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FRANCE - NORVEGE : Les Bleues ont commencé le travail avec les jambes, et l’ont fini avec la tête

Si l’équipe de France a réussi à arracher un deuxième succès de suite dans cette coupe du monde, elle le doit plus à son état d’esprit guerrier qu’à son talent naturel. C’est ce qui a fait la différence face à une Norvège rugueuse, dans un match à rebondissements, veulent croire les Bleues.



La joie exprimée par Eugénie Le Sommer (photo Eric Baledent/FOF)
La joie exprimée par Eugénie Le Sommer (photo Eric Baledent/FOF)
Elles ont fini le match comme elles l’ont joué : ensemble. On ne sait pas ce que leur disait Corinne Diacre, accroupie au centre du cercle formé par les joueuses et le staff au bord du terrain, mais cette image, captée quelques instants après le coup de sifflet final du match entre la France et la Norvège (2-1), était un beau symbole de la solidarité qui a animé les tricolores lors de ce deuxième match de poule.

« Corinne Diacre nous a dit de rester calme »

« C’était une partie physique, sur le plan athlétique c’était engagé, on a fait le nécessaire, on a montré qu’on pouvait être aussi solide que les équipes Nordiques, on ressort vainqueurs de ce match, c’est ce qui importe le plus », disait Griedge Mbock, infranchissable ce soir, qui opinait du chef lorsqu’on lui demandait si cette victoire s’était jouée au mental. « A la pause, la coach nous a dit de rester calme, qu’il fallait alterner les temps forts et les temps faibles, et que ça allait se débloquer ».

Un conseil qu’elles ont suivi à raison, car après une première période déjà très animée, où tout est allé « à mille à l’heure » comme le racontait Wendie Renard, les Bleues ont dû gérer leurs émotions en seconde. Après la joie, sur le but de Valérie Gauvin (46e), s’est rajoutée la stupeur, sur l’énorme erreur de Renard qui a permis à la Norvège d’égaliser (54e). Mais Valérie Gauvin a rappelé la valeur collective de l'équipe : "Il faut s'entraider dans les moments difficiles". La délivrance est arrivée lorsqu’Eugénie Le Sommer a converti le penalty à la 72e minute.

« C’est ensemble ou rien »

Elise Bussaglia et Sarah Bouhaddi (photo Eric Baledent)
Elise Bussaglia et Sarah Bouhaddi (photo Eric Baledent)
« Après le but de Wendie, il n’y a pas eu de panique, a débriefé Amandine Henry en zone mixte à la fin de cette folle partie. On s’est dit qu’on allait marquer le deuxième, ce n’était pas grave ». Et elles ont eu de nouveau raison. « Quand on joue dans une équipe comme ça, personne peut lâcher parce que c’est ensemble ou rien », a poursuivi Henry, quand Charlotte Bilbault, qui est entrée en cours de match, disait de son côté : « Que ce soit les filles qui commencent ou celles qui sont sur le banc, on encourage tout le monde, on essaye de faire de notre mieux ».

« On le dit depuis le début, on est soudées, a rappelé Mbock. On est là les unes pour les autres, c’est ce qui importe le plus, maintenant on espère que ça va continuer comme ça ». Il n’y aurait pas de raison que cette « grinta », prônée par Corinne Diacre depuis sa nomination, disparaisse du jour au lendemain : « Ça va peut-être être un déclic dans cette compétition, parce que là on a rien lâché, on était solidaires jusqu’au bout, a même glissé la capitaine tricolore. Même à la 92e il y avait encore des tacles pour défendre, ça fait plaisir ».

Et Henry de rappeler l’importance du public, dans un stade à nouveau à guichets fermés : « il a été extraordinaire, parce qu’on était très fatiguées, et entendre les supporters nous pousser, ça ne nous donnait pas le droit de lâcher, heureusement qu’on les avait ». Et c’est le chaud public breton qui reprendra le flambeau, lundi soir au Roazhon Park. Il en faudra pour porter ces Bleues qui l’ont dit haut et fort : elles ont bien l’intention d’aller chercher cette première place, face au Nigeria.

Vendredi 14 Juin 2019
Vincent Roussel/Sylvain Jamet

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