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Bleues - Le bilan joueuse par joueuse

Les Bleues ont disputé 5 matchs dans cette compétition avant de la quitter vendredi dernier en quart de finale. L'occasion de faire le bilan individuel de la prestation des Tricolores



(photo Eric Baledent/FOF)
(photo Eric Baledent/FOF)
Sarah Bouhaddi : moyenne 6
5 matchs - 480 minutes - 4 buts encaissés
> Pas franchement sollicitée face à la Corée du Sud et au Nigéria, elle avait fait le nécessaire lors du match contre la Norvège, capital lors de cette phase de groupe. La gardienne aux 145 sélections a eu beaucoup plus de travail face au Brésil, et si elle ne pouvait rien sur le but de Thaisa, elle a été parfaite le reste du match. Son rôle pour couper les longs ballons de l’adversaire lorsque l’équipe de France jouait haut a permis de soulager un peu sa défense. Mais elle n’a pu éviter à l’équipe de France de couler face aux Américaines.

Marion Torrent : moyenne 4,4
4 matchs - 379 minutes - 0 but - 0 passe
> Son premier Mondial, Marion Torrent s’en souviendra longtemps. Mais peut-être pas en bien, tant la Montpelliéraine a été critiquée. Irréprochable dans son abattage, avec une qualité de centre qui a souvent créé le danger et un apport offensif satisfaisant, elle a toutefois été dépassée en défense. Parfois mal placée, souvent battue dans les duels, sa prestation totalement ratée face aux Etats-Unis n’a pas franchement aidé les Françaises à se rassurer derrière et les adversaires ont su appuyé sur son couloir.

Eve Périsset : moyenne 5,5
3 matchs - 117 minutes - 0 but - 0 passe
> Elle faisait partie de celles qui ont eu leur chance afin de mettre le doute à Corinne Diacre (par rapport à son 11 de départ), en débutant face au Nigéria lors du 3e match de poule. Mais l’expérience n’a pas du tout fonctionné. Comme paralysée par l’enjeu, Perisset n’a jamais permis d’apporter le surnombre en attaque, et malgré quelques bonnes interventions derrière, elle n’a pas été irréprochable défensivement.

(photo Eric Baledent/FOF)
(photo Eric Baledent/FOF)
Griedge Mbock : moyenne 5,7
5 matchs - 480 minutes - 0 but - 0 passe - 1 avertissement
> Son état physique avant la coupe du monde, avec cette blessure au genou gauche, a d’abord interrogé, avant que la sélectionneuse et la principale intéressée affirme qu’elle était à 100%. Et si elle a livré trois premiers matches globalement convaincants, la suite de sa compétition a été beaucoup moins réussie. Perdue au duel et dans le placement, elle a sombré contre le Brésil, et offert le coup franc synonyme de premier but lors du quart face aux Etats-Unis.

Wendie Renard : moyenne 5,2
5 matchs - 480 minutes - 4 buts - 0 passe - 1 avertissement
> Corinne Diacre lui avait retiré le brassard pour que la Lyonnaise se concentre plus en profondeur sur son jeu, mais cela ne lui a réussi qu’à moitié. Meilleure buteuse française de cette coupe du monde (4 réalisations), elle a affiché un visage plus mitigé en défense. Son but contre son camp face à la Norvège a marqué les esprits, si elle a eu quelques lacunes en défense dès que l’adversaire jouait en profondeur, elle a souvent réalisé des interventions autoritaires devant son but.

Amel Majri : moyenne 5,6
5 matchs - 462 minutes - 0 but - 3 passes
> Comme on aurait pu le redouter, sa propension à jouer vers l’avant, à une position où elle est plus habituée à jouer avec l’OL, a fini par jouer des tours à l’Équipe de France. C’est de son côté qu’est venu le deuxième but américain, lors de l’élimination des tricolores. Son entente avec Eugénie Le Sommer permettait de rééquilibrer un peu le jeu côté gauche. Mais cette complicité a totalement disparu en quart.

(photo Frédérique Grando/FOF)
(photo Frédérique Grando/FOF)
Amandine Henry : moyenne 6,3
5 matchs - 480 minutes - 2 buts - 1 passe
> Avec Bouhaddi et Diani, la capitaine de l’équipe de France a été la seule à tenir son rang lors de cette coupe du monde. Présente au duel au milieu de terrain, infatigable lorsqu’il s’agit de gratter des ballons dans les pieds de l’adversaire, son état d’esprit exemplaire a même été récompensé du but de la qualification face au Brésil en huitième. Insuffisant pour emmener les Bleues plus loin.

Elise Bussaglia : moyenne 5,4
4 matchs - 390 minutes - 0 but - 0 passe - 1 avertissement
> Sa qualité de passe et sa couverture au milieu de terrain ont fait des merveilles face à la Corée du Sud. Mais dès que les matches à haute intensité se sont présentés, son manque d’impact et son retard sur quelques actions adverses ont mis en danger la défense des tricolores.

Charlotte Bilbault : moyenne 5
2 matchs - 98 minutes - 0 but - 0 passe
> Elle a été plein d’allant lors du match face au Nigéria, son seul en tant que titulaire lors de ce Mondial. Elle a beaucoup tenté de créer du danger, avec des passes vers l’avant pour prendre à revers la défense des Super Falcons. Avec beaucoup de déchet toutefois. Et elle ne semble pas au niveau pour prendre le relais d’Henry ou Bussaglia lors de grosses affiches comme face aux championnes du monde en titre.

Gaëtane Thiney : moyenne 5,6
5 matchs - 386 minutes - 0 but - 2 passes
> L’une des joueuses dont on a le plus parlé lors de cette coupe du monde. Son manque de vitesse sur le terrain, son jeu parfois à contre-temps qui empêchait les Françaises de progresser plus vite vers l’avant, ses ballons et duels perdus… Tout a été décortiqué sur le jeu de la capitaine du PFC. Mais elle a aussi été la joueuse la plus précieuse et la plus régulière sur coups de pied arrêtés. Et son jeu de déviations et de passes a permis de faire des différences en attaque, malgré tout. Une compétition mitigée où elle a manqué de marquer, peut-être la dernière après une édition 2015 où elle avait manqué le but de la qualif’ en quart face à l’Allemagne.

(photo Eric Baledent)
(photo Eric Baledent)
Eugénie Le Sommer : moyenne 5,4
5 matchs - 410 minutes - 2 buts - 1 passe - 1 avertissement
> Des débuts prometteurs, une fin de compétition traversée comme une fantôme, où celle qui avait l’habitude d’être la pièce maîtresse du jeu offensif de l’équipe nationale a tout raté ou presque. Des centres parfois faciles envoyés en six mètres, des frappes qui n’ont jamais fait trembler les gardiennes adverses… Le tout alors qu’elle n’a pas eu beaucoup d’occasions de se mettre en valeur. Après ses deux premiers matches où elle a fait la différence, elle a disparu, et déçu pour une joueuse pourtant clé de l'équipe.

Kadidiatou Diani : moyenne 6,5
5 matchs - 418 minutes - 0 but - 1 passe
> LA satisfaction de cette coupe du monde pour la France. Décisive, constamment à faire des différences côté droit, précieuse également grâce à son gros volume de jeu, qui lui a permis des retours défensifs qui ont soulagé ses partenaires, elle a aimanté le jeu de sa sélection côté droit, et rayonné, y compris face aux Etats-Unis où Dunn a vécu un enfer. Ne lui a manqué qu’un but, signe qu’elle a parfois été trop altruiste.

Viviane Asseyi : moyenne 5,3
3 matchs - 179 minutes - 0 but - 0 passe
> Dans l’état d’esprit, la Bordelaise a été irréprochable. Titularisée par Diacre face au Nigéria, elle n’a pas lésiné sur les efforts défensifs, et fut l’une des rares a dynamisé une rencontre pas vraiment passionnante. Mais elle n’a pas été irréprochable techniquement. Une compétition encourageante pour elle.

Delphine Cascarino : moyenne 6
5 matchs - 182 minutes - 0 but - 0 passe
> Elle avait été étincelante contre le Danemark en avril, et on pensait donc logiquement qu’elle pourrait apporter toute sa vitesse et sa qualité balle au pied dans la quête de titre des Bleues cet été. Elle a fait des différences, mais pas autant qu’espéré. Notamment face où au Nigéria où elle a paru trop timide, notamment face au but. Son entrée face au Brésil a fait du bien, tout comme contre les Etats-Unis, mais jamais assez pour permettre aux Bleues de marquer. Une bonne expérience pour elle, même si on en attend plus lors des prochaines échéances.

Valérie Gauvin : moyenne 5
5 matchs - 332 minutes - 2 buts - 0 passe - 1 avertissement
> Une bonne prestation face à la Corée du Sud, Corinne Diacre voulait qu’elle pèse sur les défenses adverses et c’est ce qu’elle avait plutôt réussi à faire, en marquant, face à la Norvège et au Brésil. Mais elle a trop souvent disparu au cours des rencontres, et n’a pas fait peser de danger contre les Etats-Unis.

Grace Geyoro :
2 matchs - 5 minutes - 0 but - 0 passe
La milieu du PSG reste comme l’énigme de la composition du groupe de Corinne Diacre. La coach souhaite l’utiliser comme relais de Gaëtane Thiney, mais n’a fait appel à elle que pour une poignée de minutes dans ce Mondial… Alors qu’elle aurait pu constituer une alternative crédible à Elise Bussaglia, par exemple.

Sakina Karchaoui :
1 match - 2 minutes - 0 but - 0 passe
N’a pas eu sa chance lors de cette compétition.

Corinne Diacre :
On a beaucoup discuté de sa personnalité, et elle a contribué à alimenter le débat par ses conférences de presse, notamment celle avant la Norvège. Elle a eu deux ans pour composer sa liste, et a longtemps tenu à l'écart des joueuses comme Kheira Hamraoui hors de sa liste des 23. La Barcelonaise aurait pourtant pu apporter autre chose dans l’entrejeu. Grace Geyoro également, mais Diacre l’a très peu utilisé. Si son choix de se passer de Marie-Antoinette Katoto en pointe pouvait se comprendre par son manque d'expérience, on ne sait pas pourquoi elle a si peu utilisé le schéma Le Sommer-Diani-Cascarino, si convaincant en janvier.

Bilan général de l’équipe :

Un Mondial décevant, si ce n’est pour trois joueuses (Bouhaddi, Henry, Diani), qui ont à chaque fois tenu leur rang. Comme souvent ces dernières années lors de grandes compétition majeures, il a encore manqué de l’efficacité aux tricolores, même si, en terme de jeu, on en était pas non plus au désastre de l’Euro Hollandais. Mais il faut dire qu’à part face à la Corée du Sud, cette équipe était loin d’être irréprochable, voire tout simplement emballante sur certaines rencontres. La faute peut-être à un schéma de jeu trop connu, que Diacre a vainement tenté de bousculer face au Brésil… où le 4-2-3-1 aurait été plus efficace. Certaines cadres (Le Sommer, Mbock, Thiney), ont été trop inconstantes pour que les Bleues espèrent aller plus loin, et les promesses de cette équipe de France (Cascarino, Asseyi) ont été trop justes pour bousculer l’ordre établi.

Lundi 1 Juillet 2019
La rédaction


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