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#D1Arkema - Sandrine SOUBEYRAND (Paris FC) : « L'objectif reste de faire évoluer le club »

En marge de la rencontre de Coupe de France entre le Paris FC et Bordeaux samedi, où les Parisiennes se sont inclinées aux tirs au but (1-1, 4-5 t.a.b), Sandrine Soubeyrand est revenue sur le match avant de se confier entre autres sur cette nouvelle année, son groupe, la période des transferts actuelle et le récent changement de directeur sportif.



Sandrine Soubeyrand
Sandrine Soubeyrand
Pour commencer, votre sentiment après cette élimination face à Bordeaux ?
Il y a un peu de frustration et de déception car il y avait moyen de l'emporter. On a fait le match que l'on souhaitait faire. Le seul petit bémol est que l'on a fait une meilleure seconde période que Bordeaux et on n'a pas concrétisé les actions que l'on a eu. Il faut continuer à travailler là-dessus, on manque toujours d'efficacité offensive. Défensivement, on n'a pas pris un but dans le jeu donc c'est plutôt positif. Les Bordelaises ont eu peu d'actions finalement. On ne se qualifie pas. Mais ça reste une très belle prestation face à un adversaire qui n'est pas facile à jouer.

Par rapport au match de championnat d'il y a un mois et demi (défaite 0-3), on a vu du mieux notamment ce second acte. Mais il manque encore un petit quelque chose sur cette rencontre...
Il nous manque un peu d'efficacité offensive principalement. Il faut absolument marquer sur nos occasions durant nos temps forts. Et on ne le fait pas. Soit on fait le mauvais geste, la mauvaise passe ou on décide d'y aller seule alors qu'on attaque à deux. Je ne sais pas si Bordeaux le fait mieux que nous. Mais en tout cas, elles ont gagné aujourd'hui. Après l'adversaire je m'en fiche un peu. Je suis concentré sur mon équipe. C'est un peu dommage car je pense que l'on méritait de gagner.

On a vu que les entrées en jeu ont aussi permis à Bordeaux de reprendre le dessus sur la fin. Est-ce que la profondeur de banc a aussi joué un rôle clé ?
Oui évidemment. Quand vous mettez des internationales sur le banc de touche et qu'elles rentrent, ça élève le niveau, même si on ne les a pas tant vu que ça. Ça fait partie du jeu. Je joue avec l'effectif que j'ai. J'essaye de tirer le maximum de chacune. Après, je suis satisfaite des 12 joueuses qui ont joué et des 21 que j'ai à gérer au quotidien. Je n'ai aucun souci avec cela. Elles ont d'autres qualités et peut-être un peu moins de potentiel. Mais c'est comme ça.

"À force de répéter et travailler, un jour ça va marcher"

Cette année, l'aventure s'est terminée bien plus tôt que l'an dernier où vous aviez été en demi-finale. Était-ce un objectif d'aller à nouveau loin en Coupe ou vous étiez focalisée sur le championnat ?
On avait été loin en Coupe l'année passée c'est vrai puis finalement pschit (sourire) ! On s'était permis de rêver mais à la fin, quand on se voyait peut-être déjà en finale, on a été arrêtées dans notre élan. Après cette élimination est un peu dommageable car cela permettait à certaines joueuses qui jouaient moins d'avoir du temps de jeu. On va devoir composer autrement.

Il reste 10 matchs de championnat maintenant. On va faire des rencontres amicales à côté et continuer à travailler car à mon sens, entre ce qu'on a proposé contre Bordeaux au premier match et là, on voit qu'il y a une évolution. Et l'objectif c'est de faire une meilleure prestation face à chaque adversaire que l'on a déjà rencontré. Après on aimerait bien avoir des résultats c'est sûr. Sur ce match, je suis vraiment déçue pour les joueuses car elles ont mis de l'engagement et de l'investissement et elles ne sont pas récompensées. J'aimerais qu'elles le soient à un moment ou à un autre. À force de répéter et travailler, un jour ça va marcher.

Vous avez parlé du rythme sur cette seconde partie de saison avec ce calendrier qui alterne toute l'année des longues phases sans rencontre et d'autres avec beaucoup d'enchaînements. À quel point ce calendrier vous complique la tâche ?
En début de saison, on a eu la même chose. On a fait un match et on s'est arrêté à cause de la trêve internationale. Ça complique les choses évidemment. Mais on va devoir faire avec. On va s'organiser pour garder le rythme et profiter de l'absence de matchs officiels pour travailler. Pourquoi pas faire face à des adversaires peut être masculins de 16 ou 17 ans comme on a fait avec le centre de formation et avoir d'autres rencontres qui permettent au groupe d'évoluer et de progresser tout simplement.

Hovana Solaun va rejoindre le Paris FC

L'internationale jamaïcaine va renforcer l'attaque du PFC (photo FIFA.com)
L'internationale jamaïcaine va renforcer l'attaque du PFC (photo FIFA.com)
Le championnat reprend la semaine prochaine pour vous à Montpellier, avec l'idée de repartir en s'appuyant sur les améliorations vues contre Bordeaux ?
Bien sûr, c'est un bon point de départ pour cette nouvelle année. C'est entre guillemets un match référence. Il faut continuer dans cette voie et progresser, en gommant les quelques lacunes que l'on a eu. Je pense qu'athlétiquement, on n'est pas tout à fait prêtes. On a encore 3-4 entraînements pour corriger cela. Et il va falloir essayer d'aller prendre des points à Montpellier. On a démontré qu'on en était capables, sachant que Bordeaux avait battu le MHSC sur la phase aller. On peut rivaliser avec elles. Et l'objectif ensuite reste de faire une meilleure seconde partie de saison.

Il n'y a pas la peur de vivre le même scénario qu'au match aller, où vous aviez bien tenu avant de craquer dans le dernier quart d'heure (défaite 2-5) ?
Non, je ne joue pas avec la peur. Je trouve ça génial de jouer face à des adversaires qui nous sont supérieurs. Il y a un niveau supplémentaire de concentration dans ces matchs et c'est là que l'on apprend aussi. Donc non, aucune peur. Je n'ai jamais eu peur en jouant, je ne vais pas avoir peur en entraînant.

" Il faut juste continuer à travailler, se taire et bosser dans tous les services du club"

Pour terminer, on est actuellement en période de transferts. Avez-vous des attentes particulières en termes d'arrivées cet hiver ?
Je suis satisfaite de mon groupe mais j'ai envie qu'il ait un potentiel encore plus fort. Donc effectivement, on a beaucoup travaillé depuis quelques temps avec la cellule de recrutement au club pour éventuellement se renforcer. Le tout dans le but d'avoir le groupe le plus performant possible. Et qui dit performance dit potentiel. Ça coûte un peu cher donc il faut aussi convaincre les dirigeants que l'objectif est de viser tout en haut, que le championnat n'est pas terminé et que l'on a encore des ambitions. Même si ce n'est que des places d'honneur, c'est important.

Le changement de directeur sportif durant les fêtes a-t-il modifié beaucoup de choses en interne ?
Non pas particulièrement. En soi, le club était organisé d'une façon. Les prises de décisions étaient aussi organisées d'une certaine manière. Là, ce n'est pas qu'il y a un peu de flou, mais ce changement provoque des évolutions. Tout va se mettre en place tranquillement. Même s'il y a un peu de turbulences, les dirigeants restent calmes et sereins. Il faut juste continuer à travailler, se taire et bosser dans tous les services du club.

Le changement n'est pas toujours mauvais. On le voit souvent comme quelque chose de négatif car ça ne fonctionne pas. Mais personnellement, je le vois plutôt de façon positive. Après, on peut s'attacher aux gens, il y a des relations humaines derrière évidemment. Mais le changement permet l'évolution. Donc il faut juste savoir se repositionner et positionner la section féminine.

Mais avec le président, il n'y a pas de soucis. Il a dit ce qu'il avait à dire mais il reste serein tout comme nous. Tout le monde est sur la même ligne, il n'y a pas de raison que ça tangue. Ce changement était sans doute nécessaire pour lancer une nouvelle dynamique. Mais l'objectif reste de faire évoluer le club. Et les changements sont aussi là pour le faire évoluer.

A Bondoufle,
Daniel Marques

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Lundi 13 Janvier 2020
Daniel Marques


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