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#D1F - Le prêt, la nouvelle option séduisante du mercato

Depuis cette saison en D1, les joueuses disposant d'un contrat fédéral (plus de 150) peuvent être mutées temporairement (= prêtées) dans un autre club de l'élite en cours de saison. Une mesure qui était attendue et qui peut faire les affaires de tous les clubs de l'élite, qu'ils soient plutôt prêteurs ou à la recherche de renforts, ou de joueuses en manque de temps de jeu (ou autre raison).



Lindsey Thomas prêtée par Montpellier jouera la deuxième partie de saison à Bordeaux (photo MHSC)
Lindsey Thomas prêtée par Montpellier jouera la deuxième partie de saison à Bordeaux (photo MHSC)
Si l'année dernière, le mercato hivernal avait été agité, c'était particulièrement par l'arrivée de joueuses étrangères de dimension internationale dans le championnat, et en particulier du côté de Lyon et de Paris. Cette année, il pourrait de nouveau animer les semaines menant au 31 janvier, date limite pour l'inscription des contrats fédéraux, mais pour une raison différente (même si de nouveaux grands noms vont probablement rejoindre le championnat) puisque la possibilité de prêt de joueuses entre deux clubs de D1 pourrait être la solution choisie par plusieurs clubs pour se renforcer ou pour des joueuses pour se (re)lancer.

Une mesure qui ouvre des possibilités

La possibilité de mutation temporaire de joueuses entre clubs d'une même division est positive à plusieurs niveaux. Pour des clubs ayant besoin de résultats rapides, il est plus facile de recruter une joueuse ayant déjà de l'expérience en D1 plutôt -par exemple- que de tenter le pari d'une joueuse étrangère dont l'adaptation au club, au championnat, ou la possible barrière de la langue peuvent être des obstacles. Cela peut également permettre à des clubs pour lesquels recruter n'est pas financièrement aisé à se renforcer de manière significative. Si cette mesure peut également permettre à certains clubs de donner du temps de jeu à plusieurs de ses joueuses qui en manquent tout en restant dans l'élite, et ainsi de leur permettre de se mettre potentiellement en valeur, ce sont plutôt ces dernières qui ont tout à gagner de cette possibilité de mutation temporaire.

Pour elles, l'enjeu est de se lancer ou relancer, et pour une partie non négligeable des candidates les plus évidentes, de gagner la possibilité de rejoindre l'équipe de France. Si les sélectionneurs français de ces dernières années ont préféré accorder leur confiance aux clubs du « top 4 », Corinne Diacre, nommée après l'Euro, a déclaré donner la priorité aux joueuses ayant du temps de jeu, sans distinction de club, et a mis en application ses propos à quelques exceptions près. Pour les joueuses en manque de temps de jeu qui veulent disputer la Coupe du monde 2019 à la maison, cette nouvelle règle est donc d'autant plus importante qu'elle peut leur apporter une exposition supérieure en seconde partie de saison, une période qui devrait se révéler importante dans la construction du groupe des Bleues et alors que les essais seront moins nombreux selon Diacre.

Qui après Thomas et Lavogez ?

La première mutée temporaire de l'hiver est Lindsey Thomas, une candidate logique qui avait déjà fait l'objet d'un prêt en Suisse (Bâle) en 2015-2016. Sa seconde partie de saison 2016-2017 l'avait rapprochée de l'équipe de France, mais son temps de jeu était quasiment inexistant depuis le début de saison. En rejoignant Bordeaux, la Montpelliéraine va pouvoir se relancer au sein d'une équipe ambitieuse qui a réalisé un bon début de saison mais perdu son attaquante brésilienne Carol Rodrigues sur blessure. On se souvient également que l'année dernière, le club girondin avait recruté la jeune espoir montpelliéraine Emelyne Laurent, qui avait joué un rôle primordial dans le maintien du club en fin de saison. La jeune attaquante est d'ailleurs une autre candidate à une mutation temporaire, et un retour à Bordeaux aurait pu avoir du sens.

Les candidates les plus nombreuses -avec le Mondial en vue- sont logiquement du côté de Lyon, qui dispose d'un large effectif de très haut niveau. Romane Bruneau, Kenza Dali, Kheira Hamraoui -qui devrait voir son temps de jeu chuter avec l'arrivée d'Henry-, Mylaine Tarrieu (et donc Emelyne Laurent) seraient des renforts de choix pour de nombreuses équipes de D1, et suivraient ainsi les pas de Claire Lavogez, dont le prêt a déjà été annoncé, et qui va donc avoir l'opportunité de jouer après avoir manqué la première partie de saison pour cause de blessure. Mais ces joueuses ne sont pas les seules candidates. Du côté de Montpellier, une joueuse comme Marie-Charlotte Léger aurait certainement intérêt à se relancer hors de l'Hérault, tout comme Perle Morroni ou Lina Boussaha du côté du PSG, ou Hawa Cissoko du côté de la lanterne rouge, l'OM. En tout, ce sont près de quarante joueuses qui, pour des raisons diverses, pourraient avoir envie de porter d'autres couleurs pour la seconde partie de saison. Attention toutefois à ne pas dépasser la limite de quatre joueuses prêtées -le PSG a déjà prêté Sana Daoudi et Anissa Lahmari cet été, Montpellier Marine Haupais et Lindsey Thomas- ou de trois joueuses en prêt, comme l'indique le Statut de la Joueuse Fédérale.

Près de 160 joueuses de D1 disposent d'un contrat fédéral cette saison. Si la part des possibles candidates à une mutation temporaire est bien moins importante, il est de l'intérêt de plusieurs clubs et joueuses à mettre en pratique cette nouvelle mesure cet hiver. Un club tel que l'OM, 4e de l'exercice précédent mais bon dernier à quelques jours de la fin de la phase aller, sans aucune victoire au compteur, aurait certainment intérêt à se pencher sur la question. On saura au cours des prochaines semaines si cette nouvelle mesure fait recette auprès des clubs de l'élite, mais sur le papier, elle est intéressante à plus d'un titre.

Article 1.5 du Statut de la Joueuse Fédérale

Les clubs de D1 peuvent muter à titre temporaire quatre joueuses maximum dans la même saison. Les clubs de D1 ou de D2 ne peuvent accueillir, au maximum, que trois joueuses mutées à titre temporaire dans la même saison.
Les mutations temporaires des joueuses sous contrat fédéral sont effectuées pour une saison éventuellement renouvelable. La mutation temporaire peut être réalisée uniquement si la joueuse est majeure.

Jeudi 7 Décembre 2017
Charlotte Vincelot

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