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#D1Arkema - Affluences : une augmentation confirmée mais mesurée

Après 12 journées de championnat et la reprise ce week-end, c'est l'occasion de faire le bilan des affluences de la D1 Arkema. En augmentations constantes depuis 15 ans, les affluences dans les stades de D1 n'ont pas pour autant explosé après la Coupe du Monde en France.



Le Groupama Stadium a atteint un nouveau record il y a deux mois lors d'OL - PSG
Le Groupama Stadium a atteint un nouveau record il y a deux mois lors d'OL - PSG
La médiatisation du championnat et l'attrait sportif doivent encore se poursuivre pour valoriser la compétition et attirer le public. Les conditions d'accueil, la programmation des matchs, les tarifs et l'accessibilité sont aussi des enjeux prépondérants pour y parvenir.

À la mi-saison, la moyenne de spectateurs de la D1 dépasse les 1 200, soit près de deux fois que ce qu’elle était il y a seulement deux ans et six fois plus qu’avant 2011 lors de la première vague de médiatisation consécutive à la prestation des Bleues en Allemagne. Mais comme chaque saison depuis que la rivalité OL - PSG est exposée et traduite par un déroulement des matchs dans des grandes enceintes, la moyenne s'avère "faussée" par le seul fait de ses oppositions "hors norme". L’an dernier, la moyenne tournait autour de 900 mais le chiffre actuel est tiré vers le haut par le match aller OL-PSG qui a attiré 30 661 spectateurs, le record de compétition mais aussi le tiers de l’affluence cumulée depuis le début de saison. Si l'affluence de ce match est ôté, tout comme son match homologue de la saison précédente qui s’était joué devant 25 907 spectateurs, la moyenne redescend à 713 la saison dernière et est de 822 cette saison soit malgré tout une augmentation d’environ 15 %.

Dans la répartition, Lyon domine le championnat avec une affluence moyenne à 5 470 relevée par ce même match OL - PSG. Derrière Dijon (1 642) et Reims (1 150) font bonne figure tandis que le PSG est à 1 462. Mais certaines formations de part les enceintes proposées sont avec des moyennes inférieures à 500 et attendent de jouer à domicile l'OL ou encore le PSG.


La médiatisation télévisuelle

Plus de 5 000 spectateurs au stade Gaston Gérard (photo DFCO)
Plus de 5 000 spectateurs au stade Gaston Gérard (photo DFCO)
Si le quotidien de la D1 n'est pas suivie par le grand public, celui des Bleues attirent et les audiences télévisuelles le démontrent depuis 2011. D'ailleurs les saisons post 2011 et 2019 ont eu un effet sur l'affluence en D1. A cela s'ajoutent aussi depuis l'arrivée de Canal+ en 2018 et l'approche du dernier mondial en France, une croissance plus rapide et un probable lien de causalité non pas par rapport à la compétition directement mais la médiatisation au sens large du football féminin comme le laisse penser l'augmentation des audiences dès 2018.

En 2011, lors du précédent saut d’affluence (triplement en une saison), la Coupe du monde avait été précédée par la diffusion des matchs qualificatifs des Bleues sur D8 en clair, et par la victoire de l’OL en Coupe d’Europe diffusée sur la même chaîne avec un record d’audience à la clé.

Les affluences n’ont pour autant pas explosé car l’augmentation se fait par dizaines et un seul match par an dépasse les 20 000 spectateurs. Mais ce chiffre était déjà un record sur le sol français.

Les chiffres de la D1 n’ont jamais approché ceux des Bleues : le rapport entre les moyennes de spectateurs varie d’une saison à l’autre mais globalement les courbes d’évolution sont comparables depuis quinze ans, avec des chiffres 20 fois supérieurs pour l’équipe de France.


Et en Europe...

Du côté des championnats étrangers voisins, les moyennes sont sensiblement proches. En saison 2018-2019, la D1 (911 spectateurs de moyenne) se trouvait entre la FAWSL anglaise (1010) et la Frauen-Bundesliga allemande (833). Cependant l'Allemagne se distingue avec aucune affluence "hors norme" puisque les meilleures affluences du championnat avoisinent ces dernières saisons les 3 400 spectateurs. Au contraire de la France avec le duel OL - PSG ou encore l'Angleterre qui à moins de deux ans de l'Euro met les bouchées double.

La FA profite des week-ends de compétitions internationales masculines pour promouvoir et décaler avec les clubs recevants, les matchs de son championnat dans les grandes enceintes. Le public répond présent et les "rivalités" entre clubs historiques drainent le public. L'élaboration du calendrier y est aussi probablement pour quelque chose. Cette saison, cinq matchs ont déjà dépassé les 20 000 spectateurs avec 38 262 pour Tottenham, 31 213 pour City, 24 790 pour West Ham ou encore 24 564 pour Chelsea et 23 500 pour Liverpool. La moyenne est ainsi passée à plus de 4 000 spectateurs.

Dans les pays latins, les affluences ont été l'année dernière ponctuellement plus élevées notamment du côté de l’Espagne. Des affiches événementielles attirent du public comme Atletico-Barcelone joué devant 60 739 spectateurs ou encore en Italie et Juventus-Fiorentina devant 39 027. Il reste au delà des stades proposés, de la médiatisation et des affiches, des phénomènes culturelles et sociétaux à mettre en adéquation, les publics anglais et allemands se rendent plus facilement dans les stades.

Les grandes enceintes restent pour accueillir l'OL et le PSG

Les Parisiennes comptent sur un contingent régulier d'Ultras lors de leurs matchs (photo PSG.fr)
Les Parisiennes comptent sur un contingent régulier d'Ultras lors de leurs matchs (photo PSG.fr)
Sur le même modèle de délocalisation de certaines affiches avec l'OL et le PSG, le public répond présent comme Reims l'a fait à deux reprises au Stade Delaune, Dijon au Stade Gaston Gérard ou encore Guingamp au Roudourou. Metz s'est aussi délocalisé à quelques mètres du stade Dezavelle pour aller à Saint-Symphorien permettant de passer d'une moyenne de 176 spectateurs à près de 2 000.

Cela reste cependant de l'ordre de l'exceptionnel et la répétition de rencontres dans de grandes enceintes en l'absence d'affiches risquerait d'avoir un effet pervers. L'équilibre est difficile à trouver dans une pratique en perpétuelle évolution. Il faudra continuer cependant à ce que la Fédération et les clubs à travers les différents outils et supports possibles assurent la promotion de la compétition que ce soit à l'échelle nationale mais aussi localement pour la crédibiliser auprès du public. Enfin sur l'aspect purement sportif, l'arrivée de la troisième place du championnat qualificative pour la Ligue des Champions ne pourra être que bénéfique pour l'attractivité.

Mercredi 15 Janvier 2020
S. Duret (avec CHR$)


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