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#D1F - Emmanuel BEAUCHET (FCF Juvisy) : "Ce sont des étapes riches d'enseignements"

A l'issue de la rencontre perdue face à Lyon (0-1), Emmanuel Beauchet a longuement répondu aux questions. Malgré la défaite, il se satisfait de la performance de son équipe accrocheuse et solidaire.



Emmanuel Beauchet et Juvisy ont un mois de février chargé
Emmanuel Beauchet et Juvisy ont un mois de février chargé
Vous aviez perdu 5-2 à Lyon, cette fois-ci, vous perdez seulement 1-0 ?
On a joué deux fois en quatre jours l'Olympique Lyonnais. C'est ce qui se fait de mieux en France et à l'international. Ce que j'ai dit à mes filles, ce n'est plus l'Olympique Lyonnais, c'est la sélection du Monde, tellement cette équipe est prodigieuse. On avait tiré certains constats du match de dimanche où elles nous avaient posé des problèmes avec de nombreux décalages notamment en première mi-temps. On avait pris cinq buts mais on en avait marqué deux. Et tout le monde ne marque pas deux buts à l'Olympique Lyonnais. Pour nous, c'était quelque chose de valorisant et de très positif. Ce que l'on souhaitait aujourd'hui (ndlr : mercredi), c'était de revoir les choses en terme d'animation défensive, en terme aussi d'état d'esprit et d'attitude. On avait eu le sentiment d'être passé à côté de notre début de match à Lyon, parce que peut-être l'événement était un peu trop grand, en jouant l'Olympique Lyonnais pour la première fois au stade des Lumières. L'équipe était aussi très jeune. On avait donc à cœur aujourd'hui de bien rentrer dans le match, d'être bien organisé, rigoureux sur le plan défensif et je pense qu'on l'a été. Malgré tout, Lyon a réussi à marquer sur un joli but de Camille Abily. En deuxième mi-temps, on souhaitait rester solide défensivement et poser à l'Olympique Lyonnais quelques problèmes offensifs. Malheureusement on n'a pas réussi à ressortir le ballon, à poser le jeu dans le camp lyonnais. Ce sont des étapes riches d'enseignements pour progresser face à des joueuses à maturité, qui gagnent des titres. A aucun moment, on n'a lâché, on n'est pas sorti du match. On a mis beaucoup d'abnégation et dans les moments difficiles. Ce sont des qualités forcément intéressantes qui donnent de l'espoir car cette équipe a du potentiel, elle est jeune. Elle est construction, elle est en évolution on joue avec des U20 (Clara Matéo, Théa Greboval), avec des filles encore jeunes (Aïssatou Tounkara, Kadi Diani). Cela est un passage très formateur pour des joueuses en devenir, dans la progression individuelle et collective. Au delà du score, je suis fier des efforts qu'on a fait ensemble. Je pense qu'on a de belles choses, même si on aurait pu mieux faire au niveau du jeu.
Dimanche, on n'était pas rentré dans notre plan de jeu. Il y avait des regrets par rapport à cela, on a corrigé sur le plan tactique. Ce qui nous aidé aujourd'hui, on a vu que c'est plus cohérent, plus rigoureux et plus mature. C'est le genre de match, où la moindre erreur est payée cash face à des joueuses talentueuses et efficaces devant le but.

"Un mois de février colossal où vous jouez une fois Montpellier, deux fois Lyon, une fois le PSG"

La quatrième place est encore un objectif ?
Le but est de finir le plus haut, le mieux, et la Coupe est un objectif important. On a eu un calendrier compliqué avec un mois de novembre surréaliste. On a joué qu'un match, j'avais cinq filles qui étaient absentes, et je n'ai pas pu travailler. Cela a perturbé les conditions de travail collectif, la cohésion d'équipe, et on a perdu des matchs tout simplement parce qu'on n'avait plus suffisamment d'armes. Il y avait les filles U20 en sélection et deux filles qui se blessent, Jaurena et Bilbault, ce sont des filles indispensables. Le groupe a subi après, mais il est très fortement mentalement, et est en train de surmonter. C'est vrai que l'on a trop perdu mais j'espère que l'on va gagner à partir de maintenant, que l'on va être performantes en gagnant des matchs et en faisant un parcours en Coupe de France. Cela passe dès dimanche par une victoire à la Roche. Il y a un calendrier où on n'est pas forcément programmé pour jouer tous les trois jours lorsque l'on est semi-amateur. Aller à Saint-Étienne, se lever à 6h du matin, et jouer à 14h30, ce n'est pas forcément évident. Jouer l'Olympique Lyonnais un mercredi non plus. J'ai des filles qui sont étudiantes, d'autres qui travaillent. Elles prennent un jour de congé, et le lundi, elles vont au boulot ou en cours. Il faut gérer tout ça, bien récupérer pour être le plus performant possible. C'est tous les enjeux du club. Il faudra être performant à La Roche qui a sorti Bordeaux. Il faut être concentré sur la récupération et se tourner vers ce match, et prendre les matchs les uns après les autres en voulant être de plus en plus performants.

La Coupe est désormais l'objectif ?
Aujourd'hui, Camille Catala et Clara Matéo sont sorties. Ce n'est pas dû à leur performance mais on a essayé de gérer. Ces deux filles-là sont sorties parce que dimanche c'est une priorité. On espère pouvoir compter sur Estelle (Cascarino) dimanche.

La rencontre à Montpellier (0-0) vous a servi de match référence ?
Le match à Montpellier est un match qui a fait du bien au groupe. On avait besoin effectivement de repères. Et Montpellier qui est extrêmement cohérent dans sa politique depuis trois ans, dans ses performances, judicieux dans son rencontre. On aurait pu gagner le match, on a été bien sur le plan physique. On a leur posé problème. Cela a fait du bien au groupe, à chaque fille, sur le plan moral, sur le plan de la confiance. On enchaîne avec ce mois de février qui est colossal où vous jouez une fois Montpellier, deux fois Lyon, une fois le PSG et la Coupe de France. Il faut le gérer avec un effectif qui est de qualité, mais jeune et pas pléthorique. On essaye d'être très soucieux de la préparation et de la récupération. On veut bien gérer ce mois de février qui est délicat et je pense que le groupe y apporte de bonnes réponses sur le plan moral, mental et aussi au niveau du jeu.

Aujourd'hui, il a aussi fallu pallier à la blessure de dernière minute de Dusang ?
Sandrine (Dusang) qui était bien hier (ndlr : mardi), a ressenti un douleur. On a dû s'adapter et trouver une solution en charnière centrale. Toutes ses choses, on s'essaye de les anticiper. Les filles sont remarquables de disponibilité et d'intelligence. Il y a Anaig Butel qui a joué un rôle intéressant. Je l'ai utilisé dans le milieu, elle est performante, régulière dans ses prestations, aussi en défense centrale et aujourd'hui latérale. Cela veut dire que les choses ne sont pas toujours simples. Elle n'a pas Julie Soyer, expérimentée. Il avait aussi cela à pallier. J'ai essayé de proposer quelque chose de cohérent.

Propos recueillis à Bondoufle,
Sylvain Jamet

Jeudi 16 Février 2017
Sebastien Duret

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