Footofeminin.fr : le football au féminin

Candice Prévost : « On est redescendu de notre petit nuage »

Match au sommet, ce dimanche, entre la meilleure attaque du championnat, l'OL, et la meilleure défense, le PSG, vainqueur du Challenge de France. Si les Lyonnaises parvenaient à l'emporter, elles seraient très proche d'un quatrième sacre consécutif. Les Parisiennes veulent, elles, encore croire à l'Europe même si, comme le dit Candice Prévost, « il faudrait un miracle ».



Candice Prévost : « On est redescendu de notre petit nuage »
Candice, vous avez remporté le challenge de France, dimanche dernier, votre premier titre. Qu'est-ce que ça fait ?
Cela fait sept ans que je suis au PSG et c'est une grande fierté de faire partie de l'histoire du premier titre du club féminin. C'est génial, même si je n'ai pas vraiment de mots pour décrire ce que je ressens. En tout cas, c'est une très grande fierté de porter ce maillot.

Si on vous avait dit que vous gagneriez le Challenge en début de saison vous y auriez crû?
On avançait bien au niveau du Challenge alors on s'est dit pourquoi ne pas aller au bout, c'est ce qui a été fait donc c'est génial. Cette victoire n'était pas prévue dans les objectifs du club, mais avec l'équipe qu'on avait, c'est devenu, inconsciemment, un objectif au fur et à mesure. Même si quand on joue Lyon en demi-finale, on ne s'attend pas forcément à gagner.

Vous avez été surpris par l'ampleur du score ?
C'est clair que gagner 5- 0, on ne s'y attendait pas du tout. On était bien, on sentait qu'on n'allait rien lâcher mais on pensait que ce serait plus serré. J'ai été très très surprise, surtout qu'au niveau des matchs de championnat nous étions proches. Il y a eu un faux pas de Montpellier et une grosse envie de notre part, c'est ce qui a fait la différence.

«On ne lâchera pas le morceau »

Pas le temps de savourer, vous aller affronter, dimanche, les vice-championnes d'Europe en titre : l'OL. Comment ça se présente ?
On les joue et puis on verra ce qui se passera. En tout cas, c'est clair qu'on est redescendu de notre petit nuage, on retravaille depuis mardi soir en vue de préparer Lyon. De tout façon, on sera relâché car on a eu ce titre en challenge de France et on a atteint nos objectifs car on devait terminer troisièmes, il faut, maintenant, essayer de faire un bon résultat. Mais Lyon aura aussi à cœur de gagner, ça va être difficile, elles ne vont pas nous lâcher. Nous, on a perdu des joueuses, dont Sabrina Delannoy, blessée, mais on ne lâchera pas le morceau.

C'est un match pour encore croire à l'Europe ?

Il faudra attendre un faux-pas de Juvisy et, à mon avis, elles ne le feront pas. Après il ne faut pas avoir de regrets, on donnera tout contre Lyon quoiqu'il arrive. On sait très bien qu'être européennes, la saison prochaine, ce sera difficile, il faudrait un miracle... Mais tout est possible.

Même si vous l'emportez dimanche, vous resterez troisièmes, c'est frustrant ?
La troisième place était l'objectif du club et en plus on a remporté le Challenge, ce ne sera pas une saison décevante. On verra la prochaine, je pense que les objectifs vont évoluer par rapport à à ce qu'on a fait cette année.

La victoire en coupe peut vous booster pour la fin de saison mais aussi avoir l'effet inverse
On est dans l'optique de faire le meilleur résultat possible, on ne va pas lâcher les matchs qui vont suivre. On s'est reconcentré sur cette fin de championnat, on a beau avoir gagné le challenge, on a à coeur de bien finir.

Candice Prévost : « On est redescendu de notre petit nuage »
Que faudra t-il faire pour battre Lyon, la meilleure attaque du championnat (83 buts) ?
Il va falloir batailler, ne rien lâcher et faire preuve d'une grande solidarité comme dimanche dernier. On sait qu'en face, c'est un rouleau compresseur, elles sont très très efficaces avec des joueuses qui sont les plus performantes du championnat, ça va être à nous de resserrer les lignes.

Quels sont les points forts de l'adversaire ?
C'est un ensemble, elles ont même des joueuses sur le banc qui peuvent faire différence. Elles ont fait un super parcours en coupe d'Europe, et ont de grosses individualités avec des internationales étrangères très très fortes, mais aussi des françaises qui sont des cadres indiscutables de l'équipe de France A. C'est l'addition de ces individualités qui font que Lyon est costaud et, à chaque fois, c'est très dur de jouer contre elles. Offensivement, chacune des joueuses peut faire la différence, c'est compliqué mais on ne lâchera rien.

« Faire ce qu'on a fait cette année, c'est fort »

Il ne manquait que la Coupe d'Europe aux Lyonnaises...
J'étais déçue pour elle. La première finale d'un club français en Coupe d'Europe aurait mérité mieux qu'une défaite. Mais elles vont réussir à passer à autre chose.

Quel regard portez vous sur la saison du PSG ?
Même si j'ai été blessée, j'ai trouvé qu'on avait été constants et plus réguliers dans nos résultats. Un gros recrutement a été effectué par notre manager, Brigitte Olive, et l'arrivée de nouveaux entraîneurs nous a permis d'avoir une stabilité. C'est un ensemble qui fait qu'on s'est maintenu en haut du tableau. Le groupe a, également, été étoffé et est devenu plus en plus compétiteur. Charlotte Poulain, Camille Abily, Sonia Bompastor, Elise Bussaglia, les trois premières, ont fait la première partie du championnat, moi j'ai fait la seconde. On a toute participé et c'est le groupe qui est sorti vainqueur.

Vous avez longtemps fait la course en tête, auriez-vous pu accrocher ce titre ?
Je savais que ce serait dur de batailler pour le titre. Après on y était, on était championne d'automne, on s'est alors demandé ce qui nous arrivait (rires). Mais notre objectif ce n'était pas d'être première donc il ne fallait pas qu'on se mette de pression. Après Lyon et Juvisy nous sont repassés devant, puis on a fait un faux-pas à Juvisy, ce qui nous a clairement mis une claque. Faire ce qu'on a fait cette année, c'est fort surtout qu'on a remporté le Challenge de France.
Toutes les autres saisons que j'ai passé au PSG, on avait terminé en milieu de tableau voire fin de tableau.

Vous avez eu une saison un peu difficile avec votre blessure mais vous revenez bien puisque vous avez mis un triplé contre Saint-Brieuc, lors de la dernière journée
Sur ce match, j'ai piqué la place de notre attaquante, Ingrid Boyeldieu, blessée, et ça s'est bien goupillée. Par la suite, j'ai fait des matchs corrects, notamment en finale mais avant aussi.
J'avais fait une saison un peu bancale, c'était important de revenir à mon niveau et d'apporter aux filles ce qui était nécessaire pour taper Saint-Brieuc et les autres clubs.

Propos recueillis par Thibault Simonnet pour footofeminin.fr
Photos : Sébastien Duret

Vendredi 28 Mai 2010
Thibault Simonnet

Dans la même rubrique :