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Ligue 1 - Ligue 2 : la liste des sections féminines s'allongent : 26/40 !

Avec le passage de Templemars FF sous le giron du LOSC, la liste des clubs pro avec des sections féminines s'allongent. Les trois-quarts des clubs de Ligue 1 en ont désormais une.



L'OS Monaco dans les années 90 était proche de l'ASM
L'OS Monaco dans les années 90 était proche de l'ASM
Alors que le Président des Girondins de Bordeaux avait montré au printemps dernier un intérêt nouveau pour le football féminin et un possible rapprochement non réalisé à ce jour avec l'ES Blanquefort (D2), d'autres clubs ont franchi le pas. Ainsi le Gazélec d'Ajaccio fraîchement promu en Ligue 1 se dote d'une section féminine et engage son équipe féminine seniors à la rentrée. Le Havre AC qui avait déjà créé des équipes de jeunes lance également une équipe seniors féminine à la rentrée prochaine.

D'autres clubs récupèrent les droits sportifs de clubs féminins existant à l'image du Lille OSC avec Templemars FF, comme l'avait fait Metz et Algrange il y a un an. En Ligue 1, ce sont désormais 75% des clubs qui ont des sections féminines ! Et pourtant il n'y a pas si longtemps, certains de ces clubs parlaient d'effet de mode et n’envisageaient pas d'en créer.

Et si l’on se souvient que la plupart des clubs historiques du football féminin sont à l’origine des sections féminines de clubs masculins (l’ES Juvisienne, le FC Lyon, l’AS Soyaux, l’Olympique Héninois) qui ont pris leur indépendance quand il est apparu que les arbitrages se faisaient toujours en faveur des équipes masculines, y compris quand le niveau auquel jouaient les uns et les autres n’avaient rien à voir et quand c’est l’équipe féminine qui abondait le budget. La situation est très différente actuellement puisque le foot pro des garçons draine des sommes phénoménales et qu’un faible pourcentage de celles-ci fait un budget confortable pour une équipe de D1 féminine.

Devant les exemples de Montpellier et de Lyon et avec la médiatisation et le public croissant auprès de la pratique féminine, le discours actuel est de souhaiter que chaque club pro masculin investisse dans le football féminin. C'est donc certainement une très bonne chose qu’une partie du budget du football professionnel permette d’améliorer les structures et la formation du côté des filles. Mais adosser de façon systématique une équipe féminine à un club masculin fait d’office que cette équipe n’est plus l’équipe fanion du club, et par suite qu’en cas de difficulté du club, elle sera parmi les premières à subir les conséquences.

L’effet Superleague Formula

Le FC Metz a rejoint le giron l'été dernier (photo A Nelson Sindfoul)
Le FC Metz a rejoint le giron l'été dernier (photo A Nelson Sindfoul)
L’arrivée de l’OM en D2 il y a un an est même suivi de la volonté de voir leur arrivée en D1 comme le prétendent certains commentateurs, persuadés que le football féminin a à gagner à des affiches OM-PSG et ASSE-OL. Pourtant, si le projet marseillais est séduisant, c’est parce qu’il s’agit de la construction de A à Z d’une équipe féminine qui monte les échelons et qui disposera de structures de haut niveau, pas à cause d’un badge « Droit au but » destiné à créer une concurrence artificielle avec tel ou tel club. Outre que les rivalités du football masculin ne sont pas obligatoirement ce qui est le plus à copier dans le football féminin, jusque là relativement épargné par sa faible médiatisation, ce n’est sans doute pas une bonne manière de valoriser la discipline.

Au milieu des années 2000, quelques promoteurs ont pensé bénéficier de la notoriété des clubs de football et de la passion de leurs supporters pour organiser une compétition reprenant les couleurs de grands clubs. Cela aurait pu être des courses de chevaux et des casaques de jockeys, mais ça a été des courses automobiles. La curiosité a été de mise un an ou deux pour voir la voiture du FC Bâle prendre un tour à celle de Manchester United. Puis rapidement, l’intérêt pour cette formule monoplace avec des pilotes inconnus s’est émoussé et au bout de quelques années, le championnat a été arrêté.

Quel avenir sur le long terme ?

La leçon que peut en tirer le football féminin est que si la compétition en elle-même n’est pas intéressante, le fait de porter les couleurs de clubs connus ne va pas faire illusion très longtemps. Et qu’il vaut mieux travailler à des ressources propres comme le fait Juvisy d’un côté, ou Lyon de l’autre où le club cherche à développer des revenus directement liés à l’équipe féminine pour équilibrer son budget, produire un jeu séduisant et un championnat palpitant, que de compter uniquement sur des « affiches » venues d’un autre contexte.

Le passé l'a d'ailleurs déjà démontré, le FC Metz, l'Olympique de Marseille ou encore le Stade de Reims ont eu leurs équipes féminines jusque dans les années 80. Mais celles-ci avaient progressivement disparu au sein de ces clubs. Si aujourd'hui elles renaissent, il reste à savoir quel avenir sur le long terme peut-on escompter pour ces équipes. D'autres clubs parlent d'effet de mode et n'envisagent pas d'en créer à l'image de Lille, Bordeaux ou encore Rennes.

Sébastien Duret
avec CHR$

LES 15 SECTIONS FEMININES DANS LES CLUBS DE LIGUE 1

Ajaccio GFC => DH (création en 2015)
Guingamp => D1 (intégration de St Brieuc en 2011)
Lille => D2 (intégration de Templemars-Vendeville FF en 2015)
Lorient => D2 (création en 2004)
Lyon => D1 (intégration du FC Lyon en 2004)
O. Marseille => D2 (création en 2011) (ancienne section dissoute en 1986)
Monaco => District (intégration de l'OS Monaco en 2010)
Montpellier => D1 (intégration de Montpellier Le Crès en 2001)
Nantes => District (création d'une équipe seniors en 2014 - jeunes en 2012) NB. Rapprochement proposé avec Nantes St Herblain en 2014 n'ayant pas abouti
Nice => DH (création en 2005)
PSG => D1 (création en 1971)
Reims => D2 (création en 2014) (ancienne section dissoute en 1985)
Saint-Etienne => D1 (intégration du RC St-Etienne en 2009)
Toulouse => D2 (intégration du Toulouse OAC en 2001)
Troyes => DH (création en ? (antérieure à 1986))

Ils n'ont rien !
Angers
Bastia
Bordeaux
Caen
Rennes

ET ONZE EN LIGUE 2

Bourg Péronnas => DHR (création en 2012)
Brest => DH (création en 2012)
Clermont-Ferrand => DH (intégration d'Aulnat en 2014)
Dijon => D2 (intégration de St Apollinaire en 2010)
Evian-Thonon Gaillard => DH (rapprochement avec Ambilly en 2013)
Le Havre => DH (création jeunes en 2014 - seniors 2015)
Metz => D1 (intégration d'Algrange en 2014)
Nancy => D2 (création en 1970)
Niort => DH (intégration de Niort FF en 2010)
Paris FC => PL (création en 2005)
Tours => DH (intégration de Tours EC en 2004)

Rapprochements conventionnels :
Nîmes (avec Nîmes FF)
Lens (avec Arras FCF)

Sections féminines dissoutes :
Laval (2012)
Red Star (2010)
Valenciennes (2007)

Ils n'ont rien !
Ajaccio AC
Auxerre
Créteil
Sochaux

Vendredi 24 Juillet 2015
Sebastien Duret

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