Footofeminin.fr : le football au féminin
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La LFFP accélère - VAR, nouveaux partenaires et plus de 40 M€ investis dans le football féminin

a Ligue Féminine de Football Professionnel a profité de sa conférence de presse de rentrée, ce lundi au siège de la FFF, pour présenter ses orientations et plusieurs nouveautés. Avec des affluences en forte progression, de nouveaux partenaires, l'arrivée de la VAR ou la création du Challenge Espoir, la LFFP veut changer de dimension. La Fédération, qui investit désormais plus de 40 millions d'euros dans le football féminin, entend parallèlement développer toute la filière, de la pratique amateur jusqu'aux Bleues.



La conférence de presse s'est tenue au siège de la FFF
La conférence de presse s'est tenue au siège de la FFF
Pour Philippe Diallo, le développement de la LFFP ne peut être dissocié de celui de l'ensemble du football féminin. Le président de la FFF a rappelé une stratégie allant de la pratique amateur à l'Arkema Première Ligue, en passant par la formation et les équipes de France. Un projet qui répond à la fois à « un objectif de performance » et à « un objectif sociétal », avec la volonté de donner davantage de place aux femmes dans le football.

Une croissance qui place désormais la France au troisième rang européen

Trois ans après la préfiguration de la LFFP, les premiers indicateurs présentés sont encourageants. Les affluences ont progressé de 41 % en une saison et ont plus que doublé depuis la création de la Ligue. La France se situe désormais au troisième rang européen en termes d'affluence moyenne, devant l'Espagne et derrière l'Angleterre et l'Allemagne. L'ambition affichée est désormais de réduire l'écart avec cette dernière.

La progression est également numérique : la LFFP a annoncé une hausse de 125 % des impressions, de 167 % des vues et de 53 % du nombre d'abonnés sur ses supports, tandis que les audiences YouTube ont été multipliées par quatre en deux ans. Une croissance qui conduit la vice-présidente de la LFFP, Andréa Csnijic, à comparer régulièrement le football féminin français à une « start-up ».

La professionnalisation se traduit aussi dans les clubs. Les salaires ont augmenté de 30 % en trois ans et le nombre de contrats à temps plein de 60 %. Jean-Michel Aulas a également insisté sur l'apport des investisseurs français et étrangers qui ont permis, selon le président de la LFFP, de construire progressivement un « business model » positionnant la France parmi les principaux championnats européens.

Philippe Diallo a donné un autre chiffre significatif de l'effort engagé : la FFF consacre désormais plus de 40 millions d'euros au football féminin, avec des investissements multipliés par 2,5 en deux à trois ans.

Cette croissance pourrait progressivement conduire à une plus grande autonomie commerciale. « On peut imaginer des programmes marketing qui petit à petit soient spécifiques au football féminin », a expliqué le président de la FFF, qui inscrit cette évolution dans une vision à moyen et long terme.

VAR, Challenge Espoir : professionnaliser encore davantage

Cette saison doit permettre de franchir une nouvelle étape avec la généralisation de la VAR en Arkema Première Ligue. Après une première utilisation lors de la phase finale, l'assistance vidéo à l'arbitrage sera désormais présente tout au long du championnat.

Philippe Diallo assume l'investissement réalisé par la Fédération à la demande notamment de Jean-Michel Aulas. « Tout ce qu'on essaie de faire, on essaie de mettre le football féminin à égalité avec le football masculin », a expliqué le président de la FFF. Au-delà de l'équité sportive, il y voit « une marque de reconnaissance de l'Arkema Première Ligue comme le grand championnat d'élite professionnel féminin ».

Autre nouveauté, la création du Challenge Espoir LFFP. Sept clubs participeront à cette première édition : OL Lyonnes, Paris Saint-Germain, Paris FC, FC Fleury 91, Montpellier FC, Olympique de Marseille et AJ Auxerre. Chacun disputera six rencontres. Cette nouvelle compétition doit notamment offrir un espace supplémentaire aux jeunes joueuses et renforcer le lien entre la formation et les équipes premières.

Cette volonté de structuration bénéficie également d'un nouveau contexte législatif. La récente évolution de la législation sur le sport professionnel a été présentée comme une avancée importante pour le football féminin, notamment par la reconnaissance d'un principe de solidarité entre secteurs professionnels masculin et féminin et les perspectives offertes en matière de gouvernance et de visibilité médiatique.

Canal+ renforce l'exposition, MGEN et Butagaz arrivent

L'autre enjeu concerne la visibilité du championnat. Canal+ poursuit son engagement dans la durée avec la volonté d'aller au-delà de la simple retransmission des rencontres. Des programmations exceptionnelles le vendredi ou le samedi à 21 heures sont annoncées, tandis que « Jour de Première Ligue » revient chaque lundi soir avec une contribution accrue des clubs.

La LFFP veut également multiplier les expériences immersives : caméras et micros au plus près du terrain, sonorisation des arbitres, accès aux staffs et aux joueuses ou interviews dans de nouveaux espaces. Des productions documentaires doivent compléter cette exposition, dont « L'empreinte des Lyonnes » autour d'OL Lyonnes.

La diffusion de l'intégralité des rencontres reste un objectif à terme. La LFFP souligne toutefois que celui-ci suppose de résoudre plusieurs questions de coûts et d'infrastructures. La qualité des terrains et celle des productions audiovisuelles sont notamment considérées comme essentielles pour ne pas dévaloriser le championnat.

Le développement commercial se poursuit parallèlement avec l'arrivée de nouveaux partenaires. MGEN devient partenaire majeur de la LFFP, avec un engagement notamment construit autour de la lutte contre l'abandon du sport chez les adolescentes. Une enquête présentée lundi indique que la moitié des filles arrêtent le sport avant 15 ans, six fois plus que les garçons, et que la moitié de celles qui abandonnent le font contre leur volonté.

MGEN accompagnera des actions auprès des pratiquantes et des encadrants et intégrera le comité consultatif de la Ligue. Le partenaire donnera également son nom au nouveau trophée de la joueuse du match MGEN, décerné lors des rencontres.

Butagaz Eco-Energie devient de son côté partenaire officiel de l'Arkema Première Ligue jusqu'en 2029 autour de trois valeurs – ambition, engagement et proximité –, avec notamment un dispositif d'Escort Kids accompagné de la mascotte Bob.

Pour Philippe Diallo, l'arrivée de nouveaux partenaires constitue un autre indicateur du changement en cours : b[« La dynamique enclenchée par la création de la Ligue [...] commence à donner ses fruits à tous les niveaux. »]b

De la féminisation de l'encadrement aux 500 000 licenciées

Le trophée de la joueuse du match a été présenté
Le trophée de la joueuse du match a été présenté
La stratégie présentée ne se limite cependant pas à l'élite. Interrogé sur la faible représentation des entraîneures en Arkema Première Ligue – Sandrine Soubeyrand étant la seule femme à la tête d'une équipe cette saison –, Philippe Diallo a reconnu la nécessité d'accélérer.

« La féminisation, on parle beaucoup des joueuses, mais évidemment elle doit toucher les arbitres, elle doit toucher les dirigeantes et elle doit toucher les coachs. » La FFF a notamment développé avec Nike un programme de formation qui aurait déjà concerné plus de 1 500 jeunes femmes destinées à devenir les entraîneures de demain. Le président fédéral a également rappelé la parité de son Comité exécutif et l'objectif de parvenir à des ligues régionales paritaires en 2028.

L'ambition quantitative reste elle aussi élevée. La FFF compte actuellement autour de 250 000 licenciées féminines et Philippe Diallo a confirmé l'objectif de parvenir à terme à 500 000. En revanche, il ne fixe plus d'échéance précise pour l'atteindre.

Le président de la FFF rappelle que cette croissance dépend aussi de facteurs extérieurs à la Fédération : disponibilité des terrains et des vestiaires, création d'équipes et de sections féminines ou investissements des collectivités. L'objectif des 500 000 licenciées devient donc davantage un cap de développement à long terme qu'un objectif associé à une date précise.

Les Bleues attendues comme accélérateur au Brésil

Il reste enfin un élément susceptible d'accélérer considérablement cette dynamique : l'équipe de France. Philippe Diallo en fait explicitement la « locomotive » et la « vitrine » du football féminin français.

La Coupe du monde au Brésil constitue ainsi un rendez-vous majeur pour l'ensemble du projet. « J'attends de cette équipe évidemment qu'elle ait une grande performance au Brésil », a expliqué le président fédéral. Et de préciser ce qu'il entend par là : « atteindre le dernier carré a minima, et si possible aller jusqu'au bout de l'aventure, c'est-à-dire ramener enfin un trophée au football féminin français. »

La performance des clubs français en Ligue des champions constituera l'autre indicateur sportif suivi de près. Pour la FFF comme pour la LFFP, résultats européens, affluences et parcours des Bleues sont intimement liés à la capacité du championnat à poursuivre sa croissance.

La situation économique de certains clubs rappelle néanmoins que cette progression reste fragile. Le cas de Dijon a ainsi été évoqué lundi, avec la nécessité de trouver de nouveaux investisseurs lorsque le soutien de la structure masculine disparaît. La LFFP assure suivre quotidiennement l'économie de ses clubs, en lien notamment avec les représentants des joueuses et les organisations concernées.

Entre plus de 40 M€ d'investissements fédéraux, la VAR, le Challenge Espoir, de nouveaux partenaires et une exposition audiovisuelle renforcée, la LFFP aborde donc une nouvelle étape de son développement. Après trois saisons consacrées à installer ses structures, l'enjeu est désormais de transformer la forte croissance de ses indicateurs en un modèle durable. Avec une ambition résumée par Philippe Diallo : permettre demain au football français de « marcher sur deux pieds : un football masculin et un football féminin ».


Lundi 7 Septembre 2026
Avec Daniel Marques

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