Camille Catala. Les 6e et 7e réalisations sont l’œuvre de Charlotte Fernandes, la jeune et prometteuse attaquante qui vient tout juste de fêter ses 20 ans et qui y va également de son doublé. Fin du match sur le score prolifique de 0-7, Saint-Malo aura craqué en seconde période, mais l’issue du match paraît logique tant les joueuses de Sandrine Mathivet ont dominé leur sujet en ce dimanche après-midi, un adversaire respecté par l’ensemble du collectif de Juvisy.
Encore une fois, malgré la belle résistance montrée par les Malouines en première période et l’investissement de leur très bonne gardienne, Mélanie Anger, la logique a été respectée et Juvisy se qualifie donc pour les huitièmes de finale de cette coupe de France.

Par Benjamin Roux

Amélie Coquet (milieu de terrain, Juvisy) :
« On jouait cet après-midi face à une équipe de DH donc, à priori, un match pas trop difficile à jouer. Nous avons joué sur un terrain correct, un petit peu abîmé cependant, donc nous avons eu un petit peu de mal à nous mettre dedans. Une fois que nous avons réussi à inscrire le premier but, les choses sont allées très vite et tout est allé pour le mieux ! 0-7 score final, c’est un petit peu moins que la dernière fois face à une équipe de même niveau, mais c’est tout de même une belle performance qui nous permet de nous qualifier, et c’est le plus important. Les consignes de notre coach étaient très claires dès le début du match : il ne fallait pas prendre cette rencontre à la légère face à une équipe de niveau inférieur. Elle nous avait dit de bien rester contrées, sérieuses dans le développement et la construction du jeu. Ça a été difficile au départ, car il n’est jamais facile de jouer face à une équipe de niveau inférieur, on a toujours une pression supplémentaire face à un outsider qui n’a rien à perdre. Au bout d’un moment, on relâche toujours un petit peu la concentration et la rigueur, parce que c’est un match plus facile à jouer que d’habitude en D1 ou en ligue des champions. Humilité et rigueur étaient les deux maîtres-mots du jour, nous les avons, à mon sens, bien respecté. Cette saison, nous jouons sur trois tableaux différents, en championnat, coupe de France, et ligue des champions, donc il est évident que nous aurons du mal à jouer à fond à tous les niveaux, notamment en D1 où nous sommes un petit peu distancées au classement. La coupe de France reste un élément important à ne pas négliger, car si nous n’arrivons pas à nous qualifier en ligue des champions, c’est une compétition que l’on peut jouer chaque année, et nous essaierons toujours d’aller le plus loin possible dans tous les cas ».

Charlotte Fernandes (attaquante Juvisy et double buteuse du jour)
« C’était un match pas si simple que ça à jouer, sur un terrain difficile. Pour ma part, cela faisait longtemps que je n’avais pas joué un match entier avec l’équipe première. Nous avons réussi à marquer assez rapidement et, malgré le fait que notre adversaire n’a rien lâché, nous avons conclu cette rencontre sur une bonne performance. Durant la causerie d’avant-match, notre entraîneuse nous avait dit de ne surtout pas prendre l’adversaire du jour à la légère et d’être très sérieuses face à une équipe qui pouvait nous poser des problèmes, nous étions vraiment prévenues. Malgré tout, nous savions que nous étions supérieures, et il nous a fallu jouer comme d’habitude, au même niveau qu’en D1, comme par exemple face à Lyon qui est notre match référence (défaite 2-0 à Gerland, ndlr). Marquer ces deux buts, c’est une satisfaction personnelle pour moi, ça me fait extrêmement plaisir, surtout que je ne jouais pas à mon poste de prédilection aujourd’hui, car j’ai évolué en numéro 9. C’est très positif pour la suite, surtout que je n’ai pas beaucoup l’occasion de jouer en D1 cette saison. La coupe de France, c’est une compétition à part entière, un trophée à remporter. C’est un objectif pour le club, qui a été fixé en début de saison, et nous espérons aller le plus loin possible … Et la gagner, pourquoi pas, nous sommes très déterminées ! ».

« Ce type de match est un peu une course contre la montre »

Mélanie Daunas (milieu de terrain, Saint-Malo) :
« Ce que je craignais le plus et qui est malheureusement arrivé, c’est que nous prenons un but rapidement dans le match. En coupe de France, une équipe de DH qui rencontre une équipe de D1, c’est un peu une course contre la montre, il faut absolument retarder l’échéance du premier but au maximum. Il y a vraiment un gouffre, nous étions prévenues, mais ça s’est ressenti sur ce match. Nous avons beaucoup couru, fait énormément d’efforts dans le placement, et on a très peu touché le ballon. Cependant, nous nous sommes bien battues, et je suis tout de même satisfaite de notre match aujourd’hui. Ça a permis au club d’attirer beaucoup de monde, l’affluence était forte au Stade en ce dimanche après-midi. Je ne sais pas exactement combien de personnes étaient présentes aujourd’hui, mais il est certain que nous avons fait stade comble ! Plus de 400 entrées payantes, et énormément de monde. Pour nous, il était très important d’avoir cet appui du public qui a répondu présent. Comme je vous le disais, même si cela a été dur pour nous, la rencontre s’est déroulée dans un bon état d’esprit des deux côtés, Juvisy nous a bien respecté en alignant sa meilleure équipe, même les internationales françaises qui avaient joué mercredi à l’occasion du match amical France – Allemagne. C’était sympa, mais je trouve dommage qu’on en ait pris sept. A la mi-temps, le score était de 0-3, alors même si on continuait à se battre, c’était difficile. L’objectif était d’en prendre un minimum tout en essayant d’aller marquer un ou plusieurs buts. Nous avons eu du mal à les mettre en danger, un ou deux corners qui nous ont permis de nous créer une occasion en début de match, mais très franchement, physiquement, c’était très difficile, surtout en seconde période où la fatigue a commencé à se faire sentir. Ce n’est pas le même niveau, les joueuses de Juvisy s’entrainent tous les jours et nous, nous nous entrainons une à deux fois par semaine, un petit peu quand on a le temps, ce n’est pas du tout le même rythme.

Elles nous ont respectées, c’est le principal. Je connais un peu Charlotte Fernandes, avec qui j’ai eu l’occasion de jouer en sélection, elle me disait : « Oui, vous avez une belle équipe, je ne vois pas ce que vous faites en DH ! Vous méritez beaucoup mieux ! ». Même si nous avons raté la montée de peu l’année dernière, nous n’abdiquerons pas et continuerons à nous battre jusqu’au bout. Je ne vous cache pas que, venant d’une joueuse de Juvisy, ça fait toujours plaisir et c’est très motivant. Je ne retiens vraiment que du positif de cette opposition aujourd’hui. Nous sommes satisfaites de notre parcours en coupe de France, notre entraîneur a d’ailleurs insisté là-dessus à la fin du match en nous disant qu’il était fier de nous et de ce que nous avons réussi à faire. Il ne faut pas oublier que, jusqu’à présent, nous avons battues Brétigny (qui nous avait battu en championnat, et Angers (pensionnaire de D2) … Donc je dirai que nous avons fait un beau parcours en coupe de France cette année. Nous garderons toutes un très bon souvenir de cette partie ».

« Nous avons réussi à livrer un bon match et une belle bataille »

Fabrice Garin (entraîneur Saint-Malo) :
« Il n’y a pas eu photo dans le match. On avait bon espoir que Juvisy prenne ce match un petit peu à la légère, ce qui n’a pas été du tout le cas, puisque la coach de Juvisy a aligné ses internationales dès le début du match. Elles ont affiché une composition d’équipe se rapprochant fortement de leur équipe-type habituelle. On voyait bien qu’elles étaient très motivées et bien préparées. Nous prenons un but assez rapidement, malheureusement, avec cette frappe de Gaëtane Thiney en tout début de partie. Nous avons réussi à nous créer quelques occasions par la suite, avec plusieurs situations de buts. Derrière, on prend un deuxième but à la 20ème et tout s’est enchaîné. Je dirai que nous sommes restés cohérents par rapport à notre objectif de début de match, et avons livrés une prestation courageuse. On est resté solidaire, mais il y avait vraiment une classe d’écart entre les deux équipes aujourd’hui, il faut bien le souligner. A la mi-temps, je dis à mes joueuses qu’il y a encore moyen de faire quelque chose, qu’elles continuent à se battre avec la même envie qu’en début de match. Nous avons aussi réglé, avec le staff technique, les détails de positionnement notamment avec le placement de Camille Catala. Il n’y avait pas grand-chose à faire. Physiquement, elles étaient bien plus prêtes que nous, mais c’était tout de même une très belle après-midi pour nous et pour le club. Nous avons fait un beau parcours en coupe de France, et je m’en félicite ».

Dimanche 17 Février 2013
Sebastien Duret


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