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#D1Arkema - Yacine GUESMIA (GPSO Issy) : "On sait que le maintien va être difficile"

Avec un effectif toujours incomplet, l'entraîneur d'Issy connait une difficile entame de saison mais ne s'avoue pas battu pour autant.



Pour commencer, votre sentiment après cette rencontre ?
C’est dur… Le score fait un peu mal mais avec les aléas que l’on a au niveau de l’effectif, je suis malgré tout satisfait de l’état d’esprit des filles. On joue une équipe qui est meilleure que nous et elles n’ont pas lâché. Après sur le match, on a Solène Froger qui se blesse à l’échauffement, ensuite Pauline Moitrel aussi pendant le match. Résultat, Solène a dû rentrer blessée. C’était un peu compliqué. Mais l’essentiel, c’est de ne pas avoir baisser la tête malgré le score.

On sent que malgré les bonnes intentions, l’équipe souffre énormément notamment en défense en ce début de saison. Comment voyez-vous aujourd’hui votre équipe ? Y’a-t-il des perspectives d’amélioration ou des motifs d’espoir ?
La problématique aujourd’hui est que l’on n’a pas du tout l’effectif au complet. Alisson Pantuso n’est arrivée que dimanche et elle a joué directement aujourd’hui. C’est déjà une satisfaction. Après, on a Nonna Debonne blessée, Mélanie Carvalho aussi. Sur le plan défensif, on a Gwenaelle Butel qui a joué sur une jambe. Donc je reste confiant car les filles arrivent petit à petit. On n’a pas encore l’effectif à 100%. Et de toute façon, même au complet, on sait que le maintien va être difficile. Mais entre les recrues qui ne sont pas arrivées, les aléas et les petites blessures, c’est forcément un peu plus dur aujourd’hui.

Vous espérez disposer de l’effectif complet quand ?
Bonne question… On a Roselord Borgela dans les petits papiers qui devrait arriver d’ici une à deux semaines. On a Nonna Debonne qui va revenir, Ella Kaabachi qui revient, Julie Rabanne qui était sur le banc aujourd’hui et qui est en fin de convalescence. Après, on a aussi des filles comme Fanny Pereira qui reprennent d’ici une dizaine de jours. Je pense qu’on aura l’effectif complet d’ici 2-3 semaines. Mais en dehors de cela, il faut aller chercher les points face aux concurrents directs pour le maintien. Le Paris FC, ce n’est pas un concurrent direct. Bordeaux non plus. On ira chercher les autres on verra… peut être pour la dernière de Sébastien Joseph (sourire).

"Pour l’instant, on bricole"

Sur cette fin d’année 2020, vous allez avoir un calendrier assez dense avec notamment des confrontations face à l’OL, le PSG, Montpellier ou encore Bordeaux. Avec aucun point pris pour l’instant, notamment face aux concurrents directs, faut-il presque déjà miser sur une grosse seconde partie de saison pour se maintenir ?
On espérait plus clairement sur ce début de saison, notamment face aux concurrents directs, la faute entre autres au fait qu’on n’ait jamais eu l’effectif au complet. Pour l’instant, on bricole. Après sur chaque match, en toute humilité, on va y aller pour essayer de les gagner. Le PSG, l’OL… On ne va pas se mentir, ils sont clairement au-dessus de nous. Mais sur chaque rencontre, on n’ira pas la fleur au fusil.

Aujourd’hui, le classement commence à se dessiner. Soyaux je ne les compte même pas dans les concurrents directs, ils font un bon début de championnat. Guingamp par exemple n’est pas top en ce moment, il y a d’autres équipes que l’on a déjà joué que l’on attendra au retour. Mais il faudra quand même prendre des points sur cette phase aller. Au minimum 6-7 points ce serait bien.

Tout se joue au final pour vous sur le calendrier, avec un effectif amoindri au moment de jouer les concurrents directs et qui sera disponible à 100% seulement au moment d’affronter les gros…
Exactement. Limite, si on avait eu le calendrier de Reims qui joue les gros directement, ça aurait été peut-être mieux. Mais il va falloir de toute façon travailler et ne pas lâcher. Même les matchs contre les gros, on les jouera à fond et dans l’idée de progresser. C’est l’intensité de ces rencontres qui nous fera avancer. Ce sont des matchs importants, il ne faut pas se dire c’est zéro point et c’est tout. Comme aujourd’hui, à 4 ou 5-0, les filles n’ont pas lâché et elles ont continué à travailler. C’est le plus important je pense sachant que le championnat est encore long. Des points on pourra aller en chercher et au complet, je pense que l’on va embêter beaucoup d’équipes.

Pour terminer, un mot sur les aides financières de la LFP à la D1 et D2 féminine qui ont fait débat récemment. Un nouvel accord a été trouvé avec une grosse revalorisation de l’aide pour les clubs amateurs, rapprochant son montant de celui des clubs pros. Quelle est ta réaction par rapport à cela ?
Je n’étais pas au courant (sourire). Vous m’annoncez une bonne nouvelle. C’est bien pour le club, pour continuer son évolution, se structurer voire éventuellement renforcer l’effectif. Après, je ne suis pas décideur au niveau financier. Mais c’est une bonne chose que la balance soit presque rééquilibrée. Elle ne l’est pas encore. Pour moi, tout le monde devrait être au même niveau. Mais après, je ne suis pas décideur. Je reste un acteur parmi tant d’autres. Mais quand tu es dans le même championnat, tu devrais avoir la même chose pour tout le monde. Quand on est autour d’une table, tout le monde mange la même chose. Je pense que la notion de partage n’a pas été respectée à 100%.

Les clubs amateurs s’étaient montrés durs dans leur communiqué commun, évoquant une « rupture d’égalité », une discrimination envers eux…
En soi, déjà de base, on sait que l’on va être en difficulté, on a moins de moyens. Donc clairement, l’écart qu’il y avait sur les premières sommes était trop important. Ça rééquilibre un peu mais normalement, ça doit être égalité pour tout le monde. Là, le fossé s’agrandit entre les clubs amateurs et les clubs des structures professionnelles.

Dimanche 11 Octobre 2020
Daniel Marques

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