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Coupe du Monde - SUEDE - CANADA : les réactions

Retrouvez les réactions des joueuses canadiennes et suédoises après la qualification de la Suède en huitième de finale



Réactions du Canada : la déception prédomine

Sinclair et ses partenaires (photo Eric Baledent/FOF)
Sinclair et ses partenaires (photo Eric Baledent/FOF)
Kadeisha Buchanan (défenseure du Canada) : « On savait que ça allait être un match accroché, on était confiantes mais on pouvait donner encore plus. Le temps a joué contre nous. Comme d’habitude, le Canada n’abandonne jamais, et on se bat jusqu’au coup de sifflet final.

Les espoirs déçus du Canada : Un jour sans ? Je pense que la Suède a très bien joué. Nous savions qu’elles étaient très dangereuses dans la transition, c’est ce qui nous « tué » aujourd’hui. On aurait pu mieux gérer ces phases.

La chaleur : Si ça nous a handicapé ? Non pas trop, je pense qu’on a bien géré ce paramètre, on a beaucoup de façon de lutter contre ces températures élevées.

Sophie Schmidt (milieu du Canada) : « Je pense qu’on a réalisé une performance solide, sur le but on s’est un peu trop exposées. Mais c’est comme ça que fonctionne le foot. On a été très bonnes en première mi-temps, mais on n’a pas réussi à se créer assez d’occasions franches pour pouvoir marquer, c’est peut-être ce qui nous a le plus manqué lors de ce tournoi.

La différence entre la première et la deuxième période : Une fois qu’elles ont réussi à marquer, c’était difficile de revenir, puisqu’elles ont gagné en puissance, elles ont aussi pris plus de confiance, on s’est battues pour revenir, c’est passé tout près, mais être tout près, ce n’est pas assez.

Le penalty : Je ne sais pas pourquoi Christine (Sinclair) n’a pas tiré le penalty, je ne faisais pas partie de la prise de décision. La gardienne (Hedvig Lindahl), a été phénoménale, elle couvre beaucoup d’espace. On pensait que le ballon allait rentrer, mais tout ce qui est placé un peu en hauteur, elle l’arrête. Janine Beckie n’a pas eu de chance.

Son sentiment : Je suis écœurée, cette élimination me fend le cœur, surtout pour celles dont c’était la dernière coupe du monde. Non je ne pense pas que ce soit injuste.

Allysha Champan (latérale du Canada) : « La performance du Canada : Malheureusement, les Suédoises ont des joueuses très grandes donc c’était difficile pour nous de reprendre le ballon suite aux actions qu’on avait construites. Je pense qu’on aurait pu faire mieux dans les 30 derniers mètres adverses, et dans les transitions défensives. Mais globalement, j’ai trouvé qu’on avait réalisé une bonne prestation. On a tout donné sur le terrain.

Le but Suédois qui change la physionomie du match : Oui ça les a un peu reboosté. Mais on a aussi eu des occasions d’égaliser ensuite, on n’a tout simplement pas su les convertir. Il y a évidemment ce penalty (raté), malheureusement ce n’est pas rentré mais il faut aller de l’avant ».

Ashley Lawrence (photo Eric Baledent/FOF)
Ashley Lawrence (photo Eric Baledent/FOF)
Ashley Lawrence (latérale du Canada) : « La rencontre : C’était un match un peu bizarre. Je pense qu’on a bien joué, mais on savait que ça allait être serré. On s’est créé des occasions, on a failli marquer, la gardienne adverse fait un superbe arrêt sur le penalty, je pense que Beckie a bien tiré, mais parfois c’est comme ça. Bien sûr on est déçues, je pense qu’on doit gagner ce match. Notre objectif c’était de remporter la coupe du monde, mais c’est comme ça.

Le plan de jeu : On voulait utiliser les côtés oui, on savait qu’on avait de la vitesse dans les couloirs, afin de centrer vers Sinclair au centre, puisqu’elle est très bonne de la tête. Mais je pense qu’on doit faire plus, aussi quand on perd le ballon. On connaissait la vitesse de la Suède en transition, on devait leur couper l’espace défensivement. On a montré qu’on était ensembles, c’est notre équipe, on est collective et on est solides.
L’intensité qui a baissé de leur côté en deuxième période : On sait que pendant les matches, surtout face à la Suède, on va avoir des hauts et des bas. Parfois elles ont le ballon, parfois c’est nous, et quand c’est le cas on doit mieux faire. On doit prendre des risques, frapper au but. On doit en faire un peu plus, même si je pense qu’on a très bien joué ».

Christine Sinclair (attaquante du Canada) : « Ce qu’elle ressent après l’élimination : De la déception, pour être honnête je pense qu’on a bien joué ce soir. Je suis déçue du résultat mais pas de la façon dont on a joué, tout le monde a tout donné sur le terrain. En tant que joueuse on ne peut demander plus à ses coéquipières, on n’a pas eu assez de chance pour réussir à égaliser, mais c’est le jeu.

Le penalty :
On a plusieurs joueuses qui s’entraînent à les tirer après l’entraînement, Hedvig (Lindahl) avait arrêté mon penalty lors de l’Algarve Cup il y a quelques mois, c’est pourquoi je suis allée vers Janine (Beckie) pour lui demander si elle se sentait de le tirer. Elle m’a dit : « absolument ». Je me sens mal rien que de lui avoir demandé ça, j’ai toute confiance en elle, comme nous toutes, elle ne craint rien sur le terrain. Je lui ai demandé à la fin du match si elle avait placé le ballon où elle le voulait, elle m’a dit oui. On ne peut pas faire mieux. La gardienne a fait un arrêt de classe mondiale, c’est une grande gardienne, on ne pouvait rien faire en plus.

Si ça va la marquer : Celle-là va faire mal oui je pense, parce qu’on a bien joué, qu’on avait l’équipe pour aller plus loin dans ce tournoi, donc ça déçoit. Pour moi, la suite c’est d’aller à Portland, et d’essayer de gagner un championnat là-bas.
Si on la verra en 2023 : Je ne sais pas, on verra si le Canada veut de moi (sourire).

Suède-Allemagne : Ca va être une superbe rencontre, ce sont deux grosses équipes. Si la Suède peut battre l’Allemagne ? Oui, absolument, c’est une équipe très bien organisée défensivement, il saveznt prendre leur chance quand ils en ont une, et je crois que l’Allemagne n’a pas vraiment été bousculée jusqu’ici, donc ce sera un beau match.

Réactions suédoises : La confiance ascendante

Blackstenius ouvre le score (photo Eric Baledent/FOF)
Blackstenius ouvre le score (photo Eric Baledent/FOF)
Peter Gerhardsson (entraîneur de la Suède) : « J’ai eu la meilleure préparation possible face à l’Allemagne avec le match de ce soir. La manière dont on a joué ce soir montre que l’on peut jouer à haut niveau, surtout sur la seconde période. Au début nous étions sur la défensive, mais ensuite nous sommes montées. Nous avons bien défendu jusqu’à avoir cette occasion de but. C’est important d’avoir des joueuses aussi comme Lindahl pour faire la différence ».

Sur la défense : « Nous avions eu des difficultés lors des premiers matchs en défense. On n’était pas assez bon à cause d’un défaut de communication de notre part. Sinclair nous a posé des difficultés ».

Sur Blackstenius : « Lorsqu’on joue en attaque, c’est mieux pour la confiance quand on marque beaucoup. Mais j’aime avoir une équipe haute. On a de très bonnes joueuses devant qui défendent aussi très haut. Il ne faut pas trop penser à la confiance en soi sur le moment. Il faut jouer simplement. J’ai dit à Stina qu’elle avait très bien jouée. Elle n’était pas inquiète ou gênée pendant les entraînements. C’est très important pour elle, ça va compter. Ça va lui donner confiance ».

Stina Blackstenius (attaquante de la Suède, buteuse du jour) : « Le prochain adversaire, l’Allemagne : Je ne me concentre pas sur cet adversaire pour l’instant, on va bien profiter de cette victoire et de cette qualification, on voulait remporter ce match, maintenant on a quelques jours pour se préparer.
Son but : Je reçois une superbe passe d’Asllani, et quand j’ai vu le ballon je n’avais qu’une envie : être la première sur le ballon. Je suis si contente de faire partie de cette équipe.

Le public : C’est incroyable de jouer devant autant de monde. Je ne peux pas vraiment expliquer ce qu’on ressent, j’ai vraiment apprécié ce moment ».

Kosovare Asllani (milieu de la Suède) : « Le match : On est restées patientes, on a tenté de rendre le match compliquées pour elles, on savait qu’on allait se créer des occasions. Peu à peu on a réussi à récupérer le ballon un peu plus haut, on a réussi à marquer un but magnifique je dois dire (sourire). Et puis évidemment il y a eu ce magnifique arrêt de notre gardienne sur le penalty. On a été meilleures en seconde période c’est vrai, mais on ne peut pas être excellentes de bout en bout, on n’a peut-être pas été dominantes lors des 45 premières minutes mais on a proposé un très bon bloc défensif, on savait que le jeu allait s’ouvrir, il fallait être patientes.

Ce que ça faisait de jouer au Parc, elle l’ancienne du PSG : J’adore le Parc ! Le PSG a une place spéciale dans mon cœur. Quand je reviens maintenant je sens que ça fait partie de mon histoire. Je me sentais vraiment intégrée au projet du PSG, j’y ai été pendant 3 ans et demi, donc c’est forcément spécial. En plus j’adore Paris.

Enfin gagner à Lyon (en demie et en finale) ? (rires) Peut-être, mais on va prendre match par match ! »

(photo Frédérique Grando/FOF)
(photo Frédérique Grando/FOF)
Sofia Jakobsson (attaquante de la Suède) : « Son sentiment après cette partie : Oui forcément je suis heureuse, on ressent beaucoup de choses après un match aussi accroché. C’est un match où il y a tout eu, bien sûr il y a eu le penalty, mais on a eu des occasions, elles aussi en ont eu, c’était un match très disputé physiquement, mais je suis super contente qu’on puisse désormais jouer les quarts de finale.

Le discours à la mi-temps : le Canada a très bien joué lors des 45 premières minutes, peut-être qu’on était un peu nerveuses… En tout cas à la pause on s’est dit qu’il fallait qu’on croit plus en notre jeu, et que lorsqu’on recevait le ballon on devait très vite l’envoyer vers l’espace, et jouer sur nos joueuses rapides, car on va vite devant. C’est ce qu’on a bien réussi à faire, et ça nous a permis d’empocher cette victoire.

Les changements face aux USA qui ont permis de se reposer qui expliquent ce résultat ?
Je ne sais pas si c’était tactique, si c’était la fatigue. Mais les joueuses qui ont joué contre les Etats-Unis ont aussi été très performantes ce soir (lundi). Face aux Américaines, on a pas eu beaucoup de chance, concernant les buts qu’elles ont marqué. Je ne sais pas si c’était lié.

L’Allemagne : Pourquoi on pourrait les battre ? Parce qu’ils nous ont battu tant de fois que maintenant c’est notre tour (sourire). On a une équipe avec beaucoup de talent, des joueuses rapides, des joueuses techniques, une défense très forte et une gardienne incroyable, donc j’espère qu’on réalisera un grand match et qu’on arrivera à battre l’Allemagne. On a perdu en finale des derniers jeux olympiques, donc j’espère que maintenant ça va être notre tour. Si on joue comme aujourd’hui on a de bonnes chances de l’emporter. Avoir deux jours de repos en moins ? Non ce n’est pas un désavantage, on sait comment prendre soin de nos corps, on va boire beaucoup, bien manger, se reposer, et on sera prêtes.

Stina Blackstenius, qui marque le but de la victoire :
Oui je suis très contente pour elle, c’est une joueuse tellement talentueuse. Cela faisait longtemps qu’elle n’avait pas réussi à marquer, c’est désormais chose faite, et c’est un but très important qui plus est.

Le public : C’était fantastique ! Je voudrais tellement pouvoir jouer devant autant de monde à chaque match ! Ce tournoi est très spécial, puisque le foot féminin a l’occasion de montrer qu’il peut livrer de très bons matches, les gens aiment ça, et c’est génial d’aller sur le terrain devant autant de personnes.

Hedvig Lindahl : Elle est fantastique, elle a déjà fait des parades comme celle-ci lors des jeux olympiques, c’est une gardienne explosive, très forte, elle a de l’expérience, et aujourd’hui elle vient de montrer que c’est l’une des meilleures gardiennes du monde. En dehors du terrain, c’est une leader. Elle a disputé tellement de tournois, elle parle avec tout le monde, que ce soit les jeunes ou non. Avec Caroline Seger, Nilla Fischer et d’autres joueuses importantes, c’est un guide pour l’équipe.

Mardi 25 Juin 2019
Vincent Roussel/Daniel Marques

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