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#D1Arkema - Sandrine SOUBEYRAND (Paris FC) : "Les nouvelles joueuses apportent un plus à l’effectif"

Après avoir perdu des points lors de rencontres à sa portée, le Paris FC s'est rassuré offensivement face à Issy, porté notamment par la recrue Evelyne Viens. Soubeyrand revient sur ce début de saison et son effectif dont elle se montre pleinement satisfait.



Soubeyrand (photo PFC)
Soubeyrand (photo PFC)
Quel est votre sentiment après cette victoire ?
On est satisfait du résultat. Après le revers à l’extérieur à Montpellier et même le match nul ici contre Le Havre, ça fait du bien de gagner car au regard des trois rencontres, il n’aurait pas été illogique de prendre neuf points. On n’en a pris que quatre, c’est un peu frustrant. Mais aujourd’hui, j’attendais qu’on démontre qu’on était supérieures à cette équipe. Je pense que l’on n’a pas été mises en grande difficulté. On a fait ce qu’on avait à faire. Après, on a manqué un peu de justesse technique dans les transmissions pour se créer plus d’occasions mais je suis satisfaite.

Justement sur ces trois rencontres, l’efficacité offensive a beaucoup joué. Aujourd’hui, il y en a cinq mais il y aurait pu en avoir beaucoup plus. Comment expliquer et régler ce manque d’efficacité ?
Je pense que pour chacun des joueuses aujourd’hui, quand elles avaient une occasion, l’objectif c’était de marquer de marquer. Après, c’est difficile aussi de marquer un but. On dit toujours que c’est facile de défendre et plus difficile de marquer. Je pense que c’est la réalité. Aujourd’hui, on s’est créé moins d’occasions que contre Le Havre en marquant plus. On a été plus efficace, on travaille tous les jours. Depuis un petit moment, on a accentué sur la finition à l’entraînement mais c’est une équipe où il faut être à 250%. On n’a pas beaucoup de marge et dès qu’on loupe un but, deux buts… Ce sont des joueuses qui manquent aussi un peu de confiance et qui ont besoin de marquer pour être mieux. Sur ce match, on a trois buteuses différentes. J’aimerais qu’il y en ait encore plus car plusieurs se sont procuré des occasions sur les autres rencontres sans marquer. Mais on bosse pour améliorer cela.

"Si je peux avoir que des internationales, je suis preneuse"

En début de saison, vous aviez évoqué le manque de Mathilde Bourdieu pour peser justement devant. Evelyne Viens en est à quatre buts en deux rencontres. C’est une solution de plus pour se monter plus efficace devant…
Évidemment. Si on l’a fait venir, c’est aussi qu’on connaissait ses qualités de buteuse. Elle est récompensée de son travail. Elle a marqué des vrais buts d’attaquantes, sur des centres, des seconds ballons… Après on a Linda qui a d’autres qualités, on a Mathilde qui en a d’autres mais qui ne peut pas les exprimer en ce moment. On a aussi d’autres joueuses comme Camille Catala ou Clara Matéo qui sont aussi capables de faire la différence. Ce que j’aimerais, c’est qu’il y en ait plus pour se relancer et se donner confiance.

Après, quand on marque dès la première occasion c’est plus simple. À Montpellier, il nous a fallu plusieurs situations pour marquer. On a même une occasion de faire la différence à 1-1. Mais c’est un contexte et un adversaire différent. Contre Le Havre, on a eu pleins d’opportunités et au final, on a failli perdre. Après sur les qualités des joueuses, j’ai tendance à dire que l’avant-centre est la première défenseure et la gardienne la première attaquante. Je ne dis pas que la gardienne pourrait marquer un but mais il faut que tout le monde se sente concerner pour finir les actions.

Vous évoquiez la gardienne justement : premier match pour Nnodzie aujourd’hui. Qu’avez-vous pensé de sa prestation ?
Elle n’a pas eu grand-chose à faire. Il y avait un arrêt à sortir, elle l’a fait. L’objectif, c’est d’avoir trois gardiennes performantes. Natascha Honegger avait joué les premiers matchs. J’avais envie de voir Chiamaka qui est là depuis huit mois et qui bosse au quotidien. Elle a des qualités fantastiques comme Natascha et Camille. Chacun est différente mais je voulais voir Chiamaka dans un match où j’espèrerais qu’on ne soit pas trop sollicité pour lui permettre de s’acclimater et de s’habituer à diriger une défense en français. Elle parle très bien anglais mais le français est encore un peu compliqué. Donc quand on commande des défenseures qui parlent français, il faut un peu de temps pour se faire à tout cela. Mais je trouve qu’elle le fait très bien et qu’au fur et à mesure, elle prendra confiance. Elle a de vraies qualités pour s’imposer au PFC.

Un mot rapide aussi sur Natascha, appelée une nouvelle fois avec le Brésil. Une internationale en plus dans votre effectif qui commencer à s’installer dans sa sélection, ça doit vous réjouir…
Effectivement. Quand on a recruté Chiamaka aussi en janvier, on savait qu’elle était internationale. Plus on a de joueuses avec des vécus et des expériences de niveau international, plus on sait que ça va bonifier l’effectif. Donc pour moi, c’est top. Après c’est une question de management. Je n’ai pas de soucis avec cela, c’est à moi de faire les choix. Ce que je veux, c’est un effectif de 22 joueuses. Après, si je peux avoir que des internationales, je suis preneuse aussi (rires). L’objectif aussi ici, c’est de les faire grandir. Natascha quand elle est arrivée, elle n’était pas internationale. Donc mon rôle aussi, c’est de les faire progresser et les faire avancer aussi au travers du club. J’ai plusieurs joueuses qui ont un très bon potentiel. Ça ne demande qu’à mûrir. Pour certaines, il faut parfois un peu de temps. Mais en tout cas, elles progressent, elles sont impliquées.

"A Montpellier, on serait revenu avec trois points, il n’y aurait pu eu de scandale"

Face au HAC, le PFC avait dû concédé le nul (1-1)
Face au HAC, le PFC avait dû concédé le nul (1-1)
En championnat, le Paris FC est en train de rentrer dans une série de matchs importants. Est-ce le genre d’enchaînement qui peut déjà presque décider de la suite du championnat ? De si l’équipe vise toujours le top 3-top 4 ou s’il faut se contenter de la 5e ou 6e place comme ces dernières années ?
L’objectif est de jouer les matchs les uns après les autres. Je ne suis pas trop dans des séries. Il faut faire de son mieux, que chacune collectivement donne son maximum. Je n’ai pas envie de me projeter plus loin que le prochain match. On va déjà savourer celui-là. La victoire, c’est quand même quelque chose qu’il faut apprécier à sa juste valeur. On banalise un peu trop les victoires pour repartir tout de suite dans l’entraînement, l’adversaire, le lendemain… Là, j’ai envie de me projeter sur cette victoire jusqu’à ce soir. Demain, je serais peut-être un peu sur Fleury. Je préfère voir à court terme même si moi, dans ma tête, je me projette beaucoup sur le long terme. Le long terme pour moi c’est décembre.

Dans le jeu en tout cas, ça semble rassurant par rapport à l’objectif initial de top 3-4…
Je reste confiante et convaincue que l’on a un effectif de qualité cette saison. On a peut-être moins recruté que d’autres équipes. Mais je reste persuadé que l’on a un groupe de qualité. On l’a prouvé à Montpellier, on serait revenu avec trois points, il n’y aurait pu eu de scandale. Après leur force, c’est qu’elles n’ont jamais abdiqué et ont su faire leur retard. Si on regarde bien, elles ont surtout été efficaces. Mais même si on ne peut pas accepter le résultat final, dans le contenu je ne suis pas trop inquiète.

Après le piège, c’est qu’il est souvent plus facile de jouer contre les grosses équipes que celles avec moins de qualités. On a une équipe qui n’est pas toujours mature pour trouver les solutions face à des blocs regroupés comme cet après-midi. Aujourd’hui, on a eu des situations sur des choses que l’on ne faisait pas forcément bien l’année passée. C’est aussi parce que les nouvelles joueuses apportent des qualités différentes et nous permettent d’avoir d’autres possibilités. Et je suis convaincue que les choix que j’ai fait et que les nouvelles joueuses apportent un plus à l’effectif, qui est je le répète de très très bonne qualité.

Lundi 12 Octobre 2020
Daniel Marques

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