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Marie-Laure Delie : « Le défi de l'année »

La jeune avant-centre de Montpellier (22 ans) va disputer, dimanche sa deuxième finale consécutive du Challenge de France. Originaire de Paris, elle va affronter son ancienne équipe pour les 40 ans du foot féminin. Cette finale peut permettre de sauver la saison de Montpellier qui ne peut plus se qualifier pour la Ligue des Champions.



Vous étiez devant la téle hier ?
Oui bien sûr

Et qu'avez-vous pensé de la finale ?
Dans l'ensemble, j'ai trouvé que Potsdam méritait sa victoire, elles ont eu plus d'occasions franches que Lyon. Mais après j'étais dégoûté que le match se termine de cette façon, car l'OL est un club français et cela aurait été mieux que Lyon gagne cette Ligue des Champions, mais on ne peut rien changer...

Qu'est-ce qui leur a manqué ?
Elle n'ont pas su concrétiser leurs occasions même si elles n'en ont pas eu beaucoup. Elles auraient dû être plus en mouvement offensivement, je pense qu'elles ont joué trop souvent arrêtées face à la défense allemande.

« On s'est beaucoup fait tirer les oreilles »

Marie-Laure Delie : « Le défi de l'année »
Ce dimanche, c'est la finale du Challenge de France face au PSG. Qu'est-ce que vous ressentez ?
On est motivé, c'est la moindre des choses, si on n'est pas motivé pour une finale, on ne le sera jamais. Maintenant on a à cœur de montrer que Montpellier est toujours à craindre. Ce n'est pas pas parce qu'on a fait des erreurs ou qu'on a pas produit le meilleur jeu qu'on n'est plus un grand club.

Comment abordez-vous ce match ?
Par rapport au président et au club, on se doit de faire un gros match car on s'est beaucoup fait tirer les oreilles. On a pas fait de bons résultats et en plus on n'a pas produit beaucoup de jeu.

Quand vous dîtes cela, vous pensez au dernier match à domicile contre Nord Allier (défaite 1-0) ?
Oui mais je pense aussi à Hénin (ndlr :défaite 2-1) ou encore la grosse raclée qu'on a pris à Lyon (ndlr : défaite 5-0). Ça fait mal et cela touche tout le club pas seulement les joueuses.

Trois défaites sur les cinq derniers matchs, c'est cette terrible élimination face à Umea, alors que vous meniez 2-0 à la 88e, qui a cassé la dynamique ?
C'est sûr qu'à partir du moment où on a été éliminé, on a baissé de régime, mais je pense que c'est aussi dû à la fatigue car ça fait onze mois qu'on est sur les terrains. On a repris un mois avant tout le monde pour préparer le tour préliminaire de la Champion's League, on a pas eu beaucoup de répit. Pour ma part, je sais que depuis Noël, je n'ai pas eu un week-end de libre entre les sélections, les matchs de championnat. C'est dur d'enchaîner.

Delie en finale comme l'an passé (photos : Eric Baledent)
Delie en finale comme l'an passé (photos : Eric Baledent)
Malgré tout Montpellier peut remporter un deuxième succès consécutif...
C'est la seule chose que l'on peut gagner maintenant car on ne peut plus se qualifier pour la Ligue des Champions. C'est le défi de l'année.

C'est le match qui peut sauver votre saison ?

C'est exactement ça, même si, cette saison, on a fait un bon parcours en Ligue des Champions, les gens ont oublié parce qu'on a fait des mauvais résultats. C'est le dernier gros match de la saison après on n'aura plus rien à jouer donc on a vraiment à cœur de gagner surtout que ce sont les 40 ans du foot féminin. Ce serait nickel de l'emporter ce jour là.

Vous avez les ingrédients pour battre Paris puisque vous les aviez battus chez eux (victoire 2-1) ?

On avait été dominées mais on avait su concrétiser nos rares occasions, c'est ce qui avait fait la différence. On avait aussi été solides défensivement donc on va essayer de réitérer cela dimanche tout en essayant d'être moins dominées.

Quelles seront les clés du match ?
Il faudra concrétiser nos actions car les Parisiennes en avaient eu beaucoup contre nous, et elles ne les avait pas mises au fond. La première équipe qui marquera aura un avantage psychologique.

Il va falloir franchir une véritable muraille car le PSG a la meilleure défense du championnat avec seulement sept buts encaissés
Elles se connaissent très très bien derrière, elles ont toutes joué à Clairefontaine et en équipe de France ensemble, si c'est la meilleure défense, ce n'est pas pour rien.

« Bizarre de jouer devant beaucoup de monde »

Ce sera votre « job » de mettre au moins un but...
Ce sera celui de toute l'équipe mais si je peux en mettre un ou deux, ce serait magnifique.

Si vous en mettez deux, vous deviendrez la meilleure buteuse du Challenge de France devant Sidonie Demarle (7 buts)
Je ne sais même pas combien j'en ai mis (ndlr : 6), mais ce serait nickel (rires). Marquer en finale pour les 40 ans du foot féminin, ce serait beau. De plus à Paris, c'est là où il y a toute ma famille. J'espère que je vais y arriver, je vais tout faire pour en tout cas.

Un petit mot sur le contexte de fête qu'il y aura autour de cette finale, qu'est-ce que cela vous inspire ?
Ça me fait plaisir surtout qu'on va être mise à l'honneur puisque c'est le jour de la finale, tout le monde va venir nous regarder. Mais ça va faire bizzare de jouer devant beaucoup de monde. Ce sera un grand jour de fête si on gagne, seulement si on gagne...

Vous sentez que les choses bougent en faveur du foot féminin ?
C'est certain. Les gros clubs commencent à mettre les moyens sur les filles même si ce ne sont pas les même que pour les garçons. C'est ce que l'on espérait et ça se réalise enfin. J'espère que ça va continuer comme ça et que ça ira de mieux en mieux. Après, il faudra gagner des titres en équipe de France, en Champion's League pour que cela bouge encore plus.

Sur un plan personnel, comment jugez-vous votre saison dans laquelle vous avez inscrit 13 buts en 18 matchs de championnat ? Vous êtes contente ?
Je n'ai pas fait une de mes meilleures saisons, c'est peut-être dû à la fatigue. J'ai participé pour la première fois à la Champion's League, j'ai été sélectionné en Equipe de France en plus du championnat et du challenge de France, ça fait peut-être un peu beaucoup. Après je ne suis pas si contente de moi, même si je marque des buts.

C'est l'enchaînement qui est difficile ?
Dans cette fin d'année, cela commence à peser. Toute l'équipe a ce sentiment d'être fatigué, je ne suis pas la seule. On va essayer de donner le maximum pour les matchs qui restent. Je vais essayer de marquer d'autres buts car il reste encore trois matchs de championnat. J'espère que j'en mettrais un dimanche, ce serait parfait.

Vous serez encore montpelliéraine la saison prochaine ?
Si tout va bien, je pense que oui.

Propos recueillis par Thibault Simonnet pour footofeminin.fr

Vendredi 21 Mai 2010
Thibault Simonnet

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