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Coupe du Monde U20 - Sonia HAZIRAJ : "On n'a pas peur d'avoir de l'ambition"

La France débute la Coupe du Monde U20 dans la nuit de jeudi à vendredi (1h) face au Nigeria. La sélectionneuse Sonia Haziraj fait le point sur la préparation, son groupe et les ambitions.



Les Françaises se sont adaptées progressivement sur le sol costaricain (photo FFF)
Les Françaises se sont adaptées progressivement sur le sol costaricain (photo FFF)
Comment s'est passée la préparation depuis la Sud Ladies Cup fin juin ?
On a maintenu les joueuses depuis la Sud Ladies Cup et jusqu'au rassemblement. On les a appelées toutes les semaines avec le staff technique. On leur a envoyé des vidéos pour les maintenir dans leur objectif. Je tenais également à ce qu'elles reprennent dans leur club avant. J'ai été entraîneur en club et je n'oublie pas d'où je viens et c'est aussi une période charnière pour les joueuses et notamment les jeunes joueuses pour montrer à leur entraîneur qu'elles peuvent jouer en D1 ou en D2. Cela m'importait beaucoup. Pour le match contre le Ghana, on savait que l'on allait être un peu courtes (ndlr : match joué le 29, deux jours après le début du rassemblement).

Vous débuterez face au Nigeria, vous aviez choisi un adversaire africain afin de prendre des repères ?
On savait que l'on allait jouer une équipe un peu désorganisée (victoire 4-0 contre le Ghana) comme cela est souvent le cas dans le football africain jeune mais c'est un continent qui progresse beaucoup, on l'a vu sur la dernière CAN seniors. C'est un continent qui travaille de mieux en mieux avec des joueuses de qualité, peut-être avec un niveau hétérogène. Cela nous a permis de tester des systèmes différents. J'aime bien un peu brouiller les pistes et que les filles puissent s'adapter à plusieurs systèmes dans un même match, en fonction de nos qualités.

La France doit encore peaufiner l'efficacité pour être plus performantes ?
Marquer, c'est quelque chose sur lequel on travaille beaucoup au niveau mental. C'était un domaine dans lequel on avait pêché en Sud Ladies Cup et on l'a aussi vu récemment avec l'EURO. J'étais contente contre le Ghana parce qu'Esther avait marqué. Elle était un peu dans le doute, on a fait un travail d'accompagnement avec elle. Le tir au but, on travaille aussi cela depuis longtemps, on en fait à chaque fois après chaque entraînement.

"Je fais confiance sur la responsabilisation tant qu'elles me le rendent sur le terrain"

Sonia Haziraj avec Vicki Becho et Laurina Fazer (photo Gianni Pablo)
Sonia Haziraj avec Vicki Becho et Laurina Fazer (photo Gianni Pablo)
Que pouvez-vous nous dire de votre groupe ?
On a fait aussi des choix pour ces 21 joueuses d'avoir des joueuses polyvalentes qui puissent s'adapter à différents postes et qui nous permettent de pouvoir évoluer à des postes différents. C'est un groupe que je n'ai pas eu souvent dans sa totalité puisqu'il a fallu gérer avec les U19. C'est un groupe qui se connaît depuis longtemps. Il y a beaucoup de joueuses issues du même club, du Paris Saint-Germain à la base, certaines sont parties depuis au Paris FC ou à Lyon. La mayonnaise prend bien, elles se respectent. Le cadre est assez clair, assez juste. Il y a un cadre défini mais après à l'intérieur, elles sont assez libres, assez autonomes. Je fais confiance sur la responsabilisation tant qu'elles me le rendent sur le terrain. Ce sont des joueuses qui ont de la qualité, on a pleinement confiance en elles, maintenant elles doivent l'exprimer. Il faut que l'on donne tous les outils. On a des joueuses qui sont imprévisibles, qui peuvent jouer en possession mais aussi en transition sur des contres attaques.

Comment s'est organisée la préparation jusqu'au début de la compétition ?
On a essayé de s'adapter au maximum comme on ne pouvait que partir le 3 août au Costa Rica, huit jours avant le premier match, c'est un peu tard mais c'est comme ça. On a essayé de gagner du temps sur le décalage horaire en décalant nos repas à Clairefontaine. On a continué à travailler au niveau athlétique parce que l'on avait des joueuses avec un niveau vraiment hétérogène. C'est court mais on a le maximum pour être au niveau le plus homogène et collectivement monter encore d'un cran. Le match contre le club local nous a permis d'affiner les associations.

"Si on veut être championnes du Monde, ce sera un parcours difficile"

Celina Ould Hocine éloigne le ballon (photo Gianni Pablo)
Celina Ould Hocine éloigne le ballon (photo Gianni Pablo)
Qu'avez-vous prévu pour vous adapter aux conditions locales comme le taux d'humidité ?
C'est un pays humide, on va essayer de s'adapter le plus vite mais ce n'est pas là où l'on est le plus à l'aise. L'humidité, mais aussi l'altitude parce que San José, c'est quand même à 1 200 m d'altitude. Mais c'est surtout le décalage horaire qui va falloir gérer le plus vite possible. C'est quand même huit heures de décalage. Quand il sera minuit au Costa Rica, il serait quand même 8 heures en France. On peut se retrouver très éveillé en pleine nuit donc on va gérer pour récupérer un maximum les premiers jours.

Quels sont vos objectifs et que pensez-vous de vos adversaires ?
Notre groupe est relevé et l'adversaire potentiel en quart de finale sera aussi relevé. On veut entamer nos matchs assez vite, assez fort pour faire mal à nos adversaires. On sait que cela va être un parcours difficile mais si on veut être championnes du Monde, ce sera un parcours difficile. On n'a pas peur d'avoir de l'ambition, ce n'est pas malsain. La Fédération fait des efforts pour la formation de nos jeunes joueuses.
Ce sont des adversaires très différents, c'est pour cela que l'on s'est préparé dans des systèmes différents. Le Nigeria est une équipe très athlétique, la meilleure nation U20 du continent africain avec des joueuses de talent, trois attaquantes très fortes, une capitaine assez emblématique avec beaucoup de charisme. On sait que ce ne sera pas facile, elles sont toujours présentes dans les compétitions jeunes. Les Canadiennes sont difficiles à jouer. C'est athlétique, c'est en place, il va falloir que l'on joue vite, que l'on mette dans l'intensité dans nos transitions et que l'on rivalise athlétiquement. Et la Corée du Sud, on n'a pas trop d'informations, mais c'est les équipes asiatiques, ça bouge, ça court, c'est discipliné. Ce sera trois match assez relevés d'un point de vue athlétique, de répétition des efforts.

Jeudi 11 Août 2022
Sebastien Duret

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