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Le foot féminin de demain - Premier volet : Quel championnat ?

Les 7 et 8 novembre dernier, les représentants de sept fédérations majeures en Europe étaient réunis à l’initiative de la FFF pour échanger et réfléchir à l’avenir du football féminin. Brigitte Henriques, ancienne internationale et désormais secrétaire de la FFF a à coeur de faire avancer le championnat. Ce colloque a permis de mieux cerner la situation chez nos voisins avant de faire des propositions concrètes.



Le colloque s'est conclu par les restitutions des deux journées de travail (photo Sébastien Duret)
Le colloque s'est conclu par les restitutions des deux journées de travail (photo Sébastien Duret)
En France, la réflexion est menée depuis 2011 et le Président Noël Le Graët a tenu à le rappeler en introduction : « Il importe de posséder des championnats de France de haut niveau sportif. Plus ils seront forts et attractifs, plus ils seront équilibrés, et plus ils seront à même d’être des locomotives nécessaires à l’essor de notre football féminin ». Dans ce domaine, il apparaît après deux jours d’échange que la France n’est pas en retard. Mais il faut continuer à structurer la discipline dans une pratique en pleine évolution.

L’attractivité du championnat
Il y a deux manières d’aborder cette thématique. La première consiste à se dire qu’il faut développer la formation de la joueuse pour amener à avoir du beau jeu. La seconde est de vouloir dès à présent du spectacle. A l’unanimité, les conclusions ont amené à vouloir rendre le « produit » plus intéressant en accroissant avant tout son niveau. Car de bonnes joueuses, formées, amènent plus de qualité dans les matchs. Dès lors, il est alors plus simple de vendre le « produit », de le commercialiser. Il a aussi été ajouté à cette conclusion l’importance d’avoir des infrastructures organisées.

Quelle période ?
Suivant les pays, les championnats se déroulent de septembre à mai, d’autres de mars à novembre. Des cultures différentes mais la cohérence d’un championnat se tient surtout par des rencontres déroulées en bloc, sans longue coupure. Cependant les problèmes évoqués font état des nombreuses compétitions internationales qui amènent à un calendrier haché. Certains pays qui se sont calqués sur le calendrier du football masculin réfléchissent de plus en plus à une formule plus « estivale ». Car il apparaît au ressort des échanges que « ce qui n’est pas possible pour les hommes, l’est peut être chez les femmes ». Aujourd’hui le foot féminin a eu tendance à dupliquer toutes les méthodes du football masculin en termes d’organisation. Mais cette solution n’est pas nécessairement la plus adaptée.

La révolution anglaise

(photo FFF)
(photo FFF)
Quel système ?
Avec des championnats réguliers, avec des systèmes de montées/descentes, l’Europe du foot féminin est comme celle des hommes. L’Angleterre a cependant révolutionné la formule en reproduisant un schéma proche des Américaines. Une Ligue fermée avec des critères de désignation des clubs, une approche aujourd’hui plus proche de l’esprit anglophone que des autres nations européennes. Il existe aussi la possibilité de faire des play-offs comme d’autres sports collectifs. Il semble cependant qu’il faille réfléchir à une licence club, un cahier des charges de minima à intégrer pour tout club de l’élite (cf. article publié prochainement).

Comment vendre le championnat ?

Quel que soit le sport, sa médiatisation est un outil majeur de son développement et de sa promotion. En France, la marque D1 et le logo qui s’y attache a permis de lui donner plus de lisibilité. La commercialisation des droits TV a aussi eu un moyen de montrer plus de football féminin et par conséquent de le rendre plus populaire. Reste que pérenniser, il faut des retours sur investissement et donc un produit de qualité.

LES AVIS DES REPRESENTANTS DES FEDERATIONS

Brigitte Henriques (Fédération française) : « Cela fait deux ans que je cherchais comment faire pour développer au mieux le football féminin, mais je n’ai pas trouvé de solution idéale. Ce séminaire entrait dans le cadre du plan de féminisation dont l’un des quatre axes est de jouer les premiers rôles au niveau européen et mondial, c’est-à-dire augmenter la compétitivité de la Division 1. On avait besoin de trouver des réponses, de savoir ce qui se passe ailleurs. Chaque pays a son propre modèle, mais avec un désir commun de le développer ensemble. Aujourd’hui on a besoin de revoir la pyramide des compétitions. Le passage à la D1 à huit ou dix équipes n’est pas pour tout de suite. On souhaite davantage de concurrence, avoir une D1 plus homogène en augmentant la compétitivité, en réduisant les écarts entre les clubs avec des clubs 100% féminin, des clubs pro qui ont envie de section féminine et des villes sans club pro dans un sport majeur masculin. J’ai été joueuse, je suis pressée de faire avancer les choses. »

Kelly Simmons (Fédération anglaise) : « Il n’y a pas de solution unique. La culture chez les clubs anglais est de beaucoup dépenser. Il faut faire une adaptation avec les nuances locales. Dans le football féminin anglais, nous avons un salary cap (ndlr : un plafond pour le salaire des joueuses). On a toujours eu tendance à se calquer sur le football masculin mais je ne sais pas si c’est la bonne solution, peut-être se montrer plus innovant par rapport aux calendriers masculins ».

Heike Ullrich (Fédération allemande) : « Nous avions eu des débats il y a deux ans. Mais aujourd’hui le niveau est beaucoup plus élevé. Nous avons un championnat compétitif avec douze clubs. Il n’y a pas lieu d’augmenter le nombre d’équipes, mais nous avons des discussions autour du calendrier car la moitié de l’année, nous avons des rendez-vous internationaux. Nous devons discuter des compétitions européennes pour avoir un calendrier qui va avec. Les Etats-Unis, le Japon ou encore le Canada n’ont pas de compétitions à ce niveau ».

Clemence Ross (Fédération néerlandaise) : « Pour nous, il n’est pas question de copier nos voisins. Nous avons beaucoup appris durant ces deux jours sur la façon d’améliorer nos infrastructures. Nous pouvons faire mieux dans le championnat avec la Belgique. Aujourd’hui nous voulons des succès, montrer que l’on peut faire mieux. Nous avons des idées plein la tête pour faire mieux ».

Victoria Svensson (Fédération suédoise) : « Nous avons de quoi être satisfaits déjà de tout ce que nous faisons. Mais ce n’est pas de l’autosatisfaction pour autant. Le plus important à résoudre pour nous, c’est l’écart entre la Division 1 et les divisions inférieures.

Goril Kringen (Fédération norvégienne) : « Tout a été dit par les précédents intervenants. Vos idées doivent nous aider ».

Anders Johansen (Fédération danoise) : « Il faut voir plus loin selon moi. Il faut savoir ce que l’on veut pour notre football dans 10 à 15 ans avec les filles qui arrivent aujourd’hui au football. C’est une stratégie de long terme. Pour moi, l’agenda n’est pas si important, l’expertise l’est plus quand on veut développer.

Le foot féminin de demain - Premier volet : Quel championnat ?

Mardi 24 Décembre 2013
Sebastien Duret

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