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D1 – Melissa PLAZA (MHSC) : « Le tournant de la saison »

La jeune montpelliéraine, remise de son opération des ligaments croisés du genou, attend de pied ferme le leader de la D1 Juvsiy pour le « gros » match du week-end. Interview.



Mélissa Plaza (photo MPG)
Mélissa Plaza (photo MPG)
Melissa, la défaite face à Lyon (1-0) est-elle digérée ?
Digéré, on ne peut pas dire ça mais on essaye de l'effacer au plus vite pour se concentrer sur le match de Juvisy parce que c'est le tournant de la saison. Face à Lyon, il nous manque toujours ce petit truc parce qu'on fait des bons matches contre Lyon mais on ne parvient pas à gagner. Après on est toutes dans le même état d'esprit et on a conscience de l'importance du match de dimanche. Sarah (M'Barek) nous l'a bien dit à la fin du match de Lyon en nous demandant de nous remobiliser. Dans les têtes c'est bien Juvisy qui se prépare.

C'est carrément le tournant de la saison ?
C'est le match qui peut nous permettre de rester dans la course ou bien d'être à quelques points derrière Juvisy. C'est un gros match, Juvisy est en confiance, il faut que tout le monde soit mobilisé et concentré.

Vous arrivez toujours à accrocher les grosses cylindrées mais vous n'avez pas encore battu l'une d'elles. C'est dû à quoi ?
On manque d réalisme offensif et de confiance en nous. On n'est pas convaincu qu'on peut le faire alors qu'on en a les moyens.

« Un manque de confiance en nous »

Montpellier fait un complexe d'infériorité ?
Je ne sais pas si c'est un complexe d'infériorité mais depuis des années, on ne nous parle que de la suprématie lyonnaise et celles-ci l'ont démontrée. Nous, on fait partie des clubs phares mais on est encore entre les deux. On a un statut semi-professionnel et c'est un peu compliqué à gérer. Je pense que c'est un manque de confiance nous, de se dire qu'on a les moyens de le faire. On a beaucoup d'individualités, il faut juste que celles-ci se mettent au service du collectif. Moi je dis qu'on a une belle équipe, les moyens d'accrocher cette place de Ligue des Champions et de figurer parmi les deux premières places du championnat.

Sarah M'Barek parlait de manque d'expérience à la fin du match contre Lyon.
On est un groupe assez hétérogène en terme d'âge et d'expérience. On a des filles expérimentées comme Ophélie (Meilleroux), Hoda (Lattaf) et puis des petites jeunes avec, quand même, un peu d'expérience comme Marion (Torrent), Claire (Lavogez) ou des filles comme Viviane (Asseyi) qui sont en sélections nationales jeunes. On ne manque pas que d'expérience, elle nous fait, certes, défaut mais comme toutes les autres équipes.

Quelles seront les clés du match face à Juvisy ?
Juvisy est un peu comme nous, elles ont des individualités, un bon collectif qui défend bien. On va devoir beaucoup défendre, il faudra se montrer rigoureuses, être concentrée et surtout réaliste. On n'arrive pas à mettre la balle au fond des filets.

« Quand on pense être arrivé au bout, il faut encore retravailler pour retrouver le haut niveau »

Êtes-vous surprise du parcours de Juvisy, leader devant Lyon ?
Oui et non car Juvisy, comme le PSG, restent de bonnes équipes qui jouent toujours les premiers rôles. Elles méritent leur place, elles ont fait un bon début de saison. On a perdu 2-1 là-bas, ça s'est joué sur des détails mais c'est ce qui fait la différence au haut niveau. C'est très serré cette année. D'ailleurs Lyon a été mis en difficulté à plusieurs reprises et c'est nous qui avons mis fin à leur série de victoires consécutives.

Personnellement comment vous avez vécu votre blessure au genou (opération des ligaments croisés)?
Il y a eu cinq-six bons mois d'arrêt et surtout de rééducation. Ça a été ma première blessure car je suis quelqu'un qui ne se blesse pas beaucoup. Et celle-ci est mal tombée puisqu'elle est intervenue juste avant de grosses échéances : la fin de saison, la finale du Challenge de France, le match décisif pour la Champion's League (contre Paris) et puis je devais certainement partir pour les Universiades en Chine en août. Ce fut une grosse déception mais il faut faire avec, repartir de l'avant. J'ai eu cinq mois difficiles où il a fallut beaucoup travailler pour récupérer un genou solide et quand on pense être arrivé au bout, il faut encore retravailler pour retrouver le haut niveau auquel on prétendait avant. Ça a été beaucoup de boulot et je ne suis pas mécontente du peu de temps que j'ai mis à revenir à ce niveau là

Il n'y a pas eu de périodes de doute voire même l'envie d'abandonner ?
Non je n'ai jamais voulu abandonner parce qu'une fois qu'on est dans le processus : on n'a qu'une idée en tête : revenir sur le terrain. Il y a eu des moments de doute, bien sûr, parce que parfois on se demande si on va revenir à son meilleur niveau. Mais j'ai été bien entouré : mon copain, mes amis sont venus avec moi cet été. C'est important d'avoir un entourage à côté, c'est un exutoire, ça permet de relativiser.

Recueillis par Thibault Simonnet

En bref

D1 – Melissa PLAZA (MHSC) : « Le tournant de la saison »
MELISSA PLAZA
Née le 28 juillet 1988 à Saint-Gaudens
Milieu de terrain
1,69 m - 55 kg
Internationale A (2 sélections)

Parcours
CS Saint-Pierre en Faucigny (1999-2001), US Arnage (2001-2002), Tours EC (2002-2003), ESOF La Roche sur Yon (2003-2009), Montpellier HSC (depuis 2009)

LA FICHE DETAILLEE

Vendredi 13 Janvier 2012


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