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Priscilla Bencini : « Je ne nous vois pas en D2 »

Reporté à mercredi (20h), le match ultra-décisif pour le maintien entre Soyaux et la Roche/Yon s'annonce électrique. Les Soljadiciennes doivent, à tout prix, l'emporter à domicile sinon elles seront quasiment reléguées. Une catastrophe pour le club doyen de D1. La capitaine, Priscilla Bencini pense, elle, que pour gagner ce « combat », il faudra être « prêtes mentalement ».



Priscilla Bencini : « Je ne nous vois pas en D2 »
Priscilla, vous allez jouer votre survie, mercredi, face à La Roche/Yon, comment abordez-vous cette rencontre décisive?
Ça va être délicat, on a travaillé toute la semaine pour bien aborder ce match aussi bien physiquement que mentalement. On a surtout fait un très gros travail mental et on sait qu'on va tout donner.

Dans quel état d'esprit êtes vous ?
Je suis confiante. On a beaucoup bossé mentalement car il va falloir être prêtes dans ce domaine et je pense que tout le monde l'est. Maintenant la pression va monter, on y pense, on y pense... Et puis, mercredi, on sera au rendez-vous.

La victoire est impérative, mais pour passer devant votre adversaire direct, il va falloir gagner par plus d'un but d'écart à cause du goal-average particulier (à l'aller Soyaux s'était incliné 1 à 0 à La Roche/Yon). On a eu du mal dans le secteur offensif cette saison. Maintenant, mercredi, on va évoluer dans un système où toute l'équipe va être portée vers l'avant. Et peu importe qui va marquer, sur ce match il va falloir que ça marche.

« Se battre les unes pour les autres »

Quel a été le discours du coach, Bernadette Constantin ?
Ça va être un combat aussi bien technique, physique que mental. Il lui faut des filles capables de gérer la pression ce qu'on n'a pas vraiment su faire cette saison car on a un effectif très jeune et la pression des matchs a été un peu trop importante pour certaines joueuses. Elle insiste beaucoup sur cet aspect mental, elle a essayé de repousser nos limites pour nous dire que le jour J, il faudra qu'on se batte les unes pour les autres.

Vous avez marqué 11 buts en 20 matchs, vous êtes la moins bonne attaque de D1, comment expliquer cette inefficacité ?
C'est dur à expliquer. C'est surtout dur à digérer car on fait tout ce qui faut à l'entraînement mais on a des attaquantes qui n'ont plus confiance devant le but. C'est simplement une question de confiance car si on ne marque pas au début, on rentre dans un cercle vicieux et c'est dur d'en sortir.

Qu'est-ce qui fera la différence ?
Le mental. Mais je pense que La Roche va jouer pas mal derrière donc il va falloir être patiente, faire tourner, prendre le jeu à notre compte. On n'a pas le temps de les attendre, de les laisser à venir.

Il faut marquer un but d'entrée pour ne pas trop douter ?
Il faut faire comme à Toulouse où l'on avait marqué dès le début. On sait que c'est vraiment important mentalement sachant que là ce sera déterminant. C'est fou de jouer une saison sur un match, mais ça fait partie du sport de haut niveau. La première équipe qui marquera aura un pied en D1.

Même si le contexte était différent, vous aviez eu une saison difficile, l'année dernière, est-ce que cela peut-être un atout ?
Nous les « vieilles », on a déjà connu ça, mentalement on sait qu'on en est capable, on l'a déjà fait.
Pour le club, le staff, les coachs on va tout faire, maintenant on a un effectif très jeune et cela a vraiment été déterminant cette année. Il faut qu'on leur disent qu'elles en sont capables et après il faut se le prouver mais aussi le prouver, au staff, au public, au coach.

« Il y a un fossé entre les jeunes et « nous » »

Quel regard vous portez sur l'adversaire ?
On pense qu'elles vont défendre, c'est leur jeu, il n y a pas de souci là-dessus. Maintenant c'est une équipe qui a souvent été dans cette situation là. Ça va surtout être un combat mental car techniquement et tactiquement on sait comment elles jouent. Maintenant, il faut être plus fortes qu'elles mentalement. Elles donneront tout aussi car elles vont jouer leur saison là-dessus.

Ce serait terrible que le club doyen de D1 descende à l'échelon inférieur...

Je n'y pense pas trop, je suis assez confiante. Je préfère ne pas aborder le sujet même si je ne l'occulte pas, car cela reste du foot et on ne sait pas ce qui peut se passer, mais pour moi je ne nous vois pas en D2, l'année prochaine. Cela fait seize ans que je suis au club et ce serait vraiment catastrophique... Mon état d'esprit reste en D1 et je ne suis pas encore en D2, ça c'est sûr

Comment jugez-vous votre saison ?
Dur, dur. On a un effectif très très jeune et il y a une très bonne ambiance malgré les résultats. Maintenant c'est vrai qu'on se retrouve à deux ou trois anciennes et que, malgré tout, il y a un fossé entre les jeunes et nous. C'est surtout un manque de maturité, un manque de préparation pour les matchs, le fait aussi d'avoir du mal à gérer la pression. On essaye de préparer les jeunes, c'est dur car on n'a pas la même culture footballistique, la même éducation footballistique. La nouvelle génération n'a pas du tout les même attentes, les mêmes besoins. C'est délicat mais on reste sur une très bonne ambiance malgré tout et heureusement !
C'est une saison difficile en plus en tant que capitaine je me dis que si on en est là, il y a peut-être quelque chose que je n'ai pas su faire correctement.

C'est la plus difficile ?
Oui, la plus difficile mentalement. Je m'étais toujours dit que de vivre une situation comme celle-ci , je ne pourrais pas y faire face car perdre tous les dimanches, c'est dur. Malgré tout, avec les joueuses, les coachs, il y a eu pas mal de dialogue pour essayer de gérer ça. On a discuté, on a organisé pas mal de petites réunions entre nous pour essayer de faire bouger les choses, de trouver des solutions.

Propos recueillis par Thibault Simonnet pour footofeminin.fr

Mardi 8 Juin 2010
Thibault Simonnet

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