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Handball : la parité récompensée

La réussite du handball féminin français, qui vient de remporter la médaille d'argent au Championnat du monde en Chine, récompense une politique de parité mise en place depuis dix ans par la Fédération. " On arrive à peu près aux mêmes résultats avec les filles qu'avec les garçons parce qu'on a mis les mêmes moyens. On a fabriqué deux structures parallèles identiques dès l'an 2000", explique le directeur technique national (DTN) Philippe Bana.



La sélection féminine de hand (photo : FFHB)
La sélection féminine de hand (photo : FFHB)
Cette égalité de traitement concerne au premier chef l'élite. En montant sur la deuxième marche du podium, les Françaises ont empoché une prime de 25 000 euros par joueuse et auraient touché 40 000 en cas de victoire, soit la même chose que les hommes lors de leur triomphe en début d'année en Croatie.

Durant la compétition, elles ont profité d'un staff aussi nombreux que les garçons avec une dizaine de personnes en permanence à leur service, entre les entraîneurs, le préparateur physique, le médecin et les gens chargés de l'intendance.

La stratégie est identique dans la formation,
même si la base de la pyramide reste nettement plus large chez les garçons que chez les filles, qui représentent un tiers des pratiquants avec 150.000 licences. " On a mis la même usine à champions en fonctionnement. Il y a 47 pôles espoirs entre 15 et 18 ans où sont rassemblés les meilleurs, moitié garçons, moitié filles", dit Bana.

Les Françaises se sont inclinées en finale face à la Russie (photo : OF)
Les Françaises se sont inclinées en finale face à la Russie (photo : OF)
Les résultats dans les catégories de jeunes ont rapidement suivi. Il y a deux ans, la France a été championne d'Europe chez les 18 ans, avec dans ses rangs la demi-centre Allison Pineau, une des pièces maîtresse de l'équipe d'Olivier Krumbholz. " Elles ont l'habitude de jouer les Coréennes, les Danoises, dès 15 ou 16 ans. Il n'y a pas de surprise à les voir faire jeu égal avec des filles qu'elles connaissent depuis quatre ou cinq ans", souligne le DTN.

Le revers de la médaille est qu'il se produit en handball le même phénomène qu'en football ou en basket : la France forme des joueuses qui font ensuite le bonheur des grands clubs étrangers, beaucoup mieux armés financièrement malgré le lancement d'une ligue professionnelle dans l'Hexagone.

C'est ainsi qu'après la médaille d'argent du Mondial 1999, acte de naissance du handball féminin tricolore au plus haut niveau, la majorité des piliers de l'équipe ont quitté leur pays pour gagner leur vie, comme Valérie Nicolas, Stéphanie Cano ou Leila Lejeune, principalement au Danemark, où les salaires sont trois fois plus élevés, selon Bana.

On peut parier sans prendre trop de risques que de nombreuses Françaises auront tapé dans l'œil des sergents recruteurs envoyés en mission en Chine, d'autant que l'équipe tricolore est composée majoritairement de jeunes. Parmi les seize médaillés d'argent, quatre seulement évoluent à l'étranger cette saison : Raphaëlle Tervel et Amélie Goudjo à Saint-Sébastien en Espagne, Paule Baudouin à Esbjerg au Danemark et Marion Limal à Vienne en Autriche. Combien seront-elles au début de la saison 2010-2011 ?


Mardi 22 Décembre 2009
Sébastien Duret

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