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#WEURO2017 - Les déceptions de l'Euro

Avec un dernier carré inédit et l'élimination des anciens tenants du titre, l'Euro 2017 marque un tournant dans l'histoire de la compétition. Les éliminations de l'Allemagne, la Suède ou encore la Norvège laissent la place ouverte à un nouveau champion.



Houara d'Hommeaux réconfortée par Laëtitia Philippe (photo UEFA.com)
Houara d'Hommeaux réconfortée par Laëtitia Philippe (photo UEFA.com)
L'hégémonie allemande et l'omniprésence des pays scandinaves, deux caractéristiques qui ont marqué l'histoire du championnat d'Europe durant plus de 30 ans. Cette édition 2017, la première à seize, déroge à ce que l'on croyait être une règle. Or la pratique féminine s'est démocratisée et structurée à travers toute l'Europe permettant à de nouvelles équipes de venir bousculer la hiérarchie établie.

L'Allemagne n'est plus invincible
Six titres consécutifs, huit au total, récemment titrée aux Jeux Olympiques pour la première fois de son histoire, l'équipe allemande devait suivre la lignée de ces prédécesseures. Sans être brillante, l'Allemagne était la plus complète et impressionnait ses adversaires par sa culture de la gagne et son potentiel de licenciées. Les Allemandes dirigées par Steffi Jones depuis la rentrée n'ont peut-être pas pris la mesure de cette nouvelle adversité. Accrochée par la Suède, bousculée par l'Italie, l'Allemagne a peut-être cru trop vite battre le Danemark. Or les Danoises sont un véritable poil à gratter, difficiles à surprendre défensivement et audacieuses offensivement, une équipe qui ne s'annonce jamais battue. L'Allemagne s'y est frotté et y est resté, mettant fin à 22 ans de domination continentale.

La Norvège a besoin de se renouveler
Finaliste en 2013, la Norvège qui possède pourtant en Ada Hegerberg un atout offensif de poids, n'a pas marqué un seul but. Nation dont le championnat n'est pas aussi relevé que ses principaux rivaux, la Norvège a besoin de se reconstruire. 2013 et 2015 étaient des trompe-l'oeil, et n'ont pas permis une remise en cause. Après la finale de 2013, la Norvège est tombée en huitième de la Coupe du Monde 2015, sortie d'un groupe facile où figurait la Thaïlande et la Côte d'Ivoire. Cette fois-ci, en 2017, la Norvège a carrément perdu ses trois matchs face aux Pays-Bas, au Danemark et à la Belgique. Un signe révélateur d'un problème pour organiser le jeu d'une équipe alors que Martin Sjögren, le sélectionneur ne faisait pas l'unanimité et dont les choix ont été contestés.

La formule suédoise avec ses limites
Aux Jeux Olympiques, la Suède avait réussi un parcours historique mais n'avait pas impressionné par son jeu. C'est avant tout sa solidité défensive qui avait permis de faire tomber les Etats-Unis et de décrocher finalement la médaille d'argent. Lors de cet Euro, la défense en dehors des deux premiers matchs, a montré ses limites et la gardienne Lindahl n'a pas toujours pu jouer les pompiers de service. La Suède est donc tombée logiquement face au pays hôte et la fin d'une ère est entamée avec l'arrêt de Pia Sundhage mais peut-être de certaines internationales à l'image de Lotta Schelin.

La France stoppe encore en quart
Frustation, déception, la France échoue pour la troisième fois en quart de finale de l'Euro. L'adversaire s'annonçait costaud et il le fut. Le cinquième mondial qui continue sa phase ascendante a affiché les valeurs que l'on attend de trouver chez les Bleues à savoir l'efficacité, la solidité et un esprit conquérant. Alors que les clubs français ont brillé sur le plan européen, la sélection n'a pas connu le même parcours. Le premier tour avait montré toutes les difficultés dans le domaine offensif, ne se sauvant que sur les coups de pied arrêtés. En quart, cette issue ne fut pas trouver et la France, à deux ans, d'organiser la Coupe du Monde, devra trouver une nouvelle recette pour parvenir à ses fins.

L'Espagne patientera aussi
Tout comme la France, l'Espagne était attendue dans ce tournoi. Les Espagnoles ont connu des difficultés similaires aux Bleues dans le domaine offensif, malgré leur capacité à conserver le ballon au delà de la France. La qualité technique espagnole reste réelle, mais les rencontres face à des adversaires au jeu plus physique et défensif n'ont pas permis de trouver la faille pour faire mieux qu'un quart de finale.

>> ALLEMAGNE
8 titres
0 finale perdue
1 élimination en demi-finale

>> NORVEGE
2 titres
4 finales perdues
3 éliminations en demi-finale

>> SUEDE
1 titre
3 finales perdues
4 éliminations en demi-finale

>> FRANCE
0 titre
0 finale perdue
0 élimination en demi-finale

>> ESPAGNE
0 titre
0 finale perdue
1 élimination en demi-finale

Mardi 1 Août 2017
Sebastien Duret

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