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Coupe du Monde - Trop arrogantes, ces Américaines ?

La défenseure américaine Ali Krieger a fait beaucoup réagir avant d’affronter la France, en expliquant que les Etats-Unis possédaient sûrement… les deux meilleures équipes du monde. Une preuve de suffisance, ou un constat de la toute-puissance américaine ?



(photo FIFA.com)
(photo FIFA.com)
Ils ont la statue de la liberté, le Grand C anyon, le Mont Rushmore et beaucoup d’autres joyaux… Mais les Américains sont aussi connus (ou plutôt pointés du doigt), pour leur arrogance, supposée ou réelle, c’est un long débat qui fait couler beaucoup d’encre numérique sur d’innombrables blogs. Lors de ce Mondial féminin, les coéquipières d’Alex Morgan ont à leur tour été éclaboussés par ce cliché, qui voudraient qu’elles se sentent supérieures au reste du monde.

Des célébrations qui font jaser

Ce fut le cas dès leur entrée en lice, lorsqu’elles ont passé un historique 13-0 à la Thaïlande. Alors que le score n’en finissait plus d’enfler, la joie des américaines ne tarissait pas, et chacun de leur but, qui humiliait un peu plus la 34e nation au classement FIFA, était fêter dans une euphorie jugée disproportionnée. Dès lors, une vague de critiques est venue entacher ce festival, reprochant l’attitude goguenarde de la bande à Jill Ellis. « Ça reste juste un score pour vous, mais ce sont aussi des années de travail et la fierté qu’on a dans ces moments », avait dit la sélectionneuse américaine pour répondre aux critiques.

Mais d’aucun pourrait aller dans son sens pour rappeler que c’est cet état d’esprit, cette volonté de tout écraser, ce sentiment que leur destin est d’aller au bout, qui font de ces Américaines de si redoutables adversaires. Mais aussi la nation avec le plus de coupes du monde dans le foot féminin (3). Là où on reproche aux Françaises de craquer dans les moments clés, les Américaines déçoivent rarement, où alors se ratent d’un chouia. « Tout le monde sait qu’il faut être au top physiquement pour performer, mais aujourd’hui je suis convaincue qu’il est encore plus important de pouvoir aborder les matches dans le bon état d’esprit », disait d’ailleurs Rose Lavelle après la qualification en quart de finale mardi.

« Elles ne sont pas arrogantes, elles sont adorables »

(photo FIFA.com)
(photo FIFA.com)
Alors comment prendre la déclaration d’avant-match de la défenseure Ali Krieger, qui a expliqué à quelques jours d’affronter les Bleues que les USA avaient « la meilleure et la deuxième meilleure équipe du monde » ? La marque d’une trop grande confiance en soi, ou du « trash-talking », comme on le dit surtout dans le basket, qui consiste à chambrer l’adversaire ? « Elles sont tenantes en titre, elles ont leur palmarès. Nous on a jamais rien, gagné, on est conscientes de nos qualités il va falloir le montrer demain, on peut battre cette équipe, on l’a déjà prouvé », lui a répondu Amandine Henry en conférence de presse ce jeudi.

Mais elle n’a pas contredit Krieger non plus. Et en même temps… Face à l’Espagne en 8e, les Américaines comptaient sur leur banc Brian, Pugh, Horan, Lloyd, McDonald ou encre Press. Beaucoup de joueuses que les plus grands clubs européens aimeraient attirer (Brian a fait un passage à Lyon, Horan est restée 4 ans à Paris). « C'est sa façon de dire à son équipe : "voilà à quel point on est fortes". Ces femmes ne sont pas arrogantes, elles sont adorables », confiait à L’Equipe il y a quelques jours Julie Foudy, double championne du monde avec les USA (1991-1999). Lorsqu’on lui a posé la question, Corinne Diacre elle a affirmé qu’elle pensait avoir à affronter la meilleure équipe du monde, vendredi au Parc. Mais elle ne se privera pas pour prouver à Krieger que, comme le dit l’expression : « Impossible n’est pas Français ».

Vendredi 28 Juin 2019
Vincent Roussel

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