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#U20WWC - Face à l'ANGLETERRE pour terminer sur une bonne note

Lundi, la France a vu son rêve de titre mondial s'envoler face à l'Espagne, mais il lui reste une dernière rencontre à disputer, celui pour une place sur le podium. Face à l'Angleterre, les Bleuettes auront certainement à cœur de se racheter après ce qui pourrait être caractérisé de non-match en seconde période face à l'Espagne.



Lakrar et ses partenaires prêtes à défier l'Angleterre (photo FIFA.com)
Lakrar et ses partenaires prêtes à défier l'Angleterre (photo FIFA.com)
Ni l'Angleterre, ni la France ne décrocheront un premier titre mondial cette année. Mais s'il s'agit d'une déception pour les Bleuettes, pour lesquelles il s'agissait d'un objectif, c'est moins que le cas pour les Young Lionesses, d'ores et déjà auteures du meilleur parcours de leur histoire dans la compétition. Du côté des Tricolores, ce dernier match peut lui permettre d'accrocher la médaille de bronze et de terminer pour la troisième fois consécutivement sur le podium de la Coupe du monde, confirmant ainsi, et ce malgré l'absence de titre, que la formation française est performante. Du côté anglais, le résultat de cette équipe est une bonne nouvelle de plus dans un pays où le football féminin progresse rapidement dans le sillage d'une sélection nationale qui a terminé sur le podium de la dernière Coupe du monde senior.

Malgré l'absence de titre, de l'enjeu

Pour les deux équipes, il faudra savoir oublier la déception de la demi-finale et avoir réussi à se remobiliser pour terminer le tournoi de la meilleure des façons possible. Cela ne devrait pas poser de problème pour l'Angleterre, au vu de la déception relative de sa défaite face à un Japon nettement supérieur et d'une carotte sous forme de premier podium mondial dans cette catégorie d'âge. L'inconnue est française. Passée à côté de son match face à l'Espagne -la deuxième période au minimum-, les espoirs de titre à domicile envolés face à une équipe qui n'a pas particulièrement impressionné, l'équipe de France devra cette fois-ci trouver le bon équilibre entre ambition et pression pour retrouver les éléments qui lui ont fait défaut lundi, particulièrement mentalement et collectivement. Elle avait réussi à le faire en 2014 pour battre la Corée du Nord, et le staff de l'équipe de France doit se servir de cette expérience pour réussir à motiver ses joueuses pour obtenir un résultat similaire.

Quelles joueuses sur le terrain ?

Ce match pour la troisième place voit souvent les sélectionneurs donner du temps de jeu à des joueuses qui n'en ont pas eu (beaucoup) au cours de la compétition, malgré l'enjeu. Il ne serait donc pas surprenant de voir des nouvelles têtes sur le terrain ce vendredi, notamment du côté anglais puisque la rotation a été très réduite (voir plus bas). Il semblerait logique cependant de voir les ailières Rinsola Babajide et Niamh Charles débuter sur les ailes après leur bonne entrée en jeu contre le Japon, ce qui permettrait aux Anglaises d'avoir un souffle nouveau en attaque. Il est difficile pour Mo Marley de se passer de Lauren Hemp, la seule véritable menace anglaise avant les remplacements, et qui pourrait faire de gros dégâts dans la défense française. Il en va de même pour Georgia Stanway, capable de faire la différence individuellement, mais qui a été en retrait contre le Japon et pouvait sembler fatiguée. Toujours en lice pour le Soulier d'Or de la compétition, elle devrait être sur le terrain. Dans le secteur défensif, difficile de dire si Marley décidera de tourner. Voir Ellie Roebuck dans les buts ne serait pas surprenant.

Du côté français, l'incertitude est de mise comme toujours avant les matches, étant donné le large turnover opéré par Gilles Eyquem durant la compétition. Donnera-t-il du temps de jeu à Léna Goetsch et Pauline Dechilly sur les côtés de la défense ? À Christy Gavory au milieu du terrain ? Décidera-t-il de titulariser Marie-Antoinette Katoto en attaque, tentera-t-il une attaque à deux avec Amélie Delabre, quatre buts à son compteur ? Restera-t-il sur la lancée de la demi-finale ? Le choix est compliqué, les questions sont nombreuses, et il est impossible d'y répondre...

Plus peut-être que la composition de l'équipe, c'est la tactique, l'état d'esprit, la solidarité et le collectif qui devront répondre présents côté français, après avoir failli contre l'Espagne, qui avait pourtant montré des failles dont les Françaises n'ont pas su profiter, déjouant totalement après le but de Guijarro. La tactique et le style de jeu anglais sont connus, mais ceux-ci se sont montrés très efficaces jusqu'en quart de finale face à des défenses qui ne présentaient pas les qualités individuelles et collectives du Japon. La France sait ce qui lui reste à faire...

Charlotte Vincelot

L'analyse du jeu anglais (par Sylvain Jamet)

L’Angleterre est une équipe avec un projet de jeu simple et clairement défini : utiliser la vitesse et la créativité de ses deux attaquantes vedettes pour surprendre l’adversaire. C’est une équipe extrêmement rodée puisque la coach Mo Marley ne fait quasiment pas tourner comme le démontre les temps de jeu du onze titulaire, pour un temps de jeu maximum de 450 minutes en 5 matchs (
- Sandy Maciver 5m 450 min
- Anna Patten 5m 450 min
- Grace Fisk 5m 450 min
- Megan Finnigan 5m 450 min
- Chloe Peplow 5m 436 min
- Georgia Stanway 5m 431 min
- Mayumi Pacheco 5m 431 min
- Chloe Kelly 5m 426 min
- Alessia Russo 5m 400m
- Lauren Hemp 5m 396 min (remplaçante pour le deuxième match du groupe B)
- Mollie Rouse 4m 333 minutes (suspendue contre les Pays-Bas)

Le temps de jeu du onze titulaire représente 94% du temps de disponible sur l’ensemble du tournoi. Par comparaison le temps de jeu des onze joueuses les plus utilisées par Gilles Eyquem est de 77%. On peut dire que Mo Marley a compté sur onze joueuses en général alors que Gilles Eyquem a utilisé seize joueuses de manière importante. La coach anglaise avait d’ailleurs mentionné après la demi-finale contre le Japon que la fatigue et l’accumulation des matchs avait peut-être pesé lourd dans les jambes de ses joueuses.

L’Angleterre a une belle force de frappe ayant marqué 12 buts en cinq matchs avec la répartition suivante : Georgia Stanway cinq buts, Alessia Russo trois buts et une passe décisive, Lauren Hemp trous buts et trois passes décisives, Chloé Kelly un but et une passe décisive. Les buteuses sont les quatre joueuses à vocation offensive de l’équipe, elles ont toute un même point commun, une grosse vitesse de course et il faudra s’attendre à les voir essayer de partir dans le dos de la défense française de manière fréquente.

Défensivement, c’est relativement solide mais sans plus, avec six buts encaissés en cinq matchs. Le replacement collectif à la perte de balle est une action demandée à toutes les joueuses, y compris les attaquantes avec un système qui passe en 4-5-1 à plat en général. Un bloc équipe compact souvent posé au milieu de terrain et qui peut reculer si besoin est.

La transition offensive est son point fort grâce a un plan de jeu bien huilé, récupération puis en une ou deux passes jeu direct vers l’avant pour Hemp ou Stanway dans l’axe et vers Russo ou Kelly sur les ailes. En comparaison, le jeu de possession des Anglaises est moins précis et créatif que celui du Japon et de l’Espagne et un peu moins que celui des Françaises. L’Angleterre est moins à l’aise face a une défense regroupée et bien en place.

Il sera intéressant de voir si Mo Marley renouvelle sa confiance à son onze de base ou si elle ouvre certaines positions à des joueuses qui ont eu peu ou pas de temps de jeu jusqu’à présent. Il est clair que les Anglaises sont très motivées comme l’a déclaré le milieu de terrain Georgia Allen « Ce match pour la troisième place est très important, c’est un gros match, et nous savons ce que nous devons faire pour le remporter ». L’équipe la plus fraiche physiquement aura de grosses chances de l’emporter ainsi que celle qui aura la force mentale la plus solide et qui ce sera le mieux remis de la défaite en demi-finale.

Vendredi 24 Août 2018
Charlotte Vincelot/Sylvain Jamet

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