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#D1Arkema - Sébastien JOSEPH (Soyaux) : « On veut aller chercher cette barre de 28 points »

À la tête de l’équipe première de l’ASJ Soyaux depuis l’été 2017, Sébastien Joseph s’est longuement confié à notre micro en marge de la défaite de son équipe sur le terrain du Paris FC samedi à Bondoufle (0-1). Point sur la saison des Charentaises, ambitions, évolution du club ou encore mercato hivernal, le coach sojaldicien a abordé tous les sujets.



Pour commencer, votre sentiment après cette défaite face au Paris FC ?
Il y a un sentiment partagé. À la fois frustré et énervé parce d’un côté, on n’a pas fait le contenu nécessaire pour pouvoir espérer gagner ce match. On a fait trop d'erreurs et d'imprécisions pour les empêcher de marquer mais aussi de finir les actions. On a été dangereux vers la fin quand on s'est réveillé. Mais sinon il n'y a pas eu grand-chose.

Après, je suis énervé aussi car ça fait plusieurs matchs où l'on a des arbitres qui débutent en D1, toujours sur nos matchs. Au bout d’un moment, on n'est pas le centre d'expérimentation de la Fédération. Ça commence à agacer, aussi bien nous que les joueuses car il y a trop d'erreurs d'arbitrage. Là, ça a été dans les deux sens mais souvent en notre défaveur, les cartons c’est n’importe quoi... Ça crée beaucoup de tension et d'énervement des deux côtés. Ça peut arriver une fois qu'on ait une nouvelle arbitre mais pas tous les week-ends. Au bout d’un moment, c’est chiant.

Avant la rencontre, vous disiez vouloir venir chercher un résultat à Paris. À quel point ce revers est préjudiciable pour la suite ?
Un résultat aurait été important car on arrive sur les matchs retours. Déjà, dans le cadre du goal average direct, on avait fait match nul à l’aller donc ça aurait permis de se positionner devant en cas d’égalité de points. Et puis on avait eu un match aller aussi frustrant où l’on avait eu sans doute plus d’opportunités pour l’emporter.

On n’a pas fait cette fois le match qu’il fallait pour gagner. Mais on n’a pas eu en face de nous non plus une équipe qui a montré beaucoup de choses pour l’emporter. Ils ont fait preuve d’un peu plus de réalisme et ça a suffi sur ce coup. Donc c’est surtout cela qui est énervant car sur les matchs retours, s’il on veut se positionner sur des classements intéressants en D1, ça passe par des résultats dans ce genre de rencontres. On prend les points contre les équipes de bas de tableau, c’est une bonne chose. Maintenant, s’il on veut prétendre à plus, il faut aussi savoir prendre des points face aux équipes du milieu de tableau car c’est notre objectif.

"On se doit de faire plus"

Vous passez en deux matchs à l’extérieur d’un succès probant contre Dijon (4-1) à cette défaite. Comment expliquer un tel gap entre ces deux rencontres ?
Sur ce match, on a trop défendu en reculant, on a manqué d’agressivité. C’est sur ces points où nous avions fait bonne figure la semaine dernière à Dijon. À mon sens, on a manqué d’ambition. On s’est peut-être inconsciemment reposés sur ces derniers bons matchs en pensant que ça allait suffire. Mais comme je l’ai dit à l’instant, il faut mettre plus dans un contenu de match pour espérer avoir des résultats, chose qu’on faisait ces derniers temps et que l’on a moins fait sur cette rencontre. La semaine dernière, Dijon n’avait pas fait non plus un grand match de son côté comme nous contre le Paris FC.

Actuellement Soyaux est septième au classement et a su faire la différence face aux concurrents de bas de tableau. Quel bilan tirez-vous de la saison jusqu’à présent ?
Pour l’instant, on est dans nos objectifs. On a un match en retard sur tout le monde donc il sera important de gagner cette rencontre. On veut aller chercher cette barre de 28 points. Il nous reste 12 points à prendre, c’est largement faisable. Mais pour que ce soit réalisable, ça passe par des contenus meilleurs que sur ce match. Ça passe aussi par plus d’ambition dans le jeu car ce que l’on a produit face au Paris FC ne sera pas suffisant pour aller chercher cela. On n’est pas inquiets par rapport au maintien mais comme je le dis depuis le départ, ce n’est pas ce qu’on ambitionne. On se doit de faire plus.

"C’est intéressant d’être aussi performant en Coupe"

(photo FCGB)
(photo FCGB)
L’idée est de répéter le parcours de ces deux dernières saisons en allant chercher cette 5e-6e place et cette première partie de tableau ?
Oui, on a réussi à le faire ces deux dernières années. Il y a aussi une motivation de rester dans ce classement-là. Chaque année, la D1 progresse et à partir du moment où l’on parvient à se maintenir sur ce niveau d’exigence, c’est que l’équipe progresse aussi. On est en plus encore engagé en Coupe de France avec la réception de Guingamp la semaine prochaine. On a à cœur aussi de bien figurer dans cette compétition tout en gardant du rythme pour enchaîner les matchs. C’est motivant pour tout le groupe donc on va essayer d’atteindre le meilleur classement possible en championnat et de faire le meilleur parcours en Coupe.

Sur cette Coupe de France, il n’y a pas la peur de perdre de l’énergie en vue du championnat ou on se dit qu’elle va permettre de garder du rythme dans ce calendrier assez étalé ?
On n’est pas inquiets sur le fait de perdre de l’énergie. Actuellement, on a un effectif qui est suffisant pour pouvoir lier les deux compétitions. On joue qu’un match par semaine, ce n’est pas non plus insurmontable. C’est intéressant justement car ça donne du rythme. Et puis, quand on est compétiteur ou compétitrice comme les joueuses, elles ce qu’elles aiment c’est jouer sur le terrain tous les week-ends.

On pourrait se dire qu’on perd de l’énergie ou qu’on focalise notre attention sur deux objectifs, ce qui serait compliqué si on jouait le maintien. Mais là en l’occurrence, ce n’est pas le cas. Donc je pense que dans les équipes de milieu de tableau comme nous, c’est intéressant d’être aussi performant en Coupe.

"Il n’y aura pas de points retirés et ça restera un épiphénomène"

Pour élargir un peu, on est actuellement en plein mercato d’hiver. Y’a-t-il une volonté de renforcer cet effectif ?
Non, je ne vois pas trop l’intérêt de ce mercato d’hiver. C’est devenu un phénomène de foire, de transactions de joueurs et de joueuses. Si on est une équipe relégable et qu’on cherche à se renforcer, je veux bien. Si on a eu un effectif un peu juste, pourquoi pas. Si on a eu des blessures qui sont arrivées et qu’on cherche à pallier le manque comme ce fut le cas avec Däbritz au PSG, ce sont des choses que je peux comprendre.

Nous, on a 23 joueuses avec tout le monde à disposition. On n’est pas je dirais en danger au niveau du classement. Donc je ne vois pas l’intérêt de recruter. Pour faire quoi ? Pour amener quoi ? On a un groupe qui vit bien, qui a malgré tout des bons résultats. Donc amener une concurrence supplémentaire et peut être casser quelque chose dans un groupe, je n’en vois franchement pas l’intérêt à cette période de l’année. Nous à partir du moment où toutes les joueuses sont aptes, c’est suffisant.

Par rapport à Soyaux, il y a eu récemment cette décision de la DNCG avec ce retrait de trois points. Le club a fait appel. Est-ce que cette nouvelle a affecté le groupe, avec ce risque de voir l’équipe reculer au classement ?
C’est une décision qui était suspensive. Les trois points n’ont jamais été retirés en soi, en tout cas je n’ai pas vu un classement avec cette modification. Partant de là, je pense que la meilleure des réactions est celle que l’on a montré à Dijon. C’est de l’histoire ancienne, du buzz. On le sait, ça dure 10-15 jours, il y a eu appel. Il n’y aura pas de points retirés et ça restera un épiphénomène sur une saison.

Après nous, ce que cela a provoqué au niveau du groupe ou la réaction que l’on aurait pu craindre, on a montré sur le terrain à Dijon que cela ne nous avait absolument pas affecté. Comme je disais aux joueuses, points retirés ou non, il nous en manque encore pour aller se maintenir. Et si on atteint notre objectif de 28, même si on nous retire 2-3 ou 8 points, on se maintiendra quand même.

"Le club va évoluer la saison prochaine sous une SAS"

En restant sur le club, il y a aussi eu cette fusion avortée à l’intersaison dernière. Où en est l’ASJ Soyaux aujourd’hui à ce niveau ?
La fusion a été annulée à l’issue de la saison dernière. Il n’y aura pas de fusion avec Angoulême. Je pense de toute manière que c’est mieux comme ça sur l’aspect sportif et économique des deux clubs. Nous dans tous les cas, le club va évoluer la saison prochaine sous une SAS, c’est-à-dire la création d’une société qui aurait dû se faire la saison dernière dans le cadre de la fusion.

Après, à partir du moment où elle ne se faisait pas, il fallait prendre du temps pour reconstruire les choses et le faire. Ce sera le cas la saison prochaine pour la D1 de Soyaux et ce sera une très bonne chose. Il y aura toujours le côté associatif qui gèrera des U6 jusqu’à la R1 et la SAS qui gèrera la D1, ce qui va lui permettre de se développer économiquement, commercialement et du coup continuer son développement sportif.

Pour terminer, sur vous et votre aventure à Soyaux qui dure depuis deux ans et demi. Comment voyez-vous aujourd’hui votre avenir au club ?
J’avais un contrat de deux ans à Soyaux, que l’on a renouvelé la saison dernière pour deux ans. Après le projet sportif que l’on avait inscrit était justement sur quatre ans. On a développé beaucoup de choses que ce soit notamment sur la professionnalisation de l’équipe, sur le développement de certains moyens humains et techniques, avec une politique technique différente qui a été mise en place avec la formation que l’on continue à faire évoluer. On a encore des axes d’amélioration sur entre autres le développement du staff autour de l’équipe première, sur les infrastructures d’entraînement. Ce sont des choses sur lesquelles on travaille déjà pour la saison prochaine.

Daniel Marques

Mardi 28 Janvier 2020
Daniel Marques

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